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Les ravages des années SIDA à travers une série et un roman incroyables!

Par Filou49 @blog_bazart
12 juin 2015

 En 2015, dans les sociétés occidentales tout du moins, le SIDA reste bien évidemment une maladie mortelle, mais si le diagnostic de l'infection à VIH est fait le plus précocement possible, les malades peuvent prétendre à atteindre une espérance de vie normale.

Bien entendu, ce constat n'était pas du tout le même il y a 20 ans pendant toute ma jeunesse, et d'ailleurs  la génération qui  comme la mienne a eu entre 15 et 30 ans dans les années 80 ne peuvent que comprendre l'impact que cette maladie a eu sur une société toute entière.

Coup sur coup, la vision d'une série suédoise et la lecture d'un roman américain m'ont replongé dans ces années sida, des années  outrageusement tragiques et inquiétantes, et forcément bouleversantes, tant cette maladie, qui a fait des ravages sur un grand ensemble de la population, a décimé des milliers de personnes.

Et pour  les générations après les miennes  qui n’ont pas vécu cette période, ces deux œuvres, particulièrement émouvantes, sont l'occasion idéale  comprendre le désastre humain, intime que l’arrivée du sida a pu provoquer dans des strates entières de la population : 

1. La bouleversante  minisérie suédoise SNO

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Snö, distribué en DVD très récemment en France par Outplay, a reçu les Prix du public au festivals Séries Mania et Marais film festival, mais reste malheureusement assez mal connu sur notre sol.

Suède, début des années 80. Rasmus arrive à Stockholm pour étudier, laissant derrière lui sa petite ville et ses parents. Jeune et séduisant, il découvre la vie gay de la capitale. Lorsque le soir du réveillon de Noël il rencontre Benjamin, c'est aussitôt le coup de foudre. Mais un mal rôde, et peu à peu les jeunes hommes commencent à tomber malades inexplicablement...
Énorme succès en Suède, où elle a battu tous les records d'audience, cette série tendre et poignante a su toucher le cœur du public partout où elle a été montrée, sauf peut etre chez nous, où sa renommée fut hélas peu nombreuse, malgré ses qualités indéniables.

Les ravages des années SIDA à travers une série et un roman incroyables!
Cette série est librement inspirée de Jonas Gardell, un auteur suédois gay qui a écrit le livre N'essuie jamais les larmes sans porter de gants. Adaptée au format mini-série de trois épisodes d'une heure chacun, cette fresque dépeint avec beaucoup de justesse l'arrivée du sida, cette «nouvelle peste», dans la capitale suédoise.

Cette série épique et bouleversante nous montre à la fois la découverte de l’homosexualité par les deux personnages principaux, leur cheminement vers cette acceptation.

Malgré quelques maladresses formelles, notamment  prégnantes dans le premier épisode, le destin de Rasmus, Benjamin, Paul et les autres bouleverse et surtout nous montre de façon édifiante et très efficace les ravages de cette peste noire sur toute une communauté. On passe du rire aux larmes avec des personnages particulièrement forts et attachants.

Du rire aux larmes en passant par des sensations plus complexes. - See more at: http://www.dailymars.net/series-mania-dont-ever-wipe-tears/#sthash.ugwMDkhV.dpuf

Une très belle série qui nous fait amèrement regretter que la télévision française ne se soit pas encore penchée sur cette époque à travers une saga de la même ampleur romanesque.

 2. Le très touchant roman américain "Dites aux loups que je suis chez moi "

 

dites aux loups

Ce coup ci, ce n'est pas une série mais un roman qui est également une chronique des années sida mais vues par les yeux d’une adolescente, toujours au milieu des années 1980, mais ce coup ci dans un pays que l’on connait plus que la Suède, les États-Unis. June est une adolescente taciturne, écrasée par une sœur aînée histrionique et des parents aussi absents qu’ennuyeux.

Depuis sa banlieue triste du New Jersey, elle rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Mais Finn est très affaibli et meurt bientôt de cette maladie qu’on n’évoque qu’à demi-mot, le sida. Inconsolable, la jeune fille se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme l’ami de Finn. Confrontée à l’incompréhension de son entourage, et à la réalité d’une maladie encore honteuse, June va brusquement basculer dans le monde des adultes et son hypocrisie.

Roman d’apprentissage bouleversant, Dites aux loups que je suis chez moi révèle une auteure totalement inconnue en France, et dotée d’une plume intense et pudique à la fois.

 On est totalement pris par la destinée de cette adolescente qui s'accroche à cet oncle artiste peintre merveilleux qu'elle adore et qui va mourir, seule bouée de sauvetage dans un monde d’adultes qui ne la comprend pas. ("Crocodile, c'était le surnom que Finn me donnait parce qu'il disait que j'étais comme un être d'une autre époque qui rôdait, observant tout et prenant le temps de se faire une opinion.")

Comme dans SNO, cet excellent roman  nous montre  parfaitement à quel point au début de l'épidémie, les effets du SIDA restaient tant méconnu et donnait souvent lieu à toutes les interprétations possibles et inimaginablesavec notamment une désinformation terrible de la part des médias et les pouvoirs publics en place.

Une très belle chronique adolescente, à la fois tendre et cruelle pour un roman à lire toutes affaires cessantes pour mieux comprendre ce qu’était les années SIDA.

 Merci à babelio et son opération Masse critique pour la découverte de ce beau livre!!

 Dites aux loups que je suis chez moi

Dites aux loups que je suis chez moi
Carol Rifka Br
Dites aux loups que je suis chez moi par Carol Rifka Brunt
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