Magazine Cinéma

Diplomatie - 3/10

Par Aelezig

z20

Un film de Volker Schlöndorff (2014 - France, Allemagne) avec Niels Arestrup, André Dussollier

Soporifique.

L'histoire : Seconde guerre mondiale, 1944. L'armée allemande est en déroute, et le général Von Choltitz a reçu pour ordre de détruire Paris avant de partir. Le consul de Suède va tenter de le persuader d'épargner la ville, pour ses habitants, pour son histoire, pour son patrimoine.

Mon avis : Ben, non, j'aime pas, malgré les critiques passionnées et enthousiastes. Je vais me faire huer, mais je m'en fiche. Le GROS problème, c'est que, encore une fois, les productions ciné ont voulu adapter une pièce de théâtre. Quand vont-ils comprendre que théâtre et cinéma, ce n'est pas la même chose, et que, si ça l'était, on n'aurait pas deux mots pour exprimer le concept, deux types de salles différentes. Au théâtre, on voit les acteurs, en chair et en os, qui clament leur texte pour que tout le monde entende ; les dialogues, qui sont l'essence même de ce type de spectacle, sont peaufinés jusqu'au génie puisque ce sont eux qui font exister la pièce ; les acteurs sont au service de ce texte et le metteur en scène, qui a des limites de travail très étroites par rapport au cinéma, doit travailler avec eux pour que leur corps entier exprime les émotions de l'histoire, sans trop d'emphase, mais suffisamment pour être vues depuis les places les plus éloignées. Et puis il y a cette admiration que l'on ressent pour les comédiens qui ont appris tout ce ce texte par coeur et vous le débite comme si c'était naturel. Un boulot d'orfèvre.

z21

Si vous mettez ça au cinéma, unité de lieu, deux acteurs qui papotent tout le temps, toute la puissance du texte se trouve complètement diluée dans les décors, les mouvements de caméra, les allées et venues de personnages secondaires, une petite vue à l'extérieur par ci par là, histoire de montrer qu'on est au cinéma... Et ça ne fonctionne quasiment JAMAIS. Ca m'insupporte.

J'avais donc beaucoup d'inquiétude en me mettant devant ce film, mais il était tellement auréolé de compliments que j'avais espoir. Ben je me suis royalement barbée devant tant de blabla, mon mari s'est carrément endormi, et j'ai zappé au bout d'une heure. On est alors tombé sur la passionnante histoire de la tour Khan Chatyr au Kazakhstan (que je vais coller dans mon blog Architecture).

Et puis l'accent français de Niels lorsqu'il parle allemand m'a terriblement agacée... (tout comme sa quasi absence d'accent allemand quand il parle français - mais pour ça, je ne sais pas, Von Choltitz était peut-être vraiment bilingue). Je comprenais tout ce qu'il disait, alors que les comédiens allemands, eux, j'avais beaucoup plus de mal à tout suivre. Idem d'ailleurs pour le Suédois Nordling... pas un pet d'accent, mais lui est né et a vécu à Paris toute sa vie, alors ça s'explique. Les deux acteurs sont néanmoins parfaits, bien sûr, normal, évident. Arestrup, Dussollier, qui irait contester ? Mais ça ne suffit pas. Pas au cinéma en tous cas, où les enjeux sont d'une nature différente que celle d'une scène de théâtre.

z22

Bref, ça ne vaut absolument pas le magnifique Paris brûle-t-il ? qui évoque le même sujet, avec un suspense de malade. Et de façon plus réaliste, puisqu'on voit aussi tout se qui se passe autour, les résistants, De Gaulle, les Américains... Ici tout se concentre sur Von Choltitz et Nordling, alors qu'on ne sait même pas ce qu'ils se sont dits et l'influence réelle du Suédois sur l'Allemand.

Bon, que les bobos parisiens se pâment, je peux comprendre ; ils sont payés pour ça. Mais les spectateurs semblent avoir aimé aussi, du moins ceux qui l'ont vu ; le film a fait 500 000 entrées. Ce qui n'est pas mal.

Moi je n'y comprends rien. Soit ils sont hypocrites, soit ils disent que c'est bien parce que ça fait chic dans les soirées. Autre explication, les internautes qui s'expriment sont des jeunes qui n'ont pas vu Paris brûle-t-il et/ou ne connaissaient pas cette histoire, qui les a donc surpris et intéressés. Il est vrai que j'ai lu pas mal de fois dans les commentaires "un événement méconnu"... alors que mes parents m'en parlaient déjà quand j'étais môme... Mais je suis si vieille...

z23

Les critiques élogieuses de la bourgeoisie journalistique me font pleurer tellement c'est vibrant d'admiration contrefaite.

Pourquoi 3 points ? J'sais pas. A cause de Niels et d'André, je suppose.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Aelezig 127315 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines