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Premiers crus, les rois du monde : deux titres mensongers ?

Par Filou49 @blog_bazart
23 septembre 2015

films du 2309

Depuis cette rentrée, je ne sais pas trop si quelqu'un l'a remarqué, mais j'ai abandonné, pour plusieurs raisons,  ma sélection des 3 films de la semaine  que j'ai remplacé souvent par deux jeux concours.

Cette semaine, je change encore  mon fusil d'épaule, puisque je parle bien de films qui sortent cette semaine, mais deux au lieu de trois, et puis, ce coup ci  je les ai vus avant leur sortie, sauf que malheureusement, je ne vous les conseille malheureusement pas.

En effet, en plus de porter  haut et fort leurs qualités dans leurs titres  respectifs, ces films ont quelques points communs : celui de mettre en avant une région française rurale peu mis en avant par le cinéma, ainsi que celui de mettre en valeur avant tout les hommes et leur virilité agressive. Et  hélas,  n'oublions pas le dernier et plus important sans doute point commun entre ces deux longs métrages: celui de m'être apparaître bien en deçà de leur promesse initiale, comme je vous l'explique maintenant:  

1. Les rois du monde ne sont pas les rois de l'écran!!

les-rois-

Comédien, metteur en scène de théâtre et d'opéra, Laurent Lafargue a voulu pour son premier long métrage "Les Rois du monde, Casteljaloux"adapter sa propre pièce, Casteljaloux du nom d'un village du Sud Ouest  que connaît bien le réalisateur.

Sergi Lopez, Céline Sallette, Eric Cantona forment un triangle amoureux qui forment les personnages principaux d'une fiction qui emprunte à la fois à la tragédie antique qu'au western rural.

On suit ces  personnages, follement incapables de quitter un village qui leur fait courir à leur perte, un village pittoresque et attachant, qui constitue ainsi un décor assez peu usité au cinéma.

Hélas, ce mélange audacieux  sur le papier tenté par Laurent Lafargue ne fonctionne pas, à l'écran : ni vraiment western rural ni vraiment tragédie sentimentale, le film part un peu dans toutes les directions (avec une seconde e histoire de jeunes théatraux visiblement inspirés  qui rêvent d'un ailleurs est superflue) et des comédiens  principaux  notamment  masculins qui jouent avant tout sur leur virilité silencieuse, et dont le jeu manque d'un peu de subtilité.

les-rois-du-monde
Possessivité outrancière, violence,  blessures d'enfance, masculunité rugueuse sont les grands piliers de "ces rois du monde" qui hélas manquent cruellement de nuance et de psychologie,cruellement absente de ce film.
Premiers crus, rois monde deux titres mensongers

 Selon le dossier de presse du film, les références du cinéaste qui l'ont inspiré lors du tournage sont "The place beyond the pines" et Mud, deux très beaux films récents, visuellement splendides, mais on a quand même du mal à voir à l'écran le lien entre ces deux grands modèles et ce film.

Un film d'où surnage quand même deux trois belles scènes, ainsi que les belles compositions de Cécile Salette -malgré un personnage qui reste plus en l'état de silhouette que de véritable incarnation- et surtout de Guillaume Gouix, toujours épatant dans son second rôle d'homosexuel après le beau "Hors les Murs".

Bref, un pari audacieux et évidemment sincère dans sa démarche, mais aux résultat final vraiment décevant..

 LES ROIS DU MONDE - Bande-annonce

  2. Premiers crus  : un film qui manque de tanin et de corps

premiers crus

Le monde viticole a été porté finalement peu de fois au cinéma, et les exemples récents  les plus réussis viennent de deux réalisateurs  étrangers, Alexander Payne pour Sideways et évidemment Jonathan Nossiter et son excellent documentaire Mondovino.

Hélas, pour Jérome le Maire ( qu'on avait découvert en 2012 avec son fils Requiem pour une tueuse, mais qui portait le nom de Jérome le Gris..???), il ne rejoindra pas avec son premiers crus la liste de ses prestigieux collègues.

En effet, Premiers crus , que j'ai vu la semaine passée en avant première en présence de l'équipe du film à l'UGC Confluence fait plus penser au moyen Tu seras un homme".de Gilles Legrand avec Niels Arestrup et Lorant Deutsch qui mettait  déjà en scène une rivalité père fils sous fond  de transmission viticole, mais surtout encore plus hélas au saga de l'été familiale que je voyais plus jeune, du genre le Château des Oliviers ou  Dans u ngrand vent de Fleurs.

En effet, comme dans ces feuilletons qui sentent bon le terroir français, on a les mêmes ingrédients que dans ce Premiers Crus: une grande propriété familiale à gérer, des enfants qui rechignent à récupérer l'héritage familial, des conflits avec les familles voisins qui portent sur des générations, un amour de la terre et du patrimoine, et évidemment une grande histoire d'amour impossible avec un amour de jeunesse.

Bref, autant dire que le scénario de ce Premiers Cru est vraiment cousu de (gros) fil blanc, comme la bande annonce pouvait le laisser penser. Le scénario de  ce film ne fait qu'accumuler les clichés et stéréotypes, et on voit venir longtemps avant les situations et l'évolution des personnages. 

premiers crus

Gérard Lanvin ne se sort malheureusement pas de son rôle habituel de bourru au coeur tendre qu'il joue indéfinement depuis xxx années ( et que je continue à voir chaque année, il faut dire que le type est particulièrement agréable en avant première publique), et malgré tout le talent de Jalil Lespert, difficile aussi de transcender son personnage de type d'abord imbuvable au début puis qui va apprendre peu à peu à devenir humain et tolérant au fil des épreuves qu'il aura sur sa route. 

Ni les dialogues- souvent plats, voire ridicule- ni la mise en scène anonyme de ce premiers cru n'arrivera à susciter ce film qui n'a finalement qu'un intérêt,celui de mettre en avant une région viticole que j'adore particulièrement.Reconnaissons que dans ces "Premiers crus", la Bourgogne est particulièrement belle et bien exposée par le directeur de la photographie David Ungaro,  et qu on ressent  vraiment l'envie de déguster un verre de Bourgogne à la sortie de ces "Premiers crus", et si c'est le but de ce film, on peut dire que sur ce plan, c'est pleinement réussi.

Pour le reste, ces "premiers crus ont hélas un peu trop le goût de l'eau ou même si je veux etre méchant de mauvaise piquette..

PREMIERS CRUS Bande Annonce (Gérard Lanvin - 2015)

 Bref, je reconnais que ces deux chroniques ne vous ont pas forcément encouragé à aller voir du côté des salles cette semaine, à ce niveau ma sélection des trois films que je veux voir était bien plus encourageante ( forcément je n'avais pas encore vu les films en question, en même temps, pas certain que j'y avurais mis ceux là) ... Bon, promis, mes prochaines chroniques ciné seront plus positives!!


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