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Le mauvais juge

Publié le 14 juin 2015 par Le Journal De Personne

- Vous l'avez attaché, bâillonné ?
Vous pouvez nous laisser maintenant !

Salut !

Vous me regardez comme si vous ne m'aviez jamais vue ?
On dirait que vous ne m'avez pas reconnue ?
Vu le nombre de justiciables que vous avez détruit, vous êtes excusable.
La justice vous doit une fière chandelle Monsieur le Justicier, parce que vous l'incarnez à la perfection.
Puisque vous êtes et depuis belle lurette celui qui rend la justice possible, la vérité nécessaire et le jugement réel. Seul maître en la demeure qui dispose d'un pouvoir discrétionnaire... quasiment absolu.
Vous êtes juge d'instruction qui juge en premier mais dont le jugement s'apparente à un jugement dernier. Vous êtes à la fois le Roi Salomon et le lieutenant Colombo... avec la duplicité d'un serpent qui vous mord parce que c'est le seul moyen pour lui de se sentir plus fort.

- Le prisonnier : Mmmmm! Mmmm!

Non... ne l'ouvrez surtout pas, vous l'avez assez ouverte comme ça... je vous demande de la fermer pour une fois... je crois que vous n'avez guère le choix.

Vous ne vous souvenez toujours pas, de votre belle proie? Vous vous êtes abattu sur MOI rien qu'en vous fiant à votre maudite intuition... comment vous l'appeliez autrefois ? UNE INTIME CONVICTION
Vous m'avez mise en examen puis inculpée puis incarcérée... ça ne vous revient toujours pas ?
Vous l'ignorez peut être mais le parlement a décidé de supprimer la fonction de juge d'instruction, pour mettre fin à leur pouvoir arbitraire et créer une nouvelle partition pour fonder en raison les décisions de justice. C'est trop tôt ou trop tard!
Mais comme je suis passée par là, j'ai jugé bon en mon âme et conscience de me charger moi-même de mon propre juge d'instruction.
Le supprimer moi-même parce que je suis persuadée qu'il ne survivra pas à cette suppression institutionnelle : c'est du moins mon intime conviction.
Je lis dans vos yeux, quelque fureur que vous avez du mal à dissimuler. Peut-être parce que vous craignez de me voir commettre une erreur judiciaire ?
Je vous rassure et contrairement à vous, j'ai bien instruit votre dossier et retenu tout autant les éléments à charge que les éléments à votre décharge, à votre corps défendant, comme on dit... et j'ai abouti à la seule conclusion qui s'impose : vous êtes coupable... sans l'ombre d'un doute.
Je ne dispose pas seulement de quelques faisceaux de présomptions mais de quelques preuves accablantes.
Vous êtes coupable et vous ne bénéficierez d'aucune circonstance atténuante : parce que vous saviez ce que vous faisiez.
Coupable de quoi?
C'est ce que vous avez l'air de me demander. Je vous le dirai après mon premier et dernier coup de feu.
Bang! Bang!
Ça y est, vous êtes mort ? Vous n'avez donc plus besoin de savoir ce qui vous a valu cette mort
Adieu poulet !


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