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Dinotopia

Par Suzybishop @DLACDI

Jurassic World : le soundtrack du film par Michael Giacchino

On peut en dire ce qu’on veut. Moi j’attendais Jurassic World avec un petit peu d’impatience. Pour plusieurs raisons. Déjà, parce que la bande-annonce semblait plutôt prometteuse, et qu’entendre les notes si familières de John Williams avait réveillé en moi une espèce de nostalgie perdue. Que revoir des dinosaures à l’écran, ça me rendait aussi excitée qu’un gosse de 5 ans qui va à Disneyland pour la première fois. Même si je ne m’attendais pas à voir le film du siècle, ni même une suite aussi géniale que le premier du nom, j’avais l’espoir de retrouver un bout de mon enfance. Caché quelque part, dans de l’ADN de moustique. 

 

Dinotopia

De quoi ça parle ?  L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Refaire une suite à Jurassic Park, c’était un petit peu une mission suicide. Parce qu’il y avait une horde de fans en délire aussi excités que des vélociraptors en cage. Parce que  le film de Spielberg est indéniablement génial, et que des années après, on garde toujours un grand plaisir à le revoir, sans que ça paraisse vieux et kitsch. Parce que de toutes façons, personne n’est jamais content. 

Le film est imparfait. Une phrase a retenu particulièrement mon attention. “ On ne va tout de même pas appeler des dinosaures avec des noms de sponsors ! “ Jamais encore je n’avais vu un film aussi sponsorisé. Une marque, d’accord. Mais le film prend l’allure d’une publicité énorme, que ça soit pour Mercedes, où la caméra prend toujours bien son temps pour zoomer sur le logo et faire de lent travelling vers l’intérieur de la voiture, qui au passage n’est jamais détruite, forcément. Samsung encore, temple de la technologie quasiment indestructible, où tablettes et smartphones sont constamment mis en avant. Ou ce plan presque improbable de ... qui boit son Coca comme dans une pub. Vous l’aurez compris, les sponsors sont absolument partout, et le placement marketing de produit est en continu. Sauf cas contraire, je n’ai encore jamais vu un truc pareil dans un film. Moi qui devenait déjà folle avant le début du film, avec les milliers de pub de cuisine, de jeux vidéos, de glace et de maisons dont on se fout royalement parce que c’est pas le sujet, j’avais soudain l’horrible impression que le cinéma venait publiquement de vendre son âme au bienfaiteur capitalisme. 

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Je ne sais pas si le film a un puissant pouvoir méta d’une ironie folle, mais le film est tout de même entièrement placé sous la dénonciation du méchant capitalisme. Oui oui, vous avez bien lu. En effet, le film se place à notre époque merveilleuse de progrès technologique et des jeunes “ jemenfousdesdinosysontpasbo”, blasés de la vie qui passent leur temps accrochés à leur smartphone plutôt qu’à regarder les gros brachiausores . Mon égo en a pris un coup, je suis blasée moi de voir toujours des jeunes blasés de la vie. C’est devenu la mode au ciné, on voit de plus en plus de personnages jeunes avec des mèches rebelles, des écouteurs vissés sur la tête qui répondent avec un langage aussi complexe et développé que celui d’un diplodocus. Moi ça m’a un peu gêné cette histoire de capitalisme. C’est comme si le film cherchait à aborder pleins de sujets actuels, mais de manière tellement maladroite que ça en devient un petit peu ridicule. Que ça soit le divorce, qui n’a en soit, absolument rien à apporter au film. L’idée complètement absurde d’utiliser des raptors comme les nouvelles armes de guerre : ça part d’une bonne intention, mais c’est tellement farfelu et invraisemblable qu’on y adhère pas. L’idée que “ c’était mieux avant “, car on ne s’amusait pas à créer des dinosaures plus grands, plus effrayants et plus dangereux pour impressionner le public, et donc ce conflit un peu usé de l’opposition nature/culture, où la nature prend toujours sa revanche sur les hommes. En fait, le film se perd à vouloir trop dire, et finit par ne plus rien en dire. C’est dommage, parce que du coup le film accumule les incohérences. 

 

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Et pourtant, moi je l’ai bien aimé ce film. Malgré tous les défauts qu’on peut lui reprocher. Le film n’a jamais cherché à égaler le premier, c’est plus une sorte d’hommage. On sent bien que le film est plein de volonté, et que tout part d’une bonne intention. C’est un film qui a envie de faire plaisir, et de plaire. Plaire aux fans qui l’attendait au tournant. Le film se sert de nombreuses scènes cultes, et reprend beaucoup des éléments qui font que Jurassic Park a été un succès. Ca semble un peu forcé parfois, la présence des raptors, du T-Rex, des ptérodactyles, des plans larges sur la découverte d’un champs de triceraptos et des brachiausaures. J’arrive pas lui en vouloir. Parce que moi ça m’a vraiment fait plaisir. Même s’il est imparfait, il m’a vraiment fait plaisir ce film. Je l’ai regardé avec les mêmes yeux que quand je l’ai vu la première fois, soit quand j’avais moins de 10 ans. 

 

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Moi je me suis plus identifiée au petit gosse, qui court partout pour voir les dinosaures. Vraiment, il y avait de bonnes idées. Et le film a quand même réussi à m’immerger dans ce parc. J’avais même l’impression d’y être. C’était comme être à Disneyland mais en mieux. J’aurais adoré aller faire des câlins aux petits dinosaures et aux gros raptors . Aller m’assoir dans ces espèces de grosses boules en verre pour aller me promener au milieu des tricératops. Moi il m’a bien plu ce parc, et j’ai trouvé ça plutôt réussi. Même si je voyais que le film avait pleins de défauts, ça me plaisait quand même. Alors oui, les situations sont un peu invraisemblables. Parce que perdre un immense dinosaure, c’est un peu tiré par les cheveux. Mais tant pis, on s’y fait. Les personnages sont un peu niais, et pas forcément travaillés. Et j’avoue, je m’attendais un petit peu au pire au début du film. Mais dès que le gros dino détruit tout, je jubilais sur mon siège. Toutes ces courses-poursuites, ces batailles de gros dinosaures, les raptors qui courent partout et que j’adore, et cette bataille finale, moi ça m’a rappelé pleins de bons souvenirs. J’avais oublié quel âge j’avais, et ça me convenait très bien. Et les effets spéciaux étaient quand même plutôt pas mal, la preuve, j’y ai cru pendant un bref moment. J’étais peut-être un petit peu déçue par la musique, un peu effacée à mon goût. 

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Finalement, je vous conseille d’y aller. Pas pour y voir une suite génialissime, mais plutôt un joli hommage à nos vieux souvenirs. Même s’il est vraiment imparfait, il est bourré de bonnes intentions. Est-ce qu’on peut dire qu’un film plein de bonnes intentions est un bon film ? Pas forcément, mais ici il a su me donner ce que j’attendais vraiment : faire revivre des vieux rêves de gosses, des vieux souvenirs. Ça avait même quelque chose d’émouvant. J’avais de nouveau 8 ans, j’avais oublié les incohérences, les défauts. Moi j’étais tellement contente de revoir tout ça, que j’ai fait l’impasse dessus. Je devrais pas, mais j’ai pas à me justifier de ça. J’ai pas pu le regarder avec la distance qu’il faudrait, mais plus comme un gosse. Moi c’est ça que j’attends aussi d’un film, qu’il arrive à me faire oublier tous ses défauts, aussi gros soient-ils, pour réussir à me faire rêver à nouveau, à faire revivre une ère que je croyais disparue. 


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