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DÉPAKINE®: Des effets tératogènes connus depuis 10 ans – IGAS

Publié le 23 février 2016 par Santelog @santelog

DÉPAKINE®: Des effets tératogènes connus depuis 10 ans – IGASL’Inspection générale des Affaires sociales livre, au 23 février 2016, les résultats de son enquête relative aux spécialités pharmaceutiques contenant du valproate de sodium (Dépakine®, Dépakote®, Dépamide®, Micropakine® et génériques). Ces spécialités commercialisées en France pour le traitement de l’épilepsie et des troubles bipolaires présentent un risque tératogène (malformations du fœtus, retards neuro-développementaux) suspecté puis établi depuis les années 80. Si l’intérêt du médicament dans le traitement de l’épilepsie a justifié jusqu’ici la poursuite de son utilisation durant la grossesse, si de nouvelles règles de prescription de ces spécialités ont été édictées par l’Agence de sécurité du médicament en mai dernier, l’Igas dénonce aujourd’hui le manque de réactivité des Autorités sanitaires et appelle à une information des patientes en cas de maintien du traitement durant la grossesse.

La responsabilité de la Dépakine a été documentée dans les malformations congénitales, le retard intellectuel ou moteur et les troubles du spectre autistique et l’Igas considère, qu’à compter de 2004, les preuves de ces effets secondaires graves étaient suffisantes pour justifier des mesures d’information des prescripteurs et de leurs patientes. Cependant, l’explicitation de ces risques n’intervient qu’à compter de 2010, relève le rapport, qui met ainsi en cause le retard des Autorités sanitaires à prendre en compte ces données scientifiques et à uniformiser l’information pour les différents médicaments à base de valproate de sodium.

Quels sont les principaux risques : Les enfants exposés in utero au valproate présentent un risque élevé de troubles graves du développement (jusqu’à 30 à 40 % des cas) et/ou de malformations congénitales (environ 10 % des cas vs 2 % à 3 % des enfants en population générale). Qu’il soit pris seul ou avec un autre antiépileptique, le valproate comporte un risque plus élevé que les autres antiépileptiques s’il est pris pendant la grossesse. Plus la dose est élevée, plus les risques sont importants. Toutefois, toutes les doses exposent à ce risque.

·   Les troubles du développement incluent :

   des troubles du développement intellectuel, moteur et comportemental à la petite enfance. Ainsi, les enfants concernés marchent et/ou parlent plus tardivement et/ou ont des capacités intellectuelles plus faibles que les autres enfants et/ou ont des difficultés de langage et de mémoire.

   Les troubles du spectre autistique et l’autisme infantile sont plus souvent diagnostiqués chez les enfants exposés au valproate durant la grossesse.

   Des données limitées à ce jour indiquent que les enfants sont également plus susceptibles de développer des symptômes du trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH).

·   Les malformations incluent :

   le spina bifida (malformation osseuse de la colonne vertébrale),

   des malformations de la face, de la lèvre supérieure et du palais, du crâne, du cœur, des reins, des voies urinaires et des organes génitaux, ainsi que des membres.

Plus de 400 naissances touchées entre 2006 et 2014 : Dans l’attente d’un nouveau bilan au mois de mai prochain, une estimation effectuée à partir de l’extrapolation des données du registre des malformations de la région Rhône-Alpes porte à plus de 400, le nombre de nouveau-nés, sur la période, porteurs de malformations congénitales associées à la prise du médicament durant la grossesse.

Le valproate ne doit pas être prescrit aux filles, aux adolescentes, aux femmes en âge de procréer et aux femmes enceintes, sauf en cas d’inefficacité ou d’intolérance à toutes les autres alternatives médicamenteuses. Le traitement par le valproate doit être initié et surveillé par un médecin spécialiste de l’épilepsie ou du trouble bipolaire. Le rapport bénéfice/risque du traitement par le valproate devra être évalué attentivement avant la première prescription, ainsi qu’à chaque contrôle régulier du traitement, lorsqu’une jeune fille atteint la puberté et lorsqu’une femme envisage une grossesse ou qu’elle est enceinte.

Sources: IGAS Enquête relative aux spécialités pharmaceutiques contenant du valproate de sodium

ANSM Décembre 2014 Valproate et dérivés (Dépakine®, Dépakote®, Dépamide®, Micropakine® et génériques) : risque d’issues anormales de grossesse – Lettre aux professionnels de santé

Pour en savoir plus surl‘Epilepsie, la Dépakine®

Lire aussi : DÉPAKINE: Tératogène chez les femmes et spermicide chez les hommes?


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