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Tous enfants d’immigrés

Publié le 08 juin 2015 par Laroberouge @hocinisophia

Le soleil a timidement pointé le bout de son nez à Paris ces derniers jours. Assise à un café à l’heure du déjeuner, je vérifie pour passer le temps l’activité sur les réseaux sociaux et prend connaissance des dernières actualités. Je suis soudain interpellée par une succession de tweets, dans lesquels je ressens une forte émotion et envoyés par Danielle Simonnet, élue dans le 20ème arrondissement. Elle explique qu’elle est avec d’autres élus communistes et du Parti de Gauche mais également des militants et citoyens, à la Halle Pajol, venus initialement apporter des vivres à un groupe de réfugiés.

Quelques jours auparavant, plusieurs dizaines de ces réfugiés avaient été délogés de la Chapelle, sur le parvis de l’église Saint-Bernard, déjà célèbre pour avoir été occupée en 1996 par d’autres migrants, pour des causes soi disant humanitaires. Une solution de relogement devait être proposée rapidement, et le cas de chaque personne devait être étudié.

Pourtant, cet après-midi, à la Halle Pajol, c’est tout autre chose que j’ai vu. Plusieurs dizaines de CRS ont été envoyés alors que des volontaires étaient venus apporter nourriture, eau et couvertures à ces personnes dont certaines ont des visages encore adolescents. Tous sont pourtant éligible à l’asile. La plupart avaient déjà rendez-vous à la Préfecture et attendaient des conditions déplorables d’être reçus.

Je me suis donc rapidement rendue sur le parvis de la Halle afin de soutenir les militants qui avaient formé une chaîne humaine afin de protéger les migrants et essayer de compliquer et de ralentir l’opération. Les CRS étaient bien décidés à faire du zèle, très vite ils procédaient à l’arrestation violente et sans procès de tous les réfugiés sur place. Un par un, ils étaient dans le bus, tirés de force, gazés et matraqués. Elus, riverains et militants que nous étions ne sommes pas non plus sortis indemnes. Alors que nous scandions des chants et notre solidarité, les CRS nous ont chargés à plusieurs reprises.

C’est avec encore des yeux et la gorge encore irrités par les gaz lacrymogène que je vous rapporte de mon point de vue cette indigne opération. J’ai mal à ma République, j’ai mal à ma France de la fraternité. Je n’ai rien vu de tout cela cet après-midi. J’ai vu des bus dans lesquels ont entassait des réfugiés, comme on entassait les juifs, les communistes ou les handicapés pendants la Seconde Guerre Mondiale dans les wagons. Sous les bottes et les matraques des CRS tombaient les Droits Humains.

Cet après-midi, on a violé la fraternité, on a piétiné l’égalité et on a gazé la solidarité…

La Robe Rouge

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