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Phraséologie du président fondateur

Publié le 13 juin 2015 par Gaylussac

Vous arrive-t-il encore de douter de la personnalité de celui qui préside à la destinée de votre république? Il vous faut certainement considérer le genre de discours qu’il tient pour en avoir le cœur net. Chacune de ses petites phrases a autant d’importance et vous aurez tout faux d’en négliger la portée.
Je vous propose ci-dessous l’essence de ce qui constitue la phraséologie d’un dictateur imbu de lui-même.
La voix du chef est la voix de Dieu
Il déteste qu’on lui dise non. Il râle quand on met en doute la justesse de son action. Ses propos laissent à penser qu’on a le choix entre être avec lui et être contre lui.

Le ridicule ne tue pas
Il ne craint pas de passer pour la risée de tous. L’image de toute une nation a beau être entachée à cause de lui, il fait croire à qui veut l’entendre que l’on vit dans le meilleur des mondes.

Tout chemin mène à Rome
Cela ne vous aura pas échappé: quand il parle, on sent une volonté de tout régenter. Du fonctionnement des entreprises publiques à l’attribution des marchés publiques en passant par l’organisation du pouvoir judiciaire. D’où la comparaison avec la Rome antique où aboutissaient quasiment tous les axes routiers.

J’ai le don d’ubiquité
Il y a chez lui une tendance à faire de soi sans toutes les réunions officielles ou privées. En effet au cours de celles-ci toute prise de parole commence souvent par des salamalecs du genre « au nom du chef de l’État » ou encore « grâce au soutient du président de la république ». À telle enseigne que vous vous demanderez si ce n’est pas la même personne qui prend part à toutes ces réunions et qui parle élogieusement de lui-même.

Je communique donc je suis
Sa stratégie de communication consiste à parer au plus pressé. S’il parle à la radio ou à la télé, c’est pour rassurer ses adversaires: « tenez-vous bien sur vos gardes car je suis toujours au pouvoir ».

Bienvenu dans la basse-cour
Dans une basse-cour, un seul coq a le droit d’en imposer par son chant matinal. Notre chef se verrait bien dans le rôle du maître incontesté d’une cage à volaille. Quand il prend la parole c’est que tout le monde est censé s’être tu. Son ton est souvent impérieux voire comminatoire.


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