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France: le chômage reprend sa course aux records

Publié le 25 septembre 2015 par Unionrevolte
France: le chômage reprend sa course aux records Myriam El Khomri mesure l'ampleur de sa tâche: pour le baptême du feu de la nouvelle ministre du Travail, le chômage a atteint un nouveau record en août, 3,57 millions de demandeurs d'emploi en métropole.

"On ne va pas se mentir: les chiffres ne sont pas satisfaisants", a reconnu immédiatement Mme El Khomri lors d'un point presse.

Après une pause en juillet, 20.000 chômeurs supplémentaires (+0,6%) ont poussé la porte d'une agence Pôle emploi le mois dernier. Il s'agit de la plus forte hausse depuis avril.

L'augmentation est moins nette en incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite: +0,2%, à 5,42 millions.

L'indicateur atteint aussi des sommets en comptant l'outre-mer: 3,84 millions de chômeurs et 5,73 millions petite activité incluse.

Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a augmenté de 4,4% en France.

La ministre, arrivée rue de Grenelle début septembre, a appelé dans un communiqué à analyser ces mauvais chiffres "avec prudence". "Seule la tendance compte", a-t-elle fait valoir, soulignant que "la hausse d'août intervient après une baisse en juillet et une stabilisation en juin".

Elle a, en outre, noté "un point positif" du côté des chômeurs de moins de 25 ans, dont le nombre recule "pour le troisième mois consécutif". La baisse est toutefois minime en août, avec 700 jeunes demandeurs en moins (-0,1%), et la tendance reste mal orientée sur un an (+0,4%).

A l'autre bout de la pyramide des âges, la situation des seniors se dégrade fortement (+1,4% sur un mois, +9,4% sur un an).

Le chômage de longue durée continue, lui aussi, de faire tache d'huile: 2,4 millions de demandeurs d'emploi, petite activité comprise, sont inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un an (+0,5% sur un mois).

Pire, le chômage de très longue durée (plus de trois ans) explose: +18,6% sur un an.

- 'Pas le ministère des pronostics' -

La dégradation d'août n'a rien de surprenant.

"La croissance n'est pas assez forte pour créer suffisamment d'emplois. D'autant qu'on a encore des sureffectifs dans les entreprises, qui n'ont pas de raison d'embaucher", analyse Bruno Ducoudré, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Pour les économistes, une croissance de 1,5% minimum en moyenne annuelle est nécessaire. L'exécutif ne prévoit que 1% en 2015.

Par conséquent, au-delà de quelques bonnes surprises ponctuelles, aucun organisme ne prévoit de recul du chômage si tôt.

Avant son départ du gouvernement, François Rebsamen croyait, conforté par l'OCDE et l'Unédic, que la baisse pouvait intervenir dès la fin 2015. Mais l'Insee, moins optimiste, table sur une légère hausse du taux de chômage à 10,1% (+0,1 point) d'ici à la fin de l'année.

De son côté, le président François Hollande, qui promettait en début de mandat une "inversion de la courbe" en 2013, a repoussé l'échéance à 2016: sans "baisse crédible" du chômage l'année prochaine, le chef de l'État assure qu'il ne briguera pas de second mandat en 2017.

Depuis son élection, Pôle emploi a recensé près de 650.000 chômeurs supplémentaires.

Quant à Myriam El Khomri, elle refuse de se fixer un horizon: "Mon ministère ne sera pas celui des pronostics".

Cela ne l'empêche d'afficher son optimisme. "Moi qui ai pris mes fonctions il y a trois semaines, j'y crois", a-t-elle lancé.

"J'y crois car il y a le chômage des jeunes qui recule (...) J'y crois aussi car l'activité économique repart dans notre pays depuis le début de l'année. Et j'y crois aussi car il y a des emplois non pourvus", a-t-elle martelé.

L'opposition est moins optimiste. "Le chômage de masse restera un marqueur indélébile de l'échec et des promesses mensongères de François Hollande", a réagi le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher.

Pour le vice-président du FN, Florian Philippot, "la crise économique submerge aussi le gouvernement, soumis à un modèle européen qui détruit l'emploi".

Même alarmisme du côté du Medef. Pour l'organisation patronale, les chiffres d'août sont "le résultat inévitable du dogmatisme, du conservatisme et du manque de courage politique".
Source : Romandie

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