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Trois ans d’autoédition

Publié le 17 juin 2015 par Thibaultdelavaud @t_delavaud

J’ai hésité à faire un « Point d’étape » en bonne et due forme mais le propos de cet article est davantage de partager quelques réflexions et de donner des nouvelles. Et puis, j’ai fêté le cap des trois ans d’autoédition, le temps passe tellement vite…

Polémique, quand tu nous tiens

Mon précédent article Pourquoi les livres autoédités sont-ils mauvais ? a provoqué une petite tempête sur Facebook. Je m’attendais évidemment à créer la polémique. On m’a même accusé de la provoquer à dessein ! Je ne pensais pas qu’elle serait de cette ampleur et qu’elle susciterait des réactions parfois violentes. On a également déformé mes propos et fait dire des choses que je n’ai pas dites mais c’est probablement la loi du genre. Je tiens simplement un éclaircir un point : cet article n’avait pas vocation à démolir les livres autoédités mais à faire prendre conscience à tous les auteurs indépendants qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour convaincre les lecteurs et qu’il ne faut pas se reposer sur ses lauriers.

De même, je ne considère pas mes propres livres (autoédités, faut-il le rappeler) comme meilleurs que les autres. Ils ont des défauts, des qualités mais sont-ils au dessus du lot ? Je n’en sais rien, seuls les lecteurs et les critiques littéraires (qui, de toute manière, ne lisent pas mes livres) peuvent le dire. C’est la première fois depuis je tiens ce blog (et cela fera trois ans au mois d’août) que j’ai dû faire face à des réactions aussi vives.

Cet article n’avait pas vocation à démolir les livres autoédités mais à faire prendre conscience à tous les auteurs indépendants qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Cet article m’a donné l’envie d’organiser un débat sur le thème « Quel avenir pour les maisons d’édition face à l’essor de l’autoédition ? » sous forme d’un entretien croisé sur mon blog. J’ai proposé à Guy Morant de participer et il a gentiment accepté. Je cherche un interlocuteur prêt à défendre le modèle traditionnel des maisons d’édition mais pour le moment, j’ai fait chou blanc. Si en lisant ces lignes vous êtes intéressé pour participer, n’hésitez pas à me contacter.

Thinking

Photo d’Adam Cohn (CC-BY-NC-ND)

Garder le moral

Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que j’alterne les phases d’enthousiasme et de lassitude (comme beaucoup de monde probablement) face à l’autoédition. Cela fait un peu plus de trois ans que je me suis lancé dans l’aventure et j’ai vu beaucoup de choses évoluer. Ce qui m’inquiète et qui explique mon pessimisme actuel est le fait que les auteurs indépendants se professionnalisent et sont plus nombreux mais fondamentalement, les choses ne bougent pas vraiment. Et comme mon précédent article le soulignait, c’est tout à fait logique puisque l’offre de livres autoédités de qualité est encore insuffisante.

Malgré tout, l’autoédition décolle, les ventes de livres autoédités sont plus nombreuses et des auteurs de talent ont percé. Mais elle demeure une voie parallèle, à l’écart, encore largement marginalisée. Peut-être faudra-t-il être patient, le numérique, il est vrai, est en retard en France mais est-ce vraiment la raison véritable de cette marginalisation ? Il faudrait qu’une dizaine d’auteurs indépendants deviennent connus auprès du grand public pour que le regard sur l’autoédition change. J’ai écrit il y a un an et demi environ Pourquoi l’autoédition ne décolle pas en France ? et je crains qu’il faille attendre très longtemps avant que l’autoédition fasse partie du paysage éditorial en France et soit reconnue. En 2018 ? 2020 ? Plus tard ?

Il faudrait qu’une dizaine d’auteurs indépendants deviennent connus auprès du grand public pour que le regard sur l’autoédition change.

Clés

Photo de Babl Krishna (CC-BY-NC-ND)

Écriture

J’ai complètement arrêté de faire du marketing et de la communication sur mes livres, je poursuis la rédaction de ma nouvelle Chronos. Je suis très heureux de revenir à l’écriture, j’espère pouvoir échanger rapidement avec vous tous sur la rédaction de cette nouvelle. Il est intéressant de partager nos expériences sur l’autoédition et nos astuces marketing mais échanger sur l’écriture est plus rare et pas moins utile. Travailler sa plume et confronter ses écrits au regard d’autrui, avant la publication finale, sont essentiels et j’ai péché de ce point de vue pour l’écriture des nouvelles de mon recueil Rêves Célestes. Le travail d’écriture est très long, j’écris de manière chaotique et décousue. J’ai parfois le sentiment que ce sera une très longue nouvelle car j’ajoute beaucoup de passages en plus de ma trame originelle.

Depuis que j’ai débuté dans l’autoédition il y a trois ans, je n’ai paradoxalement rien écrit et publié de neuf puisque les nouvelles de Rêves Célestes ont été écrites entre 2006 et 2009. Je les avais retravaillées en vue de les autoéditer. C’est donc presque un nouveau départ pour moi et j’ai la sensation de recommencer à zéro, ce qui, au final, est plutôt agréable.


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