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Critiques Séries : American Crime. Saison 1. Pilot.

Publié le 07 mars 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

American Crime // Saison 1. Episode 1. Pilot.

« Hate crimes can happen to white people »
Créée par John Ridley (12 Years a Slave), American Crime est l’une des séries que j’attendais avec le plus d’impatience cette saison. Le résultat n’est peut-être pas celui que j’avais escompté non plus mais globalement, ce premier épisode est suffisamment solide pour donner envie de revenir. La force principale de cette série c’est de nous plonger au coeur d’une sale histoire de meurtre, un crime odieux que beaucoup vont considéré comme être un crime de haine, un crime raciste. Après tout, un crime raciste cela peut arriver avec n’importe qui : un blanc, un noir, un hispanique, etc. Peu importe l’origine de la personne, un crime raciste peut arriver à n’importe qui. Mais ce qu’il y a d’intéressant dans American Crime c’est justement le traitement du crime raciste et la façon dont cela peut être perçu par les autres. Le message qu’il y a derrière cette série est pour le moment très troublant dans le sens où la morale semble être très peu présente. On sent que cette série cherche à traiter d’un problème sérieux de façon très sérieux, très rugueuse sans nous amuser ici et là avec quelques personnages. Non, le but d’American Crime est de nous confiner, jamais de nous sortir de cette boule d’émotion et de rage qui grandie tout au long de l’épisode.

La petite ville de Modesto en Californie est bouleversée par un crime odieux, soupçonné d'être raciste, qui divise les différentes communautés qui la compose.Tandis que les enquêteurs cherchent la vérité sur ce qui s'est véritablement passé, troublé par les médias qui s'en mêlent, les familles des victimes tentent de faire leur deuil en espérant que justice soit faite. Quant aux familles des accusés, elles veulent comprendre...

American Crime tente de se pencher sur plusieurs choses. Dans un premier temps les relations entre les races. J’ai trouvé ça réellement efficace et bien fichu car bien que tout le monde vive dans la même ville, il y a un véritable esprit communautaire qui est encore plus visible au fil des minutes qui passent dans l’épisode. Ensuite nous avons aussi d’autres sujets qui sont abordés, comme la guerre des gangs (ou plutôt des dealeurs) et les enjeux pour une famille quand chacun des deux perd un enfant. La partie familiale est donnée à Timothy Hutton (Leverage) et Felicity Huffman (Desperate Housewives). Ces deux là ont une alchimie intéressante que American Crime parvient à mettre en scène dès le début de l’épisode. Je ne m’attendais pas du tout à être touché de la sorte mais ils sont à fleur de peau et les personnages gagnent donc en profondeur. On a tout de suite envie d’avoir de la compassion. Le seul truc avec American Crime c’est qu’il ne faut surtout pas être dépressif pour regarder cette série. Elle impose un regard très âpre sur la société d’aujourd’hui et son hypocrisie vis-à-vis des relations entre les races et la façon dont cela peut influencer telle ou telle chose.

Pour ce premier épisode, nous sommes plongés au coeur d’une histoire de crime (comme l’indique le titre de la série). Il s’agit d’un seul crime, le meurtre d’un jeune vétéran blanc et américain, ainsi que l’agression de sa femme, ancienne reine de beauté. Là dedans on peut légitimement se demande si au fond John Ridley n’a pas été un peu influencé à la fois par son travail sur 12 Years a Slave mais quelques thrillers et polars sortis ces dernières années au cinéma de Prisoners à Cold in July. La mise en scène est alors très sobre, très proche, parfois même clinique. Le but est avant tout de ressentir les choses comme si un morceau de marbre venait s’éclater sur notre visage. Nous suivons également l’histoire des suspects dans cette affaire. Cela me rappelle un peu Night Call dans lequel la productrice d’une émission de news disait que ce qu’il y avait de plus intéressant pour elle c’est quand une famille blanche dans un quartier huppé est attaquée par quelqu’un d’une race différente. American Crime retranscrit plutôt bien cette histoire, sans compter que cette série arrive aussi au milieu de l’affaire Ferguson. Il y a donc tout un tas de choses qui font de cette série une série très actuelle.

Car elle parle donc de choses sérieuses traitées sous un angle lui aussi sérieux. La façon dont l’histoire prend forme par la suite est étrange par moment mais le fait est qu’une fois dedans, on a envie de voir le but du tunnel. On a donc Tony, le fils de Alonzo (incarné par Benito Martinez) qui a été éduqué normalement, qui vient d’une famille qui est arrivé sur le sol américain légalement et qui ne voit aucune objection à coopérer avec la police. Sauf que tout de suite, on se rend compte que dans une communauté, dès que quelqu’un a un problème de ce genre là, personne ne va venir l’aider. Ce premier épisode est loin d’être parfait mais il parvient à introduire son sujet de façon très efficace sans prendre trop de chemins sinueux. Ils vont droit au but, prenant le soin de présenter quelques protagonistes secondaires par la même occasion.

Note : 7/10. En bref, sobre et intelligent, sérieux et âpre.


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