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Avec ma boulangère

Publié le 12 juin 2015 par Rolandlabregere

En demandant, fort poliment au demeurant, une ficelle à ma boulangère attitrée, j’ignorais que j’allais au-devant d’un échange croustillant. La ficelle, je la voulais parisienne pour un petit déjeuner entre amis. Quand on aime ses amis, on leur sert de quoi alimenter la conversation.

Voilà qu’en guise de ficelle, c’est un morceau de cordage mal tourné qu’elle me présente. La faute de goût, à l’image de ces restaurateurs qui appellent assiette anglaise un désordre de charcutaille présenté à la mode chiffon sur fond de plat en pyrex. « J’en veux pas, de son guignon tronqué », je me disais in petto. Quand je ne suis pas content, les humanités me reviennent. J’ambitionne alors une profonde réforme du collège. Dans le face à face, ça donne « Vous n’auriez pas plus fin, je voudrais une vraie ficelle à griller pour le beurre salé ». Non, il n’y a que « ça ». La file augmente derrière moi. « Je prendrai alors deux baguettes bien cuites ». Je croyais ainsi m’en sortir par le haut. Provisoirement, en tout cas.

Le lendemain, reprise de la conversation interrompue. « Les ficelles voyez-vous, comme vous demandez, on n’a pas la vente ». Dire la vérité, m’avait-on dit jadis était un gage de résolution des questions qui pourraient fâcher. « Je voulais faire plaisir à des amis parisiens ». Encore des clients qui ne perdent pas une miette de notre échange. « Bon, je comprends, dans ce cas-là, prenez des brioches, on en fait tous les jours… elles sont toujours fraîches, les brioches ». Elle s’appelle Marie-Antoinette, ma boulangère.


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