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Festival La Ferme: A/T/O/S(be) - BRNS(be) - AK/DK(uk) - NORDIC GIANTS (uk) à la Ferme du Biéreau- Louvain-la-Neuve, le 28 février 2015

Publié le 28 février 2015 par Concerts-Review
Festival La Ferme: A/T/O/S(be) - BRNS(be) - AK/DK(uk) - NORDIC GIANTS (uk) à la Ferme du Biéreau- Louvain-la-Neuve, le 28 février 2015

Charles Eloy.

Festival La Ferme à la Ferme du Biéreau-

Nous terminons la soirée avec une finale anglo-belge. Après les rockeurs matheux, A/T/O/S, un duo belge aux sonorités s’apparentant à l’école de Bristol, berceau du trip-hop. Des influences de Portishead, Massive Attack, Morcheeba au stade de préparation d’une maquette en home studio après la phase yaourt. Yaourt est le terme utilisé par les musiciens recherchant des paroles collant à la mélodie.

A/T/O/S était présent au festival « We are open2015 » à Anvers, ayant un impact plus régional et que j’estime plus approprié au stade actuel de leur développement artististique, le festival LAFERME ayant une orientation internationale.

A/T/O/S offre une musique intimiste qui - dans les conditions actuelles de préparation – montre ses limites. Le groupe a une chanteuse toute mignonne manquant d’interactivité avec le public.

Le résultat : une partie du public est acquise avec des applaudissements timides. L’autre, répartie en petits groupes, n’attache aucune importance au déroulement du concert et la palabre s’installe. Le chahut augmentant, je m’installe à la porte de sortie.Un groupe sort et l’un des membres me dit « Nous descendons au bar, il n’y a plus moyen de discuter ici » Je note, je suis chroniqueur, pas portier.Je ne désire nullement mettre les talents non dévoilés du duo A/T/O/S, mais il faut laisser le temps aux groupes de mûrir avec un accompagnement adéquat.

Le chemin est encore long pour A/T/O/S. Ecoutez les paroles de la chanson de AD/DC « It’s a long way to the top, if you want to rock’n’roll » ou de l’acteur Jean-Claude Van Damme «Be aware ».

L’honneur de la mère-patrie est sauvé par le quatuor belge BRNS, un pur produit de notre terroir, qui a réussi à faire reconnaître leur musique internationalement.

Le secret de leur succès, une complète indépendance dans leur création, hors format pré établi; interpellant le public« Void ». Tim Philippe, le chanteur est à la batterie. L’atmosphère s’installe de suite avec le synthé et le guitariste frottant les cordes de la guitare avec une fine barre en métal. Le morceau est lent, un mélange de post rock et pop. Parfois l’ambiance tourne au dark avec le titre « Here dead he lies ».« My head is into you » : l’intro est jouée par un trio de mélodicas, suivie par des nappes d’orgue. Les musiciens sont multi-instrumentistes passant de la guitare vers les claviers et vice versa. Quatre musiciens suffisent pour produire le son d’un petit orchestre.

'Mexico ': un morceau qui fait danser la foule. Il y a quelques décennies, ma grand-mère me berçait sur la chanson « Mexico, Mexico » de Luis Mariano. Les temps changent, voici BRNS qui introduit le xylophone, les sons de claves hypnotiques, les percussions tribales dans leurs compositions. Le refrain fédérateur fait le reste.

BRNS mérite bien le titre de groupe indie alternatif par les structures inattendues dans ses compositions accessibles à un large public. La preuv , BRNS est invité à des événements mainstream et indie alternatif.

Le duo AK/DK : abréviation de AK (Analogue Keyboards) et DK (Digital Keyboards)

Ed Civers et G. Sowerby, nos deux Britanniques de Brighton sont des multi-instrumentistes (deux batteurs-vocalistes entourés de claviers, synthés « vintage » analogiques ou digitaux, pédales, boutons contrôleurs fonctions midi). De quoi occuper les pieds et les mains et la bouche pour des effets vocaux.Une musique riche, avec des passages d’une brutalité chaotique, et d’autres plus paisibles d’une grande beauté.

« Improv » débute avec une intro influencée par Kraftwerk, tandis que les synthés dans « Maxwell’s waves » sonnent comme les lignes de basses de Giorgio Moroder, des musiciens/producteurs avant-gardistes de la musique électronique des seventies. Les jeux de batterie sont inspirés en partie de Jaki Liebezeit, ex-batteur du groupe électronique Can. AK/DK est découvert par Damo Suzuki en tournée avec son groupe en Angleterre. Damo Suzuki, d’origine japonaise a été le chanteur japonais de groupe allemand Can qui connut un vif succès de 1970 à 1973.Battersea : La musique est hyper dansante. Un des musiciens se mêle au public et le concert devient une kermesse électro. De la musique sérieuse avec des musiciens souriants et sympas.

Leur premier album, sorti en mai 2014, s’intitule «Synths + Drums + Noise + Space”. Cela nous explique tout.

Partie de Setlist : Maxwell’s waves, Lorem Ipsum, Improv, , Battersea

Je m’attends à une clôture grandiose du festival LA FERME, orchestrée par le duo britannique NORDIC GIANTS (post rock expérimental atmosphérique), originaire de Brighton, la même ville que le duo AK/DK. J’ai été ravi et déçu en même temps.

La musique : un jeu des claviers efficace et répétitif montant progressivement vers des climax comme dans le morceau « Together » accompagné dans certaines parties par une voix récitée. Les mélodies de structures légères nous interpellent durant le déroulement des films. Le claviériste joue de la trompette, tandis que le batteur brosse les cordes d’ une guitare électrique avec un archet de violon. Merci, Jimmy Page (Lep Zeppelin) et prédécesseurs pour l’idée. Quelques éléments d’électro s’ajoutent au tout.« The last breath » est un court métrage d’ une famille qui revient d’une plongée. Sur terre, il n’y a plus d’oxygène, il ne reste que celui contenu dans les bonbonnes de plongée pour leurs derniers instants de vie.

Je n’accroche pas au côté visuel : un grand écran derrière la scène sur lequel défilent des fragments de film. Devant la scène, une télévision rectangulaire et au milieu, les claviers et sur la gauche une batterie. Peu de lumière dans la salle et des couleurs sombres. Sur la scène, je vois deux formes s’activant derrière les instruments entre les écrans de fumée bleue foncée. Nordic Giants, à les observer dans l’obscurité est un croisement entre Kiss (groupe hard rock, glam rock américain des seventies, connu pour leurs déguisements burlesques), les trolls de la mythologue nordique et les schtroumpfs grimés de plumes d’oiseaux. Rien de neuf. La recherche d’une originalité devient d' une banalité déconcertante. Chassol, un musicien électro-pop français aux claviers accompagné d’un batteur, à la même démarche que Nordic Giants, mais il est bien présent sur scène avec un éclairage tamisé. Le public âgé entre 25-40 ans applaudit leur performance, les jeunes jeunes quittent la salle. Nordic Giants nous présente un concept où la partie visuelle est prépondérante. Une question à laquelle je ne puis y répondre. Sans ce décor visuel émotionnel autour de Nordic Giants, quelle est finalement son apport musical ?

Le festival LA FERME indie et alternatif. Quelle belle programmation de groupes atypiques. La majorité des spectateurs/spectatrices était dans la tranche d’âge 25-40 avec un acquis d’écoute musicale. Il y a une très grande probabilité que la programmation est effectuée d’une manière indépendante, garantie d’une qualité, sans trop de pressions de labels, tourneurs, managers étant sponsors ou organisateurs. Une réelle découverte de nouveaux groupes que nos reporters ont rarement l’occasion de rencontrer à d’autres festivals programmant les groupes plus porteurs avec moins de risques . Un constat, pas une critique de festivals confrontés à des réalités économiques.

Festival La Ferme: A/T/O/S(be) - BRNS(be) - AK/DK(uk) - NORDIC GIANTS (uk) à la Ferme du Biéreau- Louvain-la-Neuve, le 28 février 2015

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