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Jurassic World, quand la créature rattrape son créateur

Par Rémy Boeringer @eltcherillo

Jurassic World, quand la créature rattrape son créateur

Il y a maintenant plus de vingt-deux ans que le grand Steven Spielberg présentait au monde sa nouvelle création, Jurassic Park, film révolutionnaire pour l’époque, ayant marqué une génération entière de gosses passionnés par les bestioles géantes aux dents acérées et à la compassion comparable à celle d’un bulldozer.
Bercés par une nostalgie enfantine, nous sommes allés voir samedi dernier, Jurassic World, dont la réalisation a été conduite par Colin Trevorrow, réalisateur jusqu’ici méconnu du grand public et qui le restera certainement.

C’est avec beaucoup d’impatience et d’appréhension que nous avons découvert les premières esquisses du scénario pondu par la nouvelle équipe du film. Malheureusement, dès le commencement, nous avons, rapidement, compris que le recyclage serait au rendez-vous et que les clichés en tous genres ne quitteraient pas d’une semelle le spectateur jusqu’au coup de griffe ultime.

Jurassic World, quand la créature rattrape son créateur

Comme tout le monde s’en doutait, l’île d’Isla Nublar n’est pas restée terre morte malgré les différentes boucheries qui ont eu lieu. C’est un nouveau parc d’attraction encore plus gigantesque et redoutable qui a ouvert ses portes. Et pour couronner le tout, ce n’est pas qu’une bande de scientifiques en manque d’adrénaline qui est présente sur l’île mais bien vingt mille visiteurs. Autant dire que, pour cet opus, la chair fraîche sera en promotion pour nos reptiles géants préférés. Il faut compter sur l’Indominus Rex, premier dinosaure génétiquement modifié par la main de l’homme. « Plus grand, plus rapide et plus féroce » que ses prédécesseurs, il est doté d’une intelligence et de facultés inattendues en faisant un prédateur quelque peu inquiétant… L’ensemble du complexe est dirigé par Claire Dearing (Bryce Dallas Howard), pimbêche froide au carré plongeant, qui ne vit que pour son travail à tel point qu’elle n’est même pas présente pour accueillir ces deux neveux Gray (Ty Simpkins) et Zach (Nick Robinson) venus la voir sur l’île pour le week-end. Gray, petit Monsieur je-sais-tout, voue une véritable passion à Jurassic World tandis que son grand frère, Zach, est plus préoccupé par l’anatomie des jeunes demoiselles que celle des dinosaures. Simon Masrani (Irrfan Khan), milliardaire indien et propriétaire du parc, semble, à la différence de notre très cher Medef, se désintéresser complètement du chiffre d’affaire, chose que nous croyons difficilement compte tenu de l’appât du gain qui anime ce projet monstrueux. Owen Grady (Chris Pratt, excellent Star-Lord dans Les gardiens de la galaxie), éleveur de dinosaures, pense avoir trouvé une méthode fiable pour apprivoiser les dinosaures (Vélociraptors) élevés en captivité. Il est aussi l’ex rancard foiré de Claire Dearing avec qui la tension sexuelle sous-jacente animera une partie de l’intrigue du film.

Jurassic World, quand la créature rattrape son créateur

Owen Grady (Chris Pratt) et les Vélociraptors

Après une introduction quelque peu soporifique d’une trentaine de minutes, le drame que tout le monde redoutait survient enfin lorsque l’avorton, créé par les scientifiques inconscients de l’île, élabore une stratégie machiavélique pour s’enfuir de son enclos et amorcer une crise de boulimie compulsive. L’émerveillement fait place à une panique de masse lorsque les visiteurs sont livrés à eux mêmes dans un parc d’attraction qui n’a plus rien d’attrayant. Tandis que les hommes de sécurité essayent de s’organiser tant bien que mal pour sauver une clientèle quelque peu mécontente, Gray et Zach n’ont rien de mieux à penser qu’à faire du hors piste dans les zones interdites du parc. C’est à ce moment là, que les deux frères tombent nez à nez avec le terrible Indominus Rex, dans une scène qui nous remémore aisément celle du premier volet où les enfants sont également coincés dans une voiture face au prédateur. Tant de petits détails nous confortent dans l’idée que l’originalité du film laisse à désirer. Comme ce fameux rapprochement soudain entre Gray et Zach qui face à la mort réalisent que la famille c’est sacrée.

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Gray (Ty Simpkins) et Zach (Nick Robinson)

La seule nouveauté du film demeure l’apprivoisement, plus ou moins réussi, de certains dinosaures qui contre toute attente se révéleront posséder un semblant d’affection pour leurs éleveurs Owen et Barry (Omar Sy, vraiment émouvant dans Samba et qui, après son rôle mineur dans X-Men: Days of Future Past prend de plus en plus d’importance à Hollywood sur les traces de Jean Dujardin). Petite apparition « guest » à noter à la fin du film pour le retour du Tyrannosaure qui aura un rôle particulier à jouer dans le déroulement des événements.

Malgré un avis mitigé, le visuel du film reste très attrayant avec un décor et des effets spéciaux remarquables et fascinant en 3D. D’une manière générale, ce film pourrait symboliser toutes les inventions monstrueuses que crée, chaque jour, certains scientifiques mégalomanes se prenant en quelque sorte pour le créateur, sans se soucier véritablement des conséquences néfastes pour l’humanité.

Riffault Caroline

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