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Dieu est anticapitaliste

Publié le 30 avril 2015 par Le Journal De Personne
Dieu dit : tu n'es pas là pour te servir mais pour servir les autres
Diable dit : sers-toi, car on n'est jamais mieux servi que par soi-même
Dieu dit : au lieu de bien se servir, il faut servir le bien et c'est le plus dur et le plus pur des services
Diable dit : il n'y a aucun mal à se faire du bien. Se servir nous rend plus aptes à servir... les autres.

Un dialogue qui rend malentendant, dialogue à la source de tous les malentendus.
À première vue et sans indisposer personne, le diable est capitaliste, Dieu ne capitule pas, ne capitalise pas non plus, il est, disons : anticapitaliste.
Pour lui le capital n'est pas vital. Car il n'y a pas de vie sans idéal, ni d'idéal sans sacrifice, sans celui pour lequel on se sacrifie, on sacrifie sa propre vie. Et il n'y a que l'Autre pour mériter un tel sacrifice.
Et parce que l'autre est sacré... on va lui consacrer sa vie, c'est ainsi que la chose doit être entendue.
Ce n'est pas l'avis du diable qui fait la plus belle part aux choses. Pour lui, charité bien ordonnée passe par soi-même...
Avant d'aimer son prochain, il faut s'aimer soi-même... aimer son prochain comme soi-même.
Mon bien passe avant le tien. Tu n'y peux, je n'y peux rien, c'est ça le bien.
L'autre passe, il est passable, alors que Moi, notre cher moi, est indépassable.
J'ai beau feuilleter l'ancien comme le nouveau, aucun testament ne m'épargne ce genre d'errements.

Et si je récapitule en tremblant c'est parce que l'actualité nous atteste chaque jour que c'est le diable qui a été le plus convaincant... nous avons tout abandonné à la Loi du marché... à l'offre du plus offrant et à la demande du moins souffrant. On capitalise sur nos joies, on capitalise sur nos peines.
À cause de cette ambivalence, le mal a triomphé. Tout autre témoignage est un conte de fées.
Le bien c'est avoir quelque chose à vendre. Le mal, rien pour l'acheter. Et le tour est joué. Tout s'achète et se rachète désormais.
Même le diable et le bon Dieu font partie des valeurs marchandes.
On les négocie aujourd'hui au prix le plus fort parce qu'il n'y a plus de valeur, plus de vérité....
Mais un monde à réenchanter !


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