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La sélection de la semaine : Kodhja, Alcibiade, Killoffer tel qu’en lui même enfin, Au revoir là-haut, Carnet de santé foireuse, Violette autour du monde, Le chat fait des petits, Gainsbourg, Alyssa, Karl’s secrets, Dofus, L’accessoiriste, Batgirl, Onl...

Par Casedepart @_NicolasAlbert

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Carnet de santé foireuse, de Pozla (Delcourt)

Pour ce deuxième samedi du mois d’octobre, Case Départ vous propose une petite sélection.  En vous ouvrant sa bibliothèque, le blog met en lumière de très bonnes bandes dessinées. Nous passons au crible, les albums suivants : un merveilleux album pour enfants signé Scotto et Lejonc : Kodhja, Alcibiade : une formidable quête initiatique pour jeunes lecteurs de Rémi Farnos, Killoffer tel qu’en lui même enfin, l’adaptation en bande dessinée du roman Au revoir là-haut, Pozla raconte sa maladie chronique dans Carnet de santé foireuse, la troisième aventure de Violette autour du monde, Philippe Geluck dévoile Le chat fait des petits, une autobiographie de Gainsbourg aux éditions Jungle, un nouveau tome de la série jeunesse Alyssa, Karl’s secrets : un album amusant sur le célèbre créateur Lagerfeld, une édition anniversaire de Dofus, L’accessoiriste : un suspens autour du cinéma, le premier volume du comics Batgirl, Only One : un yaoi pour adultes et un album pour public averti : Suite 121. Bonnes lectures.

Kodhja

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Un jeune garçon se rend à Kodhja pour y rencontrer le Roi et ainsi lui poser toutes les questions sur son existence. Entre quête initiatique et fantastique, Régis Lejonc sur un scénario de Thomas Scotto, propose Kodhja un formidable album jeunesse publié par les éditions Thierry Magnier.
Résumé de l’éditeur :
Un jeune garçon s’introduit dans la mystérieuse cité de Kodhja pour y rencontrer le Roi qui, seul, saura répondre à ses questions et apaiser ses doutes. Au fil du labyrinthe de cette ville mouvante et inquiétante, guidé par un enfant malicieux et un brin narquois, il affronte ses peurs, ses colères, ses souvenirs d’enfant et revisite les lieux et émotions qui l’ont construit. Quand arrive le moment tant attendu mais aussi redouté de rencontrer le Roi, le jeune garçon devenu jeune homme décline son invitation à rester dans le royaume retrouvé de l’enfance.

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Kodhja, quel album ! Voilà un petit bijou graphique et scénaristique à la hauteur de nos attentes et du résumé proposé par l’éditeur Thierry Magnier. Pour leur premier travail en commun, Thomas Scotto et Régis Lejonc nous invitent à un merveilleux voyage entre réalité et onirisme, entre fantastique et poésie, entre enfance et âge adulte. Tout plaît !

Le récit de Thomas Scotto fascine, intrigue et envoûte. Pour bercer le jeune lecteur (à partir de 9 ans), il met en scène un jeune garçon, timide, curieux mais qui se cherche. Se posant un nombre important de questions, il décide d’aller quérir ces réponses auprès du Roi de la cité mystérieuse de Kodhja. Au milieu du désert, un château impressionnant se dresse devant l’enfant. Après avoir franchi la porte majestueuse, il croise la route d’un tout petit garçon au masque de chat qui va lui servir de guide à travers les ruelles jusqu’au souverain.

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La grande intelligence du scénario repose sur des personnages mystérieux, intrigants mais ô combien attachants. Si le jeune garçon chemine et se cherche, son compagnon de voyage surprend : il le mène, le fait grimper, chercher, croiser d’autres personnages, mais se transforme. En effet, son allure vestimentaire et ses masques changent : en chat, en oiseau, en singe, en chien ou encore en serpent. Pourquoi ? Le fait est que cela ne perturbe en rien le héros de l’ouvrage.

Le romancier, auteur pour enfants (Juste une étincelle, Nathan ou Le grand écart avec Lucie Albon, Le diplodocus), Thomas Scotto fait de Kodhja un personnage à part entière. En situant cette ville au milieu de nulle part, il en fait un lieu surprenant et mystérieux. Gigantesque, il opprime ses habitants. Ses escaliers immenses, ses labyrinthes, sa fontaine majestueuse, ses panneaux directionnels, son jardin ou la tour décapitée du roi, tout fascine. Comme la Tour de Babel ou le château vivant de Ragemoor (Richard Corben, Label Delirium), le lecteur a l’impression qu’il change au fur et à mesure du trajet de l’enfant.

Cette belle quête initiatique, qui permet au héros de grandir, de repousser ses peurs et ses angoisses, sera idéale pour les plus jeunes, qui peuvent aussi s’identifier à lui, à travers le même questionnement. Et de comprendre qu’il faut s’accepter tel que l’on est pour réussir sa vie. De plus, les dialogues comme les récitatifs sont ciselés, maîtrisés et d’une grande intelligence.

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La magie et la poésie sont aussi visible à travers une partie graphique de haute volée. Reconnu par les albums Kid Korrigan (avec Corbeyran, Delcourt) et La carotte aux étoiles (Riff Reb’s, La gouttière), le lecteur découvre tout le talent de ce dessinateur original et singulier. Son découpage fait de grandes cases lui permet de mettre de l’émotion dans les visages des personnages (les différents regards du garçon sont d’une immense justesse, entre étonnement, peur et émerveillement). Les escaliers sans fin à la Penrose ou les fenêtres troglodytes renfermant des personnages de notre enfance (Goldorak, De Funès, Prévert, ET, Casimir ou les Schtroumpfs) sont d’une grande maîtrise graphique. Les très belles couleurs finissent par nous convaincre de la qualité de cet ouvrage.

  • Kodhja
  • Scénariste : Thomas Scotto
  • Dessinateur : Régis Lejonc
  • Editeur: Thierry Magnier
  • Prix: 20€
  • Sortie: 07 octobre 2015

Alcibiade

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Le jeune Alcibiade veut trouver la solution à son questionnement : Quel sera son avenir ? Pour cela, il décide d’aller voir le Grand Prophète. Cette très belle quête initiatique est à lire dans Alcibiade, un formidable album jeunesse de Rémi Farnos aux éditions La joie de lire.
Résumé de l’éditeur :
En des temps reculés, un beau matin, le petit Alcibiade quitte son village d’un pas décidé et part vers l’Est à la recherche du Grand Prophète. Il veut connaître son destin… Au cours de son périple, il fera la connaissance d’Assatour, le condor, qui deviendra son fidèle ami, et d’Akim le forgeron, qui lui vendra une armure qui grandit avec son propriétaire. Il traversera la terrible chaîne de montagnes des Lapages, sera pris dans une tempête de neige, se perdra dans un labyrinthe, combattra le minotaure… et finalement deviendra un homme.

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A travers Alcibiade, Rémi Farnos propose une très belle fable initiatique, construite comme un mythe grec antique. Comme dans les textes d’Homère, l’histoire repose sur une belle personnalité ; ici, Alcibiade, un jeune garçon téméraire et brave qui quitte son petit village afin de connaître son destin. Pendant son long voyage, le petit garçon va croiser de nombreux personnages et créatures mythologiques (le protecteur de la forêt, Assatour le vautour, Akim le fils du forgeron – est-ce un clin d’oeil à la chanson de Manau La tribu de Dana ? et même encore le minotaure). D’ailleurs, le volatile le suivra dans toutes ses aventures puisque le jeune garçon l’aidera à trouver à manger.

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Toutes ses rencontres permettent à Alcibiade de répondre à ses questions, aider son prochain, vaincre quelques adversaires, réfléchir et ainsi grandir. Teinté d’un bel humour à travers des dialogues savoureux et des situations originales, ce très beau conte ravira les plus jeunes et parlera aussi aux plus âgés.

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Si le scénario enchante le lecteur, le gros point fort réside dans la partie graphique de très haute volée. L’album est fondé sur des trouvailles graphiques intelligentes : un découpage en gaufrier de 9 à 20 cases, des illustrations qui débordent sur plusieurs vignettes qui forment un unique dessin; la lecture classique de gauche à droite et de haut en bas est bousculée par le cheminement du personnage principal. Tout cela donne un rythme à la fois rapide mais aussi appel à la méditation. Le trait minimaliste du talentueux auteur convient parfaitement à cette histoire à la fois minimaliste et grande dans son questionnement.

A offrir à votre enfant, cousin, neveu à partir de 8 ans !

  • Alcibiade
  • Auteur:  Rémi Farnos
  • Editeur: La Joie de Lire, collection Somnambule
  • Prix: 10€
  • Parution: août 2015

Killoffer tel qu’en lui même enfin

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Prépublié dans les pages de la revue Le tigre entre 2010 et 2015, Killoffer tel qu’en lui-même enfin est un album inclassable comme son auteur. Patrice Killoffer a décidé de se dévoiler un peu dans cet album de 112 pages : on le retrouve tour à tour prof, artiste peintre, dessinateur, séducteur, assoiffé d’alcool ou de nouveautés, mais aussi au bord d’une drôle de dépression.

Résumé de l’éditeur :
Pour Killoffer, ce n’est pas tous les jours facile d’être Killoffer. Il faut pouvoir assumer, se construire un personnage et surtout briller en société. Bref, « faire Artiste ». C’est pour cela que Killoffer se donne de grands airs. Mais voilà, Killoffer a beau être un génie des temps modernes, il n’en reste pas moins un être humain comme les autres. Il mange, il pleure, il boit, il chie et tout le reste aussi… Killoffer a également des peines, des tourments et des questionnements. Autocentré et désinvolte, vous apprendrez à l’aimer ou à le détester. Plus qu’un recueil des planches mensuelles parues dans la revue Le Tigre, Tel qu’en lui même enfin est une plongée dans la psyché, ô combien compliquée de l’auteur. À noter que la moindre anecdote relatée aurait été vécue par l’intéressé. Que demander de plus à ce virtuose de la ligne noire ? On ne le présente plus, Killoffer est exposé en galerie, Killoffer est un illustrateur de renom, Killoffer est membre de l’Oubapo, Killoffer est un des fondateurs de L’Asso. KILLOFFER, sait tout faire !

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Killoffer est un étrange auteur de bande dessinée. On peut plutôt dire que c’est un artiste avec un grand A. Il est l’un des fondateurs de la maison d’édition L’Association aux débuts des années 90, auteur d’une trentaine d’albums (Killoffer en la matière, 1992 à En Killoffer en 2015, en passant par le tome 9 de Donjon Monster ou Le rock et si je ne m’abuse le roll), il participe aussi aux revues Lapin ou Le Tigre ; est professeur, éditorialiste et est membre de l’OUBAPO (Ouvroir de la bande dessinée potentielle). Cet auteur protéiforme et inclassable, attire de nombreux lecteurs dans ses publications tellement originales.

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Dans Killoffer tel qu’en lui-même enfin, il se raconte, se dévoile et ne cache pas grand-chose à ses lecteurs. Cette autobiographie est à la fois sensible et dure ! En effet, il ne s’épargne rien et est même d’une grande dureté avec lui-même. Empli d’un humour noir et ravageur, l’album très drôle mise avant tout sur une très grande auto-dérision. Toujours en retard, il n’y arrive ni dans la livraison de son travail, ni dans ses relations sentimentales.

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Quant à son trait en noir et blanc, il est d’une grande force graphique. En huit cases, sous forme de gaufrier, il a l’art de nous faire comprendre son quotidien, faisant de la dernière vignette, un moment fort et amusant. Ce grande maîtrise du découpage est couplée de grandes illustrations pleine page (à gauche) merveilleuses.

  • Killoffer tel qu’en lui même enfin
  • Auteur: Killoffer
  • Editeur: L’Association
  • Prix: 32€
  • Parution: août 2015

Au revoir là-haut

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En 2013, Pierre Lemaître publiait son roman Au revoir là-haut (Albin Michel), lauréat du Prix Goncourt la même année. Le romancier a décidé d’adapter son texte en bande dessiné sous le même titre et en confiant la partie graphique à Christian De Metter.
Résumé de l’éditeur :
1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs.

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Au revoir là-haut est une belle fresque historique forte et dérangeante. Fort de son succès en librairie, Pierre Lemaître l’adapte en dessin. Son récit sous-tension pose de nombreuses questions : Que faire des gueules cassées après la guerre ? Comment les réintégrer dans une société dévastée ? Que faire lorsque l’on a une dette envers quelqu’un ? Qu’est-ce que le blues du soldat ? D’autres thématiques contemporaines très intéressantes et bien amenées sont sous-entendues dans l’album : l’homosexualité, une arnaque de grande envergure.

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Pour incarner son histoire, le romancier met en scène deux hommes quasi laissés pour compte dans une société post-guerre : Edouard et Albert, frères d’armes et amis pour la vie. Le premier a sauvé la vie du second alors enterré vivant. Mais ce dernier a payé sa bravoure d’une balle dans la mâchoire, arrachée. Défiguré, il ne souhaite pas revenir à la vie, revenir vers les siens, tant ses douleurs physiques et morales sont fortes. Ne pouvant plus parler, il veut changer de vie. Edouard trouve une solution en le faisant disparaître. Une nouvelle vie commence.

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Si la partie scénaristique est très bonne, la partie graphique de Christian de Metter est à sa hauteur. L’auteur de Shetter Island (Dennis Lehane, Casterman) apporte à la fois toute l’horreur de la guerre, de la défiguration de son personnage mais aussi de la poésie et de la fraîcheur dans leur nouvelle vie. Grâce à un trait d’une grande force, il arrive à faire passer toutes les gammes d’émotions.

  • Au revoir là-haut
  • Scénariste : Pierre Lemaître
  • Dessinateur : Christian De Metter
  • Editeur: Rue de Sèvres
  • Prix: 22.50€
  • Sortie: 07 octobre 2015

Carnet de santé foireuse

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Avoir une maladie chronique gène le quotidien de nombreuses personnes dans le monde. Depuis une dizaine d’années, Pozla souffre de maux de ventre. Le diagnostique est sans appel : maladie de Crohn. Il raconte son année de galère dans Carnet de santé foireuse, entre opération, hôpital, rétablissement et rechute.
Résumé de l’éditeur :
Pozla nous invite à nous plonger dans le témoignage brut d’une épreuve de vie, où le dessin, puissant analgésique, apporte un discours qui dépasse le verbal et où chacun peut retrouver ou entrevoir l’impact de la maladie sur le corps, la psyché, la vie. Une BD hybride et très personnelle, traitant de la maladie au quotidien, de ses absurdités et de son humanité, le tout saupoudré d’humour et d’autodérision.

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Rémi Zaarour dit Pozla est un jeune auteur né en 1982. Réalisateur et/ou animateur (Lascars, Le chat du rabbin, Ernest et Célestine), il fut formé à l’Ecole des Gobelins, spécialisée dans les films d’animation. Après une dizaine d’années à souffrir de maux de ventre sans vraiment savoir pourquoi, il lui est diagnostiqué la maladie de Crohn (inflammation sévère de la paroi de l’intestin grêle). Entre spasmes violents, diarrhées et nausées, son quotidien n’est que galères.

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L’arrivée de Billie, sa petite fille l’apaise et le comble de joie, ainsi que l’amour de Maé, une jeune femme compréhensive et douce. Pourtant son chemin de croix ne fait que commencer : l’hôpital, une chambre double, une opération où on lui enlève 80 cm de colon, la morphine, la sonde urinaire, la poche à caca, le mal terrible après l’opération, les infirmières ; tout est décrit, sans rien épargner aux lecteurs.

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Tel un bon film à suspens, le récit est à la fois sombre et dur mais aussi empli d’humour et d’autodérision. A travers les 368 pages de ce bel album à l’italienne, il met en scène avec une précision de métronome, ses angoisses, ses peurs, ses doutes et son mal-être. Certaines illustrations ont même été dessinées à l’hôpital. Il souligne d’ailleurs avec force ce que son carnet représentait lors de son hospitalisation : « Figure-toi que ce carnet est un puissant antalgique. Il a le pouvoir d’absorber mes souffrances, de distordre le temps, d’effacer mon corps, de ma transposer ».

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En plus de son statut de malade, l’auteur nous parle de la vision des autres vis-à-vis de la maladie et du retour au quotidien : « La réinsertion, retrouver son statut de citoyen ordinaire, reprendre le travail, une vie sociale, se fondre dans la masse ». Un sentiment vécu par de nombreuses personnes (en rémission de cancer, en hospitalisation longue…).

Si le service gastro de l’hôpital Beaujon a beaucoup compté dans son rétablissement, son ouvrage achève son rétablissement. Son trait en noir et blanc est vif et jeté, montre l’extérieur comme l’intérieur du corps, met en lumière les émotions qu’il a vécu. Parfois proche du dessin de Franquin dans Idées Noires, son trait apporte aussi la fraîcheur nécessaire pour prendre du recul.

  • Carnet de santé foireuse
  • Auteur: Pozla
  • Editeur: Delcourt
  • Prix: 34.95€
  • Parution: 09 septembre 2015

Violette autour du monde

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En juin, Teresa Radice et Stefano Turconi publiaient simultanément les deux premiers tomes de Violette autour du monde, une belle série jeunesse Dargaud mettant en scène une jeune adolescente vivant dans un petit cirque à la fin du 19e siècle. Une nouvelle aventure intitulée En route par l’Himalaya faisant voyager toute la petite troupe de circassiens dans les contreforts de la chaîne de montagne entre Tibet et Chine, un dernier voyage pour le grande-père de Violette.
Résumé de l’éditeur :
La nouvelle serie jeunesse pour les 8-12 ans : un cirque, de l’humour, une heroine intrepide et de nombreux voyages ! Bienvenue dans le monde merveilleux du Cirque de la lune ! Votre guide ? L’astucieuse Violette, fille d’une femme-canon et d’un dompteur d’insectes. Cette gamine au grand coeur vous entraine dans ses peregrinations. De Paris au sommet de l’Himalaya en passant par les grandes plaines americaines, decouvrez ceux qui font vibrer notre heroine aux cheveux d’ange : Henri de Toulouse-Lautrec, Antonin Dvorak et bien d’autres ! Decouvrez le troisieme et dernier tome des aventures de Violette a travers les voyages du Cirque de la Lune !

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Si les deux premiers très bons volumes jouaient avant tout sur l’aventure et les rencontres avec des personnalités ayant existé (Dvorak et Toulouse-Lautrec), ce nouvel opus ressemble plus à une très belle quête initiatique pour Violette. Alors que les deux précédentes publications nous avaient enchanté, celle-ci est la plus réussie. Papi Tenzin se meurt, le vieil homme  à la grande sagesse ne se lève plus et n’aspire qu’à son repos éternel. Arsène, l’oncle de Violette et propriétaire du Cirque de la Lune propose un voyage vers l’Himalaya, terre des ancêtres qui a vu naître le grande-père.

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Tout le petit monde se prépare donc à un long et périlleux voyage vers les cimes enneigées du Toit du Monde. Violette va grandir pendant ce périple apprenant le passé de ses parents, leur rencontre ou encore l’arrivée de Papi Tenzin dans le cirque. Le voyage vers les racines du vieux sage correspond donc à la construction identitaire et personnelle de la jeune adolescente. Le lecteur découvre aussi la rencontre de Samir et Fatima à Damas.

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L’émotion rythme ce récit d’une belle sensibilité signé Teresa Radice apportant un très beau souffle à la série. Cet album central de l’univers de Violette est toujours accompagné d’un bel humour qui permet de beaux espaces de respiration dans cette quête initiatique forte et poétique. Comme pour les deux précédents volumes, Stefano Turconi utilise à merveille son trait agréable à l’œil, idéal pour cette histoire.

Violette autour du monde : une très belle série jeunesse à découvrir !

  • Violette autour du monde, tome 3 : En route pour l’Himalaya
  • Scénariste : Teresa Radice
  • Dessinateur : Stefano Turconi
  • Editeur: Dargaud
  • Prix: 9.99€
  • Parution: 04 septembre 2015

Le chat fait des petits

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Philippe Geluck frappe encore ! Le chat fait des petits est le vingtième tome de sa série fétiche, sous la forme d’un coffret comprenant 3 mini-albums : Les desseins du chat, Prêchi-prêchat et Le scrabble du dimanche, aux éditions Casterman.
Résumé de l’éditeur :
Trois albums, oui, vous avez bien entendu  » trois !  » dans un séduisant coffret (mais où s’arrêtera-t-il ?). Chaque volume est particulier: Les desseins du Chat, ce sont des dessins du Chat, des gravures détournées, des illustrations féroces sur notre société; le scrabble du dimanche est une sorte de journal intime dans lequel l’auteur, à travers 72 croquis à la mine de plomb, révèle comment Madame Geluck le supplie (ou l’oblige) de faire avec elle des parties de scrabble tous les dimanches; et enfin, Prêchi-Prêchat qui regroupe une série impressionnante et toujours renouvelée (mais où va-t-il les chercher?) de strips en 3 cases.

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Alors que Le chat ne paraît plus dans les quotidiens belges et français, Philippe Geluck continue néanmoins de publier sa série fétiche. Comme pour la précédente publication, Le chat passe à table, ce 20e opus est à découvrir sous la forme d’un coffret de 3 mini-albums :

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- Le scrabble du dimanche. Album un peu à part de ce coffret, met en scène l’auteur et Dany, sa femme, le dimanche autour du fameux jeu de lettres. Pour cela, il propose des illustrations pleine page où le pauvre dessinateur est traqué de multiples façons pour jouer avec sa femme. Astucieusement, il trouve de nombreuses parades afin d’éviter ce sempiternel moment dominical. S’il est amusant, l’album n’est pas le plus réussi des trois.

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- Les desseins du chat & Prêchi-prêchat. Ces deux mini-recueils sont plus traditionnels et mettent en scène le fameux personnages de Geluck mais aussi ses pensées à l’anglaise (le non-sense) ainsi que les détournements de gravures. Comme à chaque fois, le lecteur est surpris, amusé et interrogatif : en effet, souvent, les pensées félines ont un fond recherché, intelligent et questionne ainsi le lectorat.

  • Le chat tome 20 : Le chat fait des petits
  • Auteur : Philippe Geluck
  • Editeur: Casterman
  • Prix: 17.95€
  • Parution: 07 octobre 2015

Gainsbourg

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Décédé en 1991, Serge Gainsbourg demeure l’un des artistes français majeurs du 20e siècle. Très apprécié pour ses compositions, il fascinait par son immense talent mais aussi ses frasques nombreuses. François Dimberton, accompagné au dessin par Alexis Chabert, propose une biographie dessinée entre Ginsburg, Gainsbourg et Gainsbarre.
Résumé de l’éditeur :
Fils d’émigrés russes, Serge Gainsbourg a révolutionné la variété française des années soixante dix. Son approche volontairement commerciale née de son propre échec dans la chanson à texte a bouleversé les codes de la chanson populaire. Cette rage de gagner sa place dans un domaine qui n’était pas le sien lui aura brûlé les ailes aussi sûrement qu’il nous aura donné des chefs d’œuvres. Immense poète noyant dans l’alcool ses rêves d’enfance, Serge Gainsbourg fait partie de ces hommes qui nous rappellent que l’ambiguïté des sentiments est sans issue.

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Quoi de plus délicat que la biographie en bande dessinée ; surtout si le projet ne se développe qu’en un tome. Alors que Gainsbourg a vécu plusieurs vies, quoi de plus compliqué de les faire tenir en 80 pages. Comme pour ses précédentes publications (Coluche avec Torregossa ou Johnny avec Jean-Claude Bauer) chez Jungle, François Dimberton s’attache avant tout aux moments importants de l’existence de ce fils d’immigrés juifs russes, étant obligé à certaines ellipses pour ne pas perdre le lecteur.

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De la famille Ginsburg à sa gloire musicale sous le pseudo de Gainsbourg, rien n’est oublié, ni même ses excès qui le feront aussi connaître en tant que Gainsbarre. Le jeune homme qui se rêvait en grand peintre et qui débarque à Paris en 1949, ne connaîtra le succès non pas par l’exercice pictural mais dans la musique, et seulement dans les années 60. Avec sa première épouse Lise, il squattera même chez Dali, divorcera en 1957 et sera la coqueluche des interprètes de Saint-Germain des Près (Michelle Arnaud ou Juliette Gréco), tous lui demandent d’écrire pour eux. Il n’obtiendra la reconnaissance en tant que chanteur que bien plus tard. Du concours victorieux de l’Eurovision remporté par France Gall en 1965 (Poupée de cire, poupée de son) à Petula Clark (La gadoue), en passant par Brigitte Bardot (Bonnie & Clide, Comic strip, Harley Davidson…) ou Vanessa Paradis (Tandem), il savait magnifier les chanteuses. Ajouter à cela ses deux épouses, Jane Birkin et Bamboo, et le lecteur peut retrouver toutes les facettes du compositeur.

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De son addiction à l’alcool et aux cigarettes, tout y est. D’ailleurs, au fond, le lecteur n’est pas surpris, il n’y a pas de grandes découvertes ni de nouveautés dans cet album. Il faut dire que la vie de Gainsbourg fut de multiples fois décryptée et scrutée dans des magazines ou documentaires. Voilà donc le bémol à cette biographie : rien de neuf, pas de zones méconnues dévoilées. Reste le très beau dessin d’Alexis Chabert. Le dessinateur que nous avions découvert dans l’excellent roman graphique La faute une vie en Corée du Nord (avec Michaël Sztanke) propose de belles planches, dont quelques unes sont oniriques. Son découpage avec de grandes vignettes permet de ressentir les émotions de Gainsbourg.

  • Gainsbourg
  • Scénariste : François Dimberton
  • Dessinateur : Alexis Chabert
  • Editeur: Jungle
  • Prix: 14.95€
  • Parution: 30 septembre 2015

Alyssa

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Après un premier volume plutôt réussi et qui nous avait plu, Isabelle Bauthian et Rebecca Morse reviennent avec un troisième volume d’Alyssa, une belle série jeunesse Soleil, mettant en scène une petite fille au quotient intellectuel de 160 qui essaie de vivre le plus simplement du monde au collège au milieu des autres élèves en cachant sa précocité.

Résumé de l’éditeur :
Combien de temps peut-on prétendre être quelqu’un d’autre ? Alyssa continue de cacher son Q.I de 160, mais un voyage à Londres pourrait bien faire tomber les masques… Alyssa, intello infiltrée auprès de collégiennes fans de shopping, se faisait à sa nouvelle vie. Mais l’arrivée de Damien a changé la donne. Doit-elle continuer à mentir ? Entre drôles de quiproquos et vrais dilemmes moraux, Alyssa doit choisir. Il est peut-être temps de se montrer telle qu’elle est réellement. Un voyage de classe en Angleterre : c’est l’occasion !

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Malgré ses deux ans d’avance sur ses camarades de classe, Alyssa ne souhaite pas dévoiler son secret : c’est un petit génie de 160 de QI. Alors que dans le premier volume, elle se sentait trop seule et voulait absolument se faire des amies, dans ce troisième opus, son secret risque d’être découvert. Le voyage scolaire à Londres permet de redonner un souffle à cette petite série jeunesse plutôt sympathique. En effet, 3 albums en un an et demi, il est délicat de faire rire si on ne se renouvelle pas. Comment faire sourire les jeunes lecteurs avec une petite fille surdouée ? En la confrontant à la vraie vie, avec d’autres adolescentes et même avec l’amour. D’ailleurs, les situations cocasses et le décalage fonctionnent plutôt bien.

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Le trait soigné de Rebecca Morse est toujours aussi efficace. Les belles planches de l’auteure de Yessika Voyance (avec la même scénariste, Drugstore) sont équilibrées et son découpage dynamique.

  • Alyssa, tome 3 : La théorie de l’attraction
  • Scénariste : Isabelle Bauthian
  • Dessinatrice : Rebecca Morse
  • Editeur: Soleil
  • Prix: 10.95€
  • Sortie: 23 septembre 2015

Karl’s secrets

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Après un blog Le meilleur des mondes possibles, des illustrations pour la presse, une collection de tee-shirts et de foulards, un deuxième livre publié Tout va pour le mieux (Delcourt, 2014), Tiffany Cooper ne savait plus ce qu’elle voulait faire. Celle qui voue un culte à Karl Lagerfeld décide alors de publier un livre avec l’aval du créateur de mode, Karl’s secrets (éditions Marabout).
Résumé de l’éditeur :
Tiffany Cooper, illustratrice fétiche de Karl Lagerfeld, livre tous les secrets et anecdotes de la vie du fameux créateur : car sous son costume rigide, ses lunettes noires et son attitude stricte, se cache un homme sympathique et touchant, bourré d’humour et… tout simplement humain.

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Se mettant en scène auprès de Karl Lagerfeld, Tiffany Cooper livre un petit ouvrage très drôle, entre humour noir et autodérision. Celle qui est la dessinatrice fétiche du créateur de mode a réussi le tour de force de lui faire accepter de créer un album de bande dessinée. Alors qu’il a une image froide et psycho-rigide, il fait preuve de beaucoup d’humour sur lui-même.

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A la fois fondé sur des moments vrais de son existence et des inventions de sa part, Karl’s secrets met en lumière la vie de Lagerfeld, de sa naissance à sa gloire dans le monde de la mode, en passant par sa mère excédée, son régime ou son nouvel animal de compagnie, Choupette. Il faut souligner que si l’ouvrage est amusant, c’est surtout par le décalage que Tiffany Cooper y imprime. Même lors de son enfance, le petit Karl ressemble à celui d’aujourd’hui (costume et lunettes noires, catogan). Son trait simple permet une grande lisibilité. Son découpage fait de grande vignettes sans cadre (maximum deux par page) met en lumière les émotions et les excès du célèbre créateur.

  • Karl’s secrets
  • Auteure: Tiffany Cooper
  • Editeur: Marabout, collection Marabulles
  • Prix: 17.90€
  • Parution: 09 septembre 2015

Dofus, édition double

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Pour fêter les 10 ans d’existence de leur série phare Dofus, les éditions Ankama proposent une nouvelle édition en volume double des tomes 1 & 2 de Dofus : Le péril gelées et La passion du Crail. Signé Tot, Mojo, Crounchann et Ancestral Z, ce manfra (manga à la française) est une véritable réussite. Pour ce numéro collector, Ancestral Z s’est fait un petit plaisir : redessiner une bonne partie des planches.
Résumé de l’éditeur :
S’il vous fallait une raison supplémentaire pour (re)découvrir la série DOFUS Manga, sachez que l’édition double débarque dans les librairies ! L’occasion pour Ankama de fêter les 10 ans de la série avec des planches revues et corrigées, des pages couleurs inédites et en prime, une nouvelle carte pour le jeu Dofus et le jeu en ligne Krosmaster !

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La série manga Dofus est basée tout d’abord sur le jeu en ligne massivement multijoueur développé par Ankama Games. Sortie en 1er septembre 2004, il est le fruit du travail des concepteurs Anthony Roux (alias Tot), Camille Chafer et Emmanuel Darras. Forte de son succès dans le jeu vidéo, la série est déclinée ensuite en manfra en décembre 2005, sous la plume de Tot, Ancestral Z et Mojojo. La folie s’empare aussi des fans et 1 300 000 exemplaires sont vendus.

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L’histoire met en scène Arty, un jeune berger féca gardant des Bouftous (drôles de moutons dévorant tout sur leur passage), qui vit avec Crail, son grand-père, un puissant guerrier. Un soir, Vil Smisse, son ancien disciple, débarque chez eux pour en découdre avec le vieil homme. Après un combat épique, Crail catapulte son petit-fils vers la forêt de Katrepat. Séparé de son grand-père, il va essayer de le retrouver. Mais son chemin va être semé d’embûches et de rencontres improbables : son ennemi Djaul ou encore son futur ami Vlad.

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Bonus nombreux, pages retravaillées par Ancestral Z, cette nouvelle mouture de Dofus compte ravir les nombreux amateurs de cet univers déjantés et capter de nouveaux lecteurs. Il faut souligner que Tot a mis tout ce qu’il aime pour en faire un manga parodique : combats, personnages décalés, situations cocasses, dialogues ciselés, jeux de mots à gogo et humour dévastateur. Construit comme un jeu vidéo notamment avec des fiches de personnages (ici : ultra secrètes d’Anatole Boo), le héros navigue dans des univers différents tels des niveaux ou fait des rencontres singulières (Sangroku ressemblant étrangement à Sangoku de Dragon Ball) ; le tout sur un rythme d’enfer ! Ajouter à cela, une partie graphique décalée de Crounchann et Ancestral Z et l’on obtient un petit bijou de manga !

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  • Dofus, édition double, tomes 1 et 2 : Le péril gelées et La passion du Crail
  • Scénariste : Tot
  • Dessinateurs : Mojojo, Ancestral Z et Crounchann
  • Editeur: Ankama
  • Prix: 9.95€
  • Sortie: 25 septembre 2015

L’accessoiriste

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Louis Krell, ancien accessoiriste de cinéma, est devenu en une trentaine d’années, un riche producteur à Hollywood. Une jeune femme, Héloïse, se fait embaucher chez cet étonnant homme d’affaires. Qui est-il ? Comment est-il devenu si riche ? Edité par Mosquito, L’accessoiriste de François Deflandre est un album entre polar et drame.
Résumé de l’éditeur :
Héloïse se fait embaucher comme femme de chambre chez un magnat du cinéma : Louis Krell. Ce richissime producteur d’Hollywood est connu pour sa collection colossale de costumes et de décors cinématographiques. Elle veut comprendre comment un modeste accessoiriste a franchi tous les échelons jusqu’aux sommets, jusqu’à devenir ce nanti mégalomane. Son manoir est un vrai musée du cinéma. Notre héroïne y navigue dans un monde d’illusions truffé de références cinématographiques, de Citizen Kane à Goldfinger en passant par Vertigo, Shining, les visiteurs du soir… Les nuits d’Héloïse sont peuplées de rêves mêlant scènes et personnages de cinéma avec le quotidien du manoir. Serait-elle manipulé par Citizen K ? Pourquoi les deux sœurs jumelles deviennent-elles son obsession ? Et surtout, comment Krell a-t-il fait fortune ?

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Le récit de François Deflandre est surprenant et intrigant. Dans son approche narrative comme dans son histoire, ses dialogues et son découpage, l’auteur désarçonne son lectorat. Après les albums Puzzle gothique et Le cercle des spectres, il met en scène Héloïse, passionnée de cinéma qui devient femme de chambre de Luis Krull, un magnat à Hollywood. Dans son immense demeure de Krelland, elle y découvre toutes les richesses cinématographiques qu’il a accumulé en trente années. De tous ses amas, il en a fait les décors de sa grande maison. Fascinée par tant de réussite et d’accessoires, elle découvre au fur et à mesure, la façon dont l’homme est passé de simple accessoiriste en France à producteur à Hollywood. Malgré les menaces, elle décide de comprendre les zones d’ombre au risque de perdre la vie.

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Même s’il change le nom des films, tout de suite le lecteur fait le lien avec les fameuses scènes : des Visiteurs du soir (Marcel Carné) à Vertigo (Alfred Hitchcock) en passant par Fantômas (André Hunebelle) ou Roma (Federico Fellini), il fait un vingtaine de clins d’œil et hommages au monde du 7e art. Le suspens de l’album est aussi à mettre au crédit de la partie graphique de François Deflandre. Son trait ligne claire est avant tout fascinant et déstabilisant.

  • L’accessoiriste
  • Auteur : François Deflandre
  • Editeur: Mosquito
  • Prix: 13€
  • Parution: 02 octobre 2015

 Batgirl

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Bienvenue à Burnside est le premier volume des nouvelles aventures de Batgirl, un album Urban Comics signé Babs Tarr sur un scénario du duo Cameron Stewart et Brenden Fletcher.
Résumé de l’éditeur :
Lorsque les ennuis pointent le bout de leur nez, Barbara Gordon n’est pas du genre à abandonner ses vieilles habitudes. Alors, quand un terrible incendie la prive de tout ce qu’elle possédait, la jeune femme saisie l’opportunité de repartir à zéro. Tout comme le reste de la jeunesse branchée de Gotham, elle s’installe dans le quartier chic de Burnside et profite de ce renouveau pour redéfinir le style et les méthodes utilisées par son alter ego Batgirl. Mais changer d’environnement ne réduit pas pour autant les menaces et dangers quotidiens de l’héroïne. Contient : Batgirl #35-40 + Secret Origins #10.

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Apparue la première fois en 1967 dans Detective Comics #359, Barbara Gordon est dans un premier temps une jeune bibliothécaire timide sous la plume de Gardner Fox et Carmine Infantino. Pourtant rapidement, la fille du Commissaire Gordon va devenir une alliée indispensable de Batman, intégrant la Bat-Family avec Robin, sous le nom de Batgirl. Alors que Alan Moore l’avait laissé paralysée à vie dans le formidable Killing Joke (avec Brian Bolland) à la suite d’une balle dans la colonne vertébrale de la part du Joker, elle devient alors Oracle, la spécialiste en renseignement du Chevalier Noir.

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L’album ici présenté fait partie de la collection DC Renaissance qui efface une partie du passé du héros et permet de repartir sur de nouvelles bases. Ainsi Cameron Stewart et Brenden Fletcher lui font revivre des aventures dans lesquelles elle apparaît plus jeune. Barbara Gordon s’est installée à Burnside un quartier branché (de Chicago?) avec Frankie et Babs, ses nouvelles colocataires. Toujours prompt à démasquer les malfrats, elle s’attaque avant tout aux jeunes délinquants : les harceleurs de jeunes femmes, des DJ junkie, des jeunes motardes semant le trouble sur le campus, une bande de jeunes cambrioleuses masquées ou un chanteur drag queen se prétendant la vraie Batgirl.
C’est plutôt enlevé, idéal pour le jeune public (les adolescentes sont ici la cible). D’ailleurs le dessin de Babs Tarr est parfait pour accrocher ce lectorat en étant moderne, très coloré et possédant un découpage rythmé.

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  • Batgirl, tome 1 : Bienvenue à Burnside
  • Scénaristes : Cameron Stewart et Brenden Fletcher
  • Dessinateur : Babs Tarr
  • Editeur: Urban Comics, collection DC Renaissance
  • Prix: 15€
  • Sortie: 11 septembre 2015

Et pour quelques pages de plus…

Pour compléter notre sélection de la semaine, Case Départ vous conseille aussi les albums suivants :

Only One

(album pour public averti)

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Les éditions Taifu Comics propose Only one, un manga one-shot signé Yuu Moegi, mettant en scène les amours naissantes de deux hommes Mochizuki et Nagakura.
Résumé de l’éditeur :
Après son divorce et la perte de son appartement, Mochizuki emménage avec Nagakura bien qu’ils ne soient ensemble depuis à peine deux semaines. Ce début de vie commune va très vite être mis à l’épreuve avec l’entrée en scène d’Hayami, un collègue de Nagakura qui se trouve être également un ex-étudiant de Mochizuki ! Ce nouveau personnage sera-t-il la cause de leur rupture ?

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Yuu Moegi propose une romance simple et plutôt douce où les personnages entre eux s’estiment et se vouvoient. Ce beau yaoi repose avant tout sur deux héros que tout oppose (c’est souvent le cas dans ce genre littéraire) : Mochizuki, jeune divorcé, bien sous tout rapport et qui est attiré comme un aimant par un jeune homme dans le métro. Ce dernier, c’est Nagakura, qu’il croise tous les matins. Lui aussi a repéré Mochizuki. D’ailleurs, ils habitent l’un à côté de l’autre. Sans attendre longtemps, il l’embrasse et c’est le début d’un belle histoire d’amour.

Classique dans son approche, le manga plaira aux amateurs du genre puisque les deux personnages sont plutôt attachants mais surtout très mystérieux (le lecteur ne connaît pas grand-chose de leur vie). Les scènes de sexe ne sont pas explicites, car voilées. En plus de l’histoire principale, la mangaka dévoile deux courts récits à la suite du premier. Only one : un yaoi plutôt réussi.

  • Only one
  • Auteure: Yuu Moegi
  • Editeur: Taifu Comics
  • Prix: 8.99€
  • Parution: 27 août 2015

 Suite 121

(album pour adultes)

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Igor et Boccère proposent une suite à l’intégrale Chambre 121 qui n’existe plus. Edité par Dynamite, dans la collection Petit Pétard, Suite 121 est une histoire érotique mettant en scène une riche femme veuve qui aime se faire plaisir avec des hommes.

Résumé de l’éditeur :
La fameuse chambre 121 n’existe plus et le réceptionniste bien connu est parti vers d’autres horizons, mais la patronne de l’hôtel fermé a été sollicitée par une riche mécène parisienne qui cherche à remplir les temps morts de son récent veuvage. C’est ainsi qu’Anton est recruté comme valet de sexe à temps plein auprès de Madame Saint-Lys de Ronzières. À quoi s’affaire un valet de sexe selon vous ? La réponse réside dans les pages foutrement bien remplies de cette Suite 121, du nom de l’appartement où loge notre nouveau héros. 

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Paris. Madame Saint-Lys de Ronzières vient juste d’emménager dans un appartement d’une résidence cossue. Veuve depuis peu, elle ne souhaite pas être embêtée par ses voisines catho tradi et leur club de bienfaisance. Elle ce qu’elle souhaite c’est s’amuser avec des hommes. Armée de sa tablette, elle cherche l’amant parfait. Anton, ce trentenaire sera même logé dans des appartements sous les combles de ce belle résidence. Pas de loyer mais il doit satisfaire tous ses fantasmes. Il ira même jusqu’à s’occuper des meilleures amies de la riche veuve en ballon dirigeable…

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Voilà un album simple, efficace, érotique et pornographique mais plutôt soft. Même si les femmes sont toujours très ouvertes pour une partie de jambes en l’air, le bel Anton ne se fait jamais prier lorsqu’il est sollicité. Le récit sous forme d’un album souple de 46 planches propose des pages plutôt réussies, notamment grâce à un découpage original où les cases se superposent et s’enchevêtrent.

  • Suite 121
  • Auteurs : Igor & Boccère
  • Editeur: Dynamite, collection Petit Pétard
  • Prix: 08€
  • Parution: 11 juin 2015

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