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Critique Ciné : Jurassic World, le baroudeur et ses raptors

Publié le 12 juin 2015 par Delromainzika @cabreakingnews

Jurassic World // De Colin Trevorrow. Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et Vincent d’Onofrio.


Dans Jurassic World on a un mélange très étrange entre du Terra Nova et des références aux premiers films. Dès qu’au début du film retentissent les premières notes du générique, on a déjà envie d’imaginer que l’on va replonger dans l’univers fantastique du chef d’oeuvre de Steven Spielberg (et je parle du premier film bien entendu). Puis rapidement, on commence à voir apparaître les têtes d’un casting qui manque cruellement d’ampleur et surtout d’intérêt. Mis à part Vincent d’Onofrio, le reste du casting est tout simplement raté. J’ai beau admirer Chris Pratt (que j’ai adoré dans Les Gardiens de la Galaxie mais surtout dans Parks & Recreation), ici il n’a pas vraiment sa place. Il incarne un rôle de héros qui n’a rien du héros. Je dirais même qu’il est la caricature de tout ce qui peut faire une comédie de zoo balourde (je parle de Zookeeper par exemple) et rien de plus. Surtout que le film se met au service de l’acteur et étant donné qu’il ne parvient pas à délivrer quelque chose de particulièrement convaincant, le film dérape un peu. On pourrait dire la même juge de Bryce Dallas Howard qui, de son côté est ridiculeusement drôle (courir en talon avec un T-Rex derrière elle… il fallait le faire).

L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Amblent veut ici nous refaire vivre l’univers de Jurassic Park. Il y a donc tout un tas de références aussi bien dans les dialogues que dans les décors qui sont certes bienvenues mais qui incitent aussi à la comparaison et le moins que l’on puisse dire c’est que visuellement, les dinosaures étaient mieux avant. C’est tout de même dingue de se dire qu’un dinosaure fait dans les années 90 est plus joli qu’un dinosaure de synthèse fait avec la technologie d’aujourd’hui. A côté de ça, Colin Trevorrow (à qui l’on doit l’excellent Safety Not Guaranteed) revient ici avec un film différent (c’est assez drôle car dans son précédent film il mettait en scène Aubrey Plaza qui incarne le rôle de la femme de Chris Pratt - Jurassic World - dans Parks & Recreation, comme quoi…). Sauf que côté mise en scène cela reste un poil trop sobre, peut-être même parfois dans la copie. C’est dommage et peut-être que c’est une demande du studio mais l’émotion manque cruellement dans la caméra de Colin Trevorrow alors que cela aurait justement dû être son but premier : nous émouvoir, nous mettre une vraie claque et je crois que j’aurais alors apprécié Jurassic World bien mieux. A côté de ça, le scénario n’est pas toujours très passionnant alors qu’il a une faculté étrange à passer du coq à l’âne sans créer de liant.

On a l’impression de se retrouver dans un épisode de série dans lequel il faudrait tout mettre en seulement 20 minutes. Du coup, le film vit toujours à cent à l’heure, sans jamais vraiment prendre le temps de se poser (ce qui est un problème pour les émotions que le film tente de créer sans succès). A côté de ça, les enfants sont sensés être les personnages les plus attachants, sauf que le film ne fait jamais rien pour les mettre en avant. Ils sont donc tous les deux (les neveux de Claire) très fades entre un qui semble passer son temps à réciter Wikipédia pour dinosaures et l’autre qui semble avoir un problème qui lui impose de tirer une tête de dix pieds de long. Ce qui aurait dû être un film magnifique est parfois une épreuve et à d’autres moments assez amusants (aussi bien en le voulant que malgré lui). Dans ses moments les plus ridicules, Jurassic World nous fait passer un agréable moment (comme par exemple Bryce Dallas Howard qui courent en talons devant le T-Rex, l’un des moments les plus mémorables du film. Je retiens aussi un Vincent d’Onofrio qui reste fidèle à lui-même et incarnant un peu mieux un film qui avait besoin de quelqu’un comme lui pour se sortir un peu du marasme dans lequel il s’était fourré. Certes (bons) acteurs sont gaspillés comme Jake Johnson dont les blagues sont éculées et ratées, Omar Sy qui se cantonne au rôle de garçon dont on a envie de se poser pour son accent et j’en passe.

Note : 4/10. En bref, Jurassic World a beau être une déception, je ne me suis pas totalement ennuyé. Il y a des tas de défauts, cités plus hauts, mais j’en attendais tellement rien du tout que je n’ai pu qu’être surpris, même par le plus exécrable de ce film.


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