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Interview: Duccio Chiarini, réalisateur de « l’Eveil d’Edoardo »

Par Cinedingue @cinedingue

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A l’occasion de la sortie de l’excellent « l’Eveil d’Edoardo« , j’ai eu le plaisir de poser quelques questions à ce jeune cinéaste italien sur son film et ses inspirations et ceci, en Français!

Comment en êtes-vous arrivé à ce premier long métrage?

J’ai toujours aimé raconter des histoires; j’ai donc fait de la radio. Après mon diplôme de droit, j’ai commencé à faire des petits courts-métrages; j’ai fait ensuite un documentaire et j’en suis arrivé à écrire l’histoire de ce film là.

Comment est née l’idée de ce film?

Le film s’inspire de souvenirs de ma jeunesse, de cet été-là pendant lequel j’étais complètement divisé entre l’envie de devenir adulte, de participer au grand jeu de la vie et de la sexualité, et la peur d’être trop fragile, sensible, de pas être assez expérimenté pour ça.

Tout ça était parfaitement représenté par le problème que j’ai rencontré à l’âge de 15 ans avec mon pénis (phimosis), problème que j’ai ressenti très violemment! Après j’ai lu une bande dessinée de Gipi, « ma vie mal dessinée », dans laquelle il raconte une histoire de fragilité masculine de façon très sensible et délicate. J’ai décidé de faire pareil en racontant mon histoire, entre le désir de participer et la peur de devenir adulte, entre la comédie et le drame, l’angoisse.

Comment s’est fait le choix des acteurs?

En fait j’ai écrit ce film en pensant que j’allais le tourner sans argent, donc j’envisageais déjà de tourner avec des acteurs non professionnels. Avec la réussite rencontrée au Biennale college Cinema, j’ai pu faire un casting avec des acteurs confirmés et des débutants. J’ai finalement choisi des débutants, des personnes géniales avec lesquelles j’ai voulu travailler.

Ils sont tous très bon!

Merci beaucoup! C’est ce qui m’a demandé le plus de travail et sur quoi j’ai mis toute mon attention.

Vous êtes vous inspiré d’autres films sur l’adolescence?

Je me suis surtout inspiré de mes souvenirs! Mais il y a beaucoup de films que j’ai gardés en mémoire pour tenter d’obtenir un résultat. Je parle de destination; c’est comme une barque que je dois conduire à bon port. Ce bon port c’est le cinéma de Claude Sautet , « un amour de jeunesse » ou encore Eric Rohmer. Tout ce cinéma là était la bonne destination où conduire la barque. Si tu ne tiens pas le capo avec cette histoire-là, il est facile de se retrouver dans « American Pie »!

En effet, on pense inévitablement à « American Pie » mais sans la vulgarité!C’était voulu?

Pas du tout! Je pensais plutôt au roman de Philip Roth, « Portnoy’s Complaint » mais pas du tout à « American Pie ».

Le ton du film fait en tout cas penser au film Mia Hansen-Love « un amour de jeunesse ».

Oui, ça c’est quelque chose que j’adore!

Parlons Cinéma en général, quels sont vos réalisateurs favoris?

C’est très difficile, il y en a beaucoup! J’adore les premiers Woody Allen. J’adore Claude Sautet, Eric Rohmer, Truffaut, Fellini, Rossellini…

Trois films importants pour vous?

« les 400 Coups » que j’avais vu à 13-14 ans un jour où je n’étais pas allé à l’école. J’ai commencé à sentir le besoin de raconter des histoires, la magie du Cinéma. C’est avec le Cinéma français que j’ai commencé à aimer le Cinéma. Il y a aussi « le Cercle des poètes disparus » de Peter Weir avec Robin Williams! Ca c’était important parce que j’étais adolescent et je me sentais différent, avec ce film, j’ai réalisé que je n’étais pas seul! Ce film m’a beaucoup rassuré. Dans la forme c’est très américain mais le contenu de ce film, l’importance de la poésie, de l’amour dans la vie, c’était pour moi une illumination. Après je dirais… le cinéma de Fellini, Woody Allen qui m’ont donné l’envie de faire du Cinéma.

Quel film avez-vous beaucoup aimé dernièrement?

J’a beaucoup aimé « Eden » de Mia Hansen-Love parce que c’est une histoire vraiment subtile. J’y suis allé en pensant voir un film sur la scène électro et en fait c’est un film sur la vie, avec des personnages trentenaires qui sont déjà « vieux ». Il y a des scènes sentimentales qui m’ont fait penser à des scènes chez Sautet avec des personnages de 50-60 ans. Ici ce sont des trentenaires mais dont la vie va tellement vite que ce sont déjà des vieux et ça m’a beaucoup touché. L’autre film que j’ai adoré cette année c’est « Inherent Vice » de Paul Thomas Anderson ; c’est tellement riche et fou; j’ai adoré! C’est pas du tout mon Cinéma mais c’est tellement rafraîchissant!

Quels sont vos projets?

Je travaille sur un scénario que j’espère réaliser l’année prochaine, une co-production avec la France. C’est sur la fin d’un Amour entre deux personnes, focalisée sur le garçon. Encore une histoire de fragilité masculine mais pas sur l’aspect sexuel, plutôt côté intime. C’est l’histoire d’un jeune homme qui ne sait pas quoi faire de sa vie, qui se pose plein de questions. Un road movie sur les canapés de ses amis!

Merci Duccio et bonne chance pour votre film!

SORTIE LE 17 JUIN


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