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Repas de Noël en famille ... pour 16 personnes !

Par Eric Bernardin

Il y a une quinzaine de jours, ma mère m'a appelé pour me demander si je pouvais m'occuper du repas familial de Noël. Suite à des soucis de santé, elle ne se sent pas la force de faire le repas pour les 16 personnes qui seront présentes (mon frère, mes deux soeurs et leurs enfants). Je lui dis oui, même si je n'ai jamais fait de repas gastronomique pour autant de monde. Je m'occupe donc de tout : des approvisionnements, des vins qui s'accorderont avec les plats. Ce sera mon cadeau de Noël pour tout le monde. Comme le repas aura lieu le dimanche 27, cela me laisse le 25 et le 26 pour faire une "mise en place", histoire de ne pas être débordé le 27. Et ça a marché finalement très bien, même si je n'ai pas pu faire les présentations chiadées que j'aurais voulu (la place en cuisine était très limitée, et je n'avais pas d'assiettes ad hoc).

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Nous avons commencé avec des feuilletés, avec le choix entre emmental/noisettes et emmental/bacon/noisettes (il y avait des végétariens à table). Ils étaient accompagné d'un Ultradition Blanc de Blancs de Laherte qui a toutes les qualités requises pour un Champagne d'apéritif : rondeur, fraîcheur, fines bulles, sans acidité excessive ni finale alourdie par le dosage.

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Puis venait une entrée comprenant des "spaghetti" de radis blanc, de la mangue, du pomelo, de l'avocat, du tourteau, des pétoncles caramélisées au chalumeau et des gambas cuites à l'unilatérale, le tout arrosé d'une réduction de jus de mandarine et déposé dans une corolle de brick.  Elle était accompagnée d'un Riesling GC Rothenpfad 2011 de Clemens Busch.  D'un côté, c'était risqué car ce vin ne ressemblait à aucun vin français connu. Mais finalement, l'accord a super bien fonctionné, et c'est passé comme une lettre à la poste allemande.

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J'ai ensuite fait un "classique" de la maison,  peu spectaculaire visuellement, mais efficace gustativement : un vrai-faux risotto aux agrumes (citron/orange/clémentine/yuzu) et au fenouil préparé avec des pâtes "orzetto" en forme de grains de riz. J'ai poussé le vice à faire cuire 500 g d'arborio pour en récupérer l'amidon et l'ajouter à celui des pâtes (nous l'avons mangé le lendemain). Pour l'accompagner, la cuvée LBV 2013 de Jeff  Carrel , un sauvignon bien mûr (mais frais) du Languedoc vinifié et élevé en barrique. Son intensité et sa richesse se marient  superbement avec le plat. Tout le monde se régale, même si le plat et le vin sortent de l'ordinaire.

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Pour le plat de viande, c'était un peu trop compliqué de faire un service à l'assiette. Et puis les convives ayant des faims et des envies différentes, autant qu'ils se servent eux-mêmes. Les quatre composants (filet mignon basse temp' / pommes de terre/ champignons / sauce ) ont été placés dans des plats, et basta. Pour accompagner tout ça, j'ai carrément oser servir un vin de France issu d'un cépage improbable, sans dire au départ ce que c'était, histoire que tout le monde l'apprécie pour ses qualités et non son "étiquette". Tout le monde l'a beaucoup aimé, y compris l'un de mes deux beaux-frères qui boude habituellement les vins rouges. C'était donc un Seibel 2014 de Vin & Pic produit dans le Forez.

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Itou pour le fromage : certains n'aimaient pas le parmesan. D'autres pas la pâte de coing. Je les ai donc servis séparément, avec la possibilité de prendre un autre fromage pour les rétifs. Mais ceux qui ont le "bon" choix ont pu apprécier l'accord avec le Vouvray "Perruches" 2004 de Lemaire-Fournier qui est un hymne au coing confit, avec une matière fraîche et onctueuse, riche sans être lourde. Là aussi, une découverte pour tous, autant en terme de vin que d'accord.  

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Quant au dessert, c'était un joli pêle-mêle dans l'assiette : gâteau moelleux aux noisettes, tuile cacao/noisette, glace au caramel, kumquats confits, ganache pistache, grain de café au chocolat, caramel au beurre salé et café/yuzu, crumble sarrasin/noisette. Et j'avais oublié dans le congélateur le siphon de mousse chocolat/café (je ne sais pas où je l'aurais mise...). Tout cela pour aller avec le vin de dessert : un Madère Malvasia 5 ans de Barbeito, très marqué par le pralin, le café, les fruits secs et une fraîcheur très "agrume" (d'où le joyeux bordel dans l'assiette !). Là aussi, une jolie découverte du Madère, plus connu pour faire les sauces que pour accompagner un dessert.

Même si je n'avais pas fait des plats "tordus", les plats et les vins proposés demandaient une certaine ouverture d'esprit. D'une façon générale, tout a été apprécié, avec une demande générale pour recommencer l'année  prochaine. Ben v'là que je viens de créer un nouveau club, dis-donc ! Bon, une fois par an, pas de souci ;-)

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