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Sete petite marseille en languedoc

Par Elisabeth Leroy

2087275685.jpgLe port de SETE est l'oeuvre de Colbert, du chevalier de Clerville, ingénieur du roi et de Pierre-Paul Riquet qui en fut adjudicataire des travaux. Pour donner une embouchure méditérranéenne au Canal du Midi, on préféra le "Cap de Cette", alors quasi désert à d'autres ports existants mais considérés comme ni sûrs ni commodes. Cela se passait en 1666 et, sept ans plus tard, la jeune ville était érigée en consulat et recevait ses privilèges royaux.

Mais ce site était connu depuis l'âge de Bronze et des gallo-romains pas encore "Sétoris" qui vivaient près du Barrou tiraient profit d'une petite industrie basée sur la saumure du poisson pêché dans l'étang de Thau. Il semble que les lieux furent occupés de façon constante jusqu'à la fin de l'empire romain et qu'un commerce actif se soit instauré avec des régions d'Italie et de l'Espagne. Nul doute que le Mont Saint Clair, repère incontournable des antiques navigateurs et répertorié par Strabon, n'ait été à l'origine de tout cela.

Au Moyen Age, Sète se nomme Sita ou parfois Ceta et appartient à l'abbaye d'Aniane. Plus tard, elle sera aux évêques d'Agde et cela jusqu'à la Révolution de 1789. L'agriculture y fera de timides apparitions avec quelques troupeaux paissant sur des terres alluviales dont le nom "Les Métairies" nous signale encore la position géographique. Mais ce sont toujours les pêcheries de l'étang qui, bien à l'abri des coups de mer, représentent l'activité principale. Tout reste cependant à un échelon bien modeste, puisque à la fin du XVIème siècle on ne recense là qu'une centaine d'âmes.

C'est alors que le gouverneur du Languedoc, diligenté par Henri IV, projette la construction d'un port, du côté de ce que l'on nomme aujourd'hui La Corniche. Après l'édification au sommet de Saint Clair du fort de Montmorencette (du nom du connétable Henri Ier duc de Montmorency), le projet sera abandonné. On attendra donc le percement du Canal du Midi pour que la construction d'un port soit effective. L'affaire ne sera pas une réussite aussitôt avérée, du fait de l'ensablement continuel de la rade ; et les constructions plutôt défensives de Colbert ne corrigeront pas très bien ce défaut. Ce ne sera que plus tard qu'un dispositif efficace sera mis en place. Pourtant Sète va se développer, à telle enseigne que Frontignan, alors siège de l'Amirauté et important port de commerce, en perdra quasiment toute activité. Le nouveau port Languedocien a certes son utilité, mais il manquera d'investisseurs régionaux, même s'il est considéré comme "La Marine de Montpellier". Les comptoirs allemands, suisses et d'Europe du Nord compensent un peu. Si la concurrence avec Marseille est très vive, Sète importe pourtant des denrées exotiques qui permettent, au début du XVIIIè siècle, la création d'une raffinerie de sucre ou, plus tard, celle d'une manufacture de tabac de Virginie. On verra aussi s'établir une fabrique de savon mais tout cela restera hasardeux, sans envergure et sans durée.

Les quais vont connaître par contre une forte activité avec l'exportation. Les produits manufacturés, le sel et autres denrées comme les textiles et la laine sont embarqués à destination d'autres pays méditerranéens, du nord de l'Europe et de l'Amérique. Mais le vin et l'alcool représentent un marché formidable. La distillation est devenue une véritable spécialisation de la région et les productions d'eaux de vie jouissent d'une réputation véritablement mondiale. La marine à voile, les hollandais surtout, en fait ample consommation pour pallier le mauvais vieillissement de l'eau douce embarquée. Les armées aussi en demandent beaucoup, mais le phénomène est général dans toute l'Europe. A la fin du XVIIè siècle, Sète est connue sous la périphrase de "Port de l'alcool". Les chiffres ne démentent pas : annuellement, ce sont 45 000 hl. de vins et 10 000 d'eaux de vie qui s'y exportent. Longtemps encore le vin fera vivre le port.


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