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Sortie ciné : Loin de la foule déchaînée, de Thomas Vinterberg

Par Mrwak @payetonwak
Thomas Vinterberg, Thomas Hardy, David Nicholls, Carey Mulligan, Bathsheba Everdene, Matthias Schoenaerts, Gabriel Oak, Tilly Vosburgh, Mrs. Hurst, Sam Phillips, Sergeant Doggett, Tom Sturridge, Sergeant Francis Troy, Juno Temple, Fanny Robbin, Bradley Hall, Joseph Poorgrass, Hilton McRae, Jacob Smallbury, The Hunt, geekmehard, geek me hard, test, trailer, critique, avis, comic-book, comics, payetonwak, film, chronique, article
Déjà adapté de nombreuses fois à l'écran, on peut se demander ce qui pousse Thomas Vinterberg à s'emparer du roman de Thomas Hardy initialement paru au XIXème siècle. Si la démarche peut paraître aujourd'hui dépassée, elle reste un geste, un témoignage (comme autant d'autres productions similaires), de ce qu'un réalisateur peut apporter à l'ouvrage : ici en reprenant la trame suivant une jeune héritière de l'Angleterre victorienne, libre et impétueuse, courtisée par trois hommes de rangs et d'origines différentes, Thomas Vinterberg réalise un beau film classique gorgé de plans superbes et capable de faire transparaître toutes les émotions (parfois contradictoires) ressenties par ces personnages. 
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Et en tête, il est difficile de passer sous silence Carey Mulligan, qui détient à la fois la délicatesse et la pudeur nécessaires pour incarner de forts caractères prisonniers des convenances de l'époque. Sa retenue et ses sourires réfrénés sont autant de sublimes atouts pour faire croire au personnage de Bathsheba, subitement en charge d'une ferme, farouchement indépendante, et se débattant dans un monde d'hommes. Entièrement dévoué à la cause de ses personnages et des terribles sursauts du coeur qui les accompagne, la réalisation de Thomas Vinterberg embrasse l'enchantement de la lande anglaise, le passage des saisons et propose en permanence d'ausculter les tourments de ses protagonistes par un recours systématique au gros plan, intraitable, filmant les visages et les profils avec pudeur et recul (le nez pointu de Carey Mulligan se dessinant dans l'ombre est un régal).
Loin de la foule déchaînée est un beau film classique qui prête une attention fantastique aux détails reconstituant minutieusement cette vie d'autrefois, des tâches quotidiennes aux petites joies de l'ordinaire - comme lors des scènes d'activités rurales (où se présentent certains rapports de force), ou la séquence du bal populaire (ce plan charmant de l'ananas), sans jamais les amoindrir de façon épisodique.
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Il y a une attention au montage d'organiser une progression sentimentale particulièrement efficace auprès des personnages, pour lesquels on éprouve différents sentiments à mesure que s'égrène l'affaire ; si on ressent naturellement beaucoup d'empathie pour la maladresse et le bon cœur de Matthias Schoenaerts, les personnages de Tom Sturridge et Michael Sheen (incarnant respectivement un jeune soldat et un noble gentilhomme) sont bien plus compliqués à aborder au regard de la narration et celle-ci leur permet d'évoluer admirablement : si on est d'emblée réticent à accueillir ces personnages dans l'histoire pour ce qu'ils représentent, ils trouvent systématiquement une voie, une faille jusqu'à Bethsheba et nous en tant que spectateurs. La direction d'acteurs de Vinterberg est sans faille et permet de hisser son film d'époque à des hauteurs inespérées.
Le film illustre puissamment la passion qui s'empare de chaque personnage, et se montre étonnamment déférent du travail de Joe Wright sur Orgueil et Préjugés, mais de façon plus noble et (on ose) moins triviale, le film de l'anglais se concentrant bien plus sur les rapports de force entre membres de la noblesse locale que sur une réflexion du cœur. Chez Vinterberg, les convenances de l'époque battent leur plein, les circonvolutions du cœur sont explicitement abordées et la superbe photographie embrassant toute l'Angleterre champêtre du Dorset complète le tableau admirablement. En soi, c'est presque un miracle.

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