Magazine Culture

Agnès Martin-Lugand : La vie est facile, ne t'inquiète pas

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

La vie est facile, ne t'inquiète pas d’Agnès Martin-Lugand   3,75/5 (20-05-2015)

La vie est facile, ne t'inquiète pas (317 pages) est paru le 23 avril 2015 aux Editions Michel Lafon.

 

81lBrDLEBeL._SL1500_ (108x173).jpg

L’histoire (éditeur) :

" Alors que j'étais inconsolable, il m'avait mise sur le chemin du deuil de mon mari. J'avais fini par me sentir libérée de lui aussi. J'étais prête à m'ouvrir aux autres. "

Depuis son retour d'Irlande, Diane a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux Gens..., son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné et surtout il comprend son refus d'être mère à nouveau. Car Diane sait qu'elle ne se remettra jamais de la perte de sa fille. Pourtant, un événement inattendu va venir tout bouleverser : les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé, vont s'effondrer les unes après les autres. Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?

Mon avis :

L’écriture d’Agnès Martin-Lugand   est toujours un plaisir. Elle est tellement fluide que la lecture de ses romans va toujours (un peu trop) vite. La vie est facile, ne t'inquiète pas ne déroge pas à la règle puisqu’une bonne après-midi de soleil aura eu raison de lui.

Depuis son retour d’Irlande il y a un an,  Diane vit avec le souvenir d’Edward qui revient de temps en temps réveiller la douleur (et le bonheur des moments passés avec ceux qu’elle considère comme sa nouvelle famille). Mais elle tient bon, essaye d’avancer et d’oublier cette parenthèse, somme toute indispensable pour se libérer de la souffrance liée à la perte de son mari et de sa fille décédés il y a trois ans dans un accident de voiture. Elle a fait le nécessaire pour redresser la barre de son café littéraire « Les gens heureux… », avant que son père ne décide d’en prendre les rênes (et n’embauche au nouveau gérant) et le lieu, tout autant que la présence de Félix (collègue, ami, famille), est devenu son équilibre (financier, mental et social). Sa rencontre avec Olivier laisse présager un bel avenir pour elle mais la présence d’Edward à Paris pour une exposition vient bouleverser pour de bon sa vie.

Ce livre fait suite à Les gens heureux lisent et boivent du café et les lecteurs déjà attachés à Diane devraient adorer la retrouver ici aller mieux et goûter au bonheur (même si les drames de la vie ne sont jamais loin). Les autres qui n’ont pas encore lu son premier roman ne se sentiront pas pour autant étranger aux émotions délivrées par l’auteure. Elle a su, par petites touches, rappeler les éléments majeurs du précédent pour ne pas perdre les nouveaux lecteurs et la narration claire et organisée permet une immersion aussi agréable que commode. Evidemment, n’ayant pas lu Les gens heureux je pense sans doute avoir été moins touchée que ne le seront les autres (déjà ébranlés par la vie de Diane). Néanmoins, le plaisir était quand même bien là et les sentiments palpables m’ont donnés pas mal de battement de cœur.

Il ne m’a pas fallu beaucoup de pages pour m’attacher à cette femme fragile, sensible et courageuse. Découvrir le drame d’il y a trois ans, ce qu’elle a vécu après et ce qui a fait d’elle ce qu’elle est maintenant m’a donné tout de suite envie de la voir heureuse. Cette belle rencontre avec Olivier a contribué à me donner de beaux espoirs tant cet homme se révèle spontané, simple, d’une gentillesse, d’une patience et d’une délicatesse incroyables. Mais la vie réserve parfois des surprises plus ou moins bonnes et il faut savoir faire avec et surtout prendre les décisions quand le moment se présente.

Cette histoire n’est pas celle que je voulais lire (même si au fond je m’y attendais) et pourtant c’était celle qui devait arriver. Il était temps que Diane aille de l’avant, en laissant une fois pour toute le passé derrière elle. Colin et Clara ne pourront évidemment jamais être oubliés ni quitter son cœur, mais il fallait quelle saisisse la chance de reconstruire sa vie. Alors maintenant que j’ai tourné la dernière page, je pense quand même que cette histoire (ou plutôt cette fin) est la meilleure qui soit pour elle. Et puis, l’épilogue m’a convaincue (voilà ce que j’espérais tout simplement pour Diane !).

Vous voyez, même sans avoir lu Les gens heureux la magie a opéré, forcée de reconnaître que j’ai été prise dans l’histoire, que l’empathie a été omniprésente et qu’elle a soulevé pas mal de sentiments (énervement, chagrin, joie…).

En bref : Avec sensibilité et douceur Agnès Martin-Lugand reprend le cours de l’histoire de Diane, protagoniste de son célèbre roman Les gens heureux lisent et boivent du café. Elle nous fait vivre ses peines et ses joies sans banalité, avec force et émotions. Et, si La vie est facile, ne t'inquiète pas prend une tournure inattendue et pas forcément évidente, l’auteure arrive avec talent à donner à l’intrigue une logique et une beauté qui m’ont convaincue.

Et Félix dans tout ça ? La fin est un peu facile pour lui c’est certain, mais pas si mal après tout. Lui aussi devait trouver chaussure à son pied !


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Stephanie Tranchant 5196 partages Voir son profil
Voir son blog

Dossier Paperblog

Magazines