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Conseil municipal de La Rochelle : climat survolté… même agressif

Publié le 29 septembre 2015 par Blanchemanche
#ConseilmunicipalLaRochelle

Publié le 29/09/2015  par Marie-Claude Aristégui

Cris, coups de sifflets… Après deux suspensions de séance, le maire a reçu les syndicats des agents territoriaux.

Conseil municipal de La Rochelle : climat survolté… même agressifAmbiance inédite pour un Conseil municipal, hier.© PHOTO PASCAL COUILLAUD / « SUD OUEST »
Les agents territoriaux avec des banderoles CGT et Sud sont devant la porte de l'Oratoire où va se tenir le Conseil municipal. Pas loin de 300 probablement. Il n'est même pas 18 heures, hier. Beaucoup plus nombreux qu'à la Communauté d'agglomération jeudi. Jacques Sauret, le directeur des services, passe. Il se fait huer. Le ton est donné. Dans les déclarations syndicales ensuite, ce même Jacques Sauret tout comme l'adjoint chargé des ressources humaines, c'est-à-dire Yann Hélary, seront encore pris à partie. Jacques Sauret en particulier cristallise le mécontentement. La colère plus exactement.
Elle s'est manifestée avec une certaine violence hier soir. Des huées. Des cris. Quelques boules de papier lancées sur le maire et des avions en papier confectionnés avec la lettre adressée aux agents par le maire divers gauche Jean-François Fountaine. Un courrier dans lequel il précise son intention de discuter de la durée du temps de travail.« Le service public doit être rénové »Le maire Jean-François Fountaine savait bien que les manifestants seraient probablement nombreux au Conseil municipal, hier soir. Mais il avait décidé de ne pas mobiliser les forces de police : « Ce n’est pas dans ma mentalité », avait-il indiqué, avant la séance.« Le service public, on y croit, mais il doit être rénové et amélioré pour répondre aux attentes des habitants, avait-il également déclaré. Dans ce cas, il n’y a aucune raison de privatiser. L’exemple de la RTCR (Régie des transports communautaires rochelais) illustre ce débat. Nous préférons conserver une régie. »Et de préciser en outre que « la loi doit être appliquée (NDLR : elle concerne notamment le temps de travail), mais en concertation. À partir du 15 octobre, il y aura plusieurs réunions de négociations, autant qu’il en faudra. » Et d’ajouter : « Ce n’est pas parce que la loi n’a jamais été appliquée qu’il ne faut pas l’appliquer. » Il admettait toutefois avoir peut-être commis des maladresses. Hier soir, il a confirmé cette déclaration faite avant le Conseil municipal. Et encore répété son « profond attachement au service public ».18 heures et quelques minutes. Les manifestants sont partout. Derrière le maire. Devant. À côté. Vraiment partout. Parmi eux, quelques agents non syndiqués et aussi des adhérents de Force ouvrière.Jean-François Fountaine commence par dire que le Conseil municipal doit être le lieu de l'expression de la démocratie. Pas forcément une bonne idée en l'occurrence, les manifestants lui reprochant de ne pas prendre en compte leurs doléances. Il est sanctionné par des coups de sifflets. « Démission », « démission », entend-on aussi. Le maire lève la séance pour trente minutes. Et s'en va.

« Madame… »

Au terme des trente minutes, le revoilà. Sylvie Geffré (Sud) prend aussitôt le micro. « Madame, je ne vous ai pas donné la parole », s'insurge très sèchement Jean-François Fountaine. Probablement trop sèchement. Cette attitude énerve encore les manifestants déjà très nerveux.Les représentantes syndicales s'expriment. Elles disent toutes les inquiétudes des agents et demandent au maire de prendre des mesures « nécessaires au rétablissement de conditions de travail normales ». Et de mettre « un terme immédiatement au management par la peur et aux menaces en tous genres ». Et aussi, elles lui demandent de s'engager à « ne pas augmenter le temps de travail puisque la loi ne vous y oblige pas et que les finances ne vous y contraignent pas ».La situation dégénère encore, Jean-François Fountaine estimant que le Conseil municipal n'est pas un lieu de débats de ce genre, les manifestants attendant une réponse. Nouvelle suspension de séance de trente minutes. Le maire repart.

Sandwiches

« À l'évidence, on laisse pourrir la situation. Des sandwiches ont été prévus pour les élus. On ne partira pas. On attendra qu'ils reviennent », annonce Sylvie Geffré.« Jean-François, Jean -François », scandent les agents en tapant du pied.Et il revient. Trente minutes plus tard. La tension est énorme. Sylvie Geffré veut reprendre la parole alors que Jean-François Fountaine s'apprête lui-même à faire une déclaration. « Madame, ne m'interrompez pas, lance-t-il, visiblement excédé. Laissez-moi m'exprimer. » Il obtient le silence et annonce : « On doit se rencontrer le 15 octobre pour négocier, mais je vais recevoir une délégation syndicale avec quelques élus, maintenant. » Il rappelle - était-ce bien adroit ? - que tous les syndicats ne sont pas là (1). « Vendus, vendus », entend-on. Toujours des hurlements. Devant Jean-François Fountaine. Derrière également. « Crier dans le dos de quelqu'un montre son absence de courage », réagit-il.

Nouveaux cafouillages

Bref, Sylvie Geffré (Sud) et Carine Dufour (CGT) partent discuter avec deux ou trois autres personnes. L'élue EELV (Europe Écologie Les Verts) Brigitte Desveaux demande à des élus de l'opposition de rejoindre ceux de la majorité autour de la table de discussion. Bruno Léal (Les Républicains) et Anne-Laure Jaumouillié (PS) s'avancent donc. Mais au dernier moment, Jean-François Fountaine leur dit clairement qu'il ne souhaite pas leur présence. « On vient nous chercher et après il nous vire », s'étonne Bruno Léal. De longues minutes encore s'écoulent. On aperçoit un conseiller municipal avec son sandwich.

Réunion cette semaine

Et puis enfin, tout le monde est de retour. Jean-François Fountaine explique que la délégation lui a fait part de l'inquiétude des agents et de la date trop tardive (15 octobre) des premières négociations. « Donc, je recevrai tous les syndicats avant la fin de la semaine, conclut-il. On engagera plusieurs débats. »Peut-être aurait-il dû les recevoir dès le début. Tout le monde aurait gagné deux heures. Le Conseil municipal a débuté à 20 heures.(1) FO et la CFDT n'ont pas appelé à manifester. Mais ces syndicats demandent eux aussi à Jean-François Fountaine d'apporter rapidement des précisions. Et de discuter.Cantine : hic sur les tarifsNoyés dans la masse des agents territoriaux, les parents d’élèves qui s’étaient glissés dans la salle de l’Oratoire sont, hier soir, longtemps passés inaperçus. Mais lorsque Janick Cerfontaine a ouvert le Conseil municipal en dressant le bilan des TAP (Temps d’activités périscolaires), la présence silencieuse de Franck Bondi et David Trichet a interpellé les conseillers. À la tête d’un Comité d’information et de défense des parents d’élèves de Bongraine, les deux hommes ont debout, pancarte en main, fait face à l’adjointe à la vie scolaire. Celle-ci a lu un bilan dont les deux groupes d’opposition, par les voix d’Anne-Laure Jaumouillié et Bruno Léal, se sont plaints de ne pas avoir eu la copie écrite et « la possibilité de l’étudier avant le Conseil municipal ».Bruno Léal s’est étonné que Janick Cerfontaine soit « globalement satisfaite » de ce bilan des TAP. « De nombreux parents d’élèves dénoncent d’importants dysfonctionnements », a pointé le conseiller d’opposition avant de formuler trois reproches à la municipalité : « l’opacité quant à l’organisation de ces temps pédagogiques », « l’organisation des rythmes de la journée des enfants qui n’est pas facilitée par la circulation dans notre centre-ville » et « l’augmentation exorbitante des tarifs de la cantine scolaire ».Sur ce dernier point, le maire Jean-François Fountaine a défendu une réforme qu’il a qualifiée de « juste » : « 23 % des parents paient 10 centimes par repas, 70 % paient 4 euros par repas et le reste des parent paient davantage parce qu’ils en ont les moyens. »Bruno Léal a néanmoins évoqué deux hypothèses concernant la restauration scolaire : une mutualisation au niveau de l’agglo et l’étude de l’intérêt d’une externalisation. Les deux ont été écartées par Jean-François Fountaine.Luc Bourriannehttp://www.sudouest.fr/2015/09/29/climat-survolte-meme-agressifanne-laure-jaumouillie-stupefaite-le-service-public-doit-etre-renove-2138140-1391.php

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