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[Critique] ADALINE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] ADALINE

Titre original : The Age of Adaline

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Lee Toland Krieger
Distribution : Blake Lively, Michiel Huisman, Harrison Ford, Amanda Crew, Richard Harmon, Ellen Burstyn, Kathy Baker…
Genre : Drame/Fantastique/Romance
Date de sortie : 22 mai 2015 (e-cinéma)

Le Pitch :
Née au début du 20ème siècle, Adaline a cessé de vieillir à la suite d’un accident de voiture. Traversant les époques en ayant toujours l’air d’avoir 29 ans, la jeune femme mène une existence solitaire afin d’éviter que son secret ne soit révélé au grand jour. Lorsqu’elle rencontre Ellis,un charmant philanthrope, Adaline tombe sous le charme, malgré les réticences que sa condition encourage…

La Critique :
Il existe deux raisons évidentes de se laisser tenter par la deuxième sortie du dispositif e-cinéma de TF1 Vidéo, à savoir Harrison Ford et Blake Lively. Le premier, plutôt rare, si on excepte ses rapides apparitions dans Expendables 3 et Légendes Vivantes, tient ici un rôle plus conséquent et laisse s’exprimer une émotion à fleur de peau, qui sied à merveille à son personnage, dont la fonction est primordiale. Parfait, au second plan, mais néanmoins indispensable, Harrison Ford trouve une bonne occasion de briller, au rythme d’une partition qui lui permet d’explorer des émotions propres à certains de ces anciens rôles, comme par exemple celui du touchant et peut-être trop méconnu À Propos d’Henry, de Mike Nichols.
Blake Lively quant à elle, revient aux affaires trois ans après sa performance remarquée dans le Savages, d’Oliver Stone. Toujours plus rayonnante, la californienne inscrit son excellente prestation dans la lignée de celle qu’elle livrait dans Les Vie Privées de Pippa Lee. La différence, c’est que dans Adaline, c’est elle la tête d’affiche. Celle qui donne son nom au film et dont le charme irradie par tous les pores d’une œuvre à laquelle elle confère un charme indéniable. Quelques minutes suffisent pour s’apercevoir que Blake Lively trouve le meilleur rôle de carrière sous la direction du discret Lee Toland Krieger, un cinéaste jusqu’alors surtout connu pour ses pubs et pour ses vidéo-clips. Superbe, émouvante, elle embrasse avec une conviction et un naturel assez extraordinaires un personnage semble-t-il taillé sur mesure, et profite de cette occasion en or pour prouver sa valeur, au fil d’une histoire passionnante et rondement menée.
Deux bonnes raisons de se laisser tenter par Adaline, auxquelles se rajoute donc une troisième, à savoir l’excellent tenue de cette œuvre qui aurait quand même mérité de se retrouver projetée dans les cinémas.

Adaline-Blake-Lively

Adaline est à la fois original et classique. Original de par la seule force évocatrice de son pitch, axé sur l’existence d’une femme « condamnée » à ne jamais vieillir, et classique, de par son traitement marqué par une photographie magnifiquement vintage, rappelant quelques-unes des plus illustres productions des années 70, sans non plus éluder l’importance de replacer les enjeux dans un contexte plus moderne. Le réalisateur n’a ainsi pas fait les choses à moitié et tant pis si un poil plus d’audace aurait permis de faire de cette étonnante histoire un véritable classique. En l’état, Adaline fait suffisamment d’étincelles pour convaincre. Rapidement et sur la longueur, utilisant le temps qui lui est imparti pour rendre limpide un scénario généreux en allers-retours temporels et porté par moments par une voix off permettant d’éclaircir un peu plus les enjeux et de conférer une certaine poésie à l’ensemble. Conte hors du temps basé sur un postulat de départ fantastique, mais traité de façon à rendre les choses très simples et du coup encore plus immersives, le long-métrage opte ainsi pour une approche assez douce et intimiste. Si le « mal » dont Adaline est la victime, qui est en soi une sorte d’immortalité, peut de prime abord faire rêver (qui n’a jamais songé à ne jamais vieillir ?), il rappelle aussi furieusement, de par la somme de problématiques qu’il impose sur la durée, des œuvres en apparence plutôt éloignées, comme Highlander, Wolverine, ou même Dracula. Quand les autres vieillissent, Adaline reste une jeune femme de 29 ans. Elle doit se justifier, puis se cacher, rembobiner et tout recommencer. Le film parvient très bien à illustrer ce que pourrait ressentir une personne touchée par cette pathologie imaginaire, et distille une belle mélancolie, très prégnante et parfois très triste.

Vraiment très convainquant, ce joli film aux puissants accents lyriques, impose sa valeur avec beaucoup de douceur. Remarquablement entourée, Blake Lively (Ellen Burstyn est aussi de la partie), porte une histoire surnaturelle empreinte de nostalgie, par laquelle il est agréable de se laisser porter. Arrivant, parfois de justesse, à tirer partie de situations qui dans d’autres mains, auraient pu tomber dans le ridicule, Adaline reste droit dans ses bottes, propose une belle palette d’émotions et sait tenir la route du début à la fin, quitte à se ranger un peu vite, mais toujours avec une sincérité désarmante.

@ Gilles Rolland

Adaline-Blake-Lively-Harrison-Ford
Crédits photos : TF1


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