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Musée Rodin : Entre sculpture et photographie

Publié le 21 mai 2016 par Ohmyhomme @ohmyhomme

Le musée parisien propose une exposition qui regroupe 8 artistes contemporains ayant pratiqué de front, ou en léger décalé, la sculpture et la photographie. Petite sélection affective de ces sculpteurs de la surface sensible...

Musée Rodin : Entre sculpture et photographie

Le Musée Rodin aime la photographie, même si notre sculpteur national à la barbe fleurie ne l'a jamais pratiqué lui-même. Face à cette nouvelle technique, qui immédiatement souleva un débat entre valeur technique et art, il émit quelques réserves, qu'il développe au cours de conversations avec Paul Gsell, réunies dans un livre en 1911.

Si Rodin semble de marbre, il n'en utilise pas moins la photographie en achetant des tirages de modèles vivants, pour la diffusion de son oeuvre, à des fins de présentation et reproduction, mais aussi, comme on découvrira dans les archives de l'atelier.

Les sculpteurs de la surface sensible :

Ce laboratoire commode a sans doute poussé le musée à proposer une exposition qui fait écho à cette pratique inventive. Imaginée par Hélène Pinet, conservatrice du musée Rodin, et Michel Frizot, célèbre historien de la photo, elle scane les pratiques de ces 8 artistes contemporains. On regrette l'absence d'une Annette Messager si inventive à truffer de petites photographies ses reliquaires...

Richard Long, le randonneur :

Né en 1945, l'Anglais Richard Long, en adepte de la marche, arpente la lande et assemble, ici par exemple dans le Somerset, des petits branches d'arbres morts selon une forme géométrique : la sculpture est éphémère mais la photo, exposée et légendée comme un carnet de route, témoigne de l'action.

Gordon Matta-Clarck, le récupérateur :

Parfois, il creuse des trous dans des galeries ou mieux, il découpe des bouts de plancher ou des cloisons d'immeubles abandonnées à la scie sauteuse, qui sont montrés ainsi, bruts de matériaux. Parallèlement, il photographie ses rapts d'éléments in situ et va jusqu'à les exposer, en pratiquant des collages de plusieurs clichés couleur ou opérant tout de go des trous (cutting) dans ses négatifs. De la sculpture sur pellicule...

Giuseppe Penone, l'amoureux des arbres :
Musée Rodin : Entre sculpture et photographie

Le sculpteur italien, Giusepe Penone, mêle souvent l'empreinte des corps à la confidence de la nature. Ses photographies se montrent évidentes ou parfois plus métaphoriques, comme dans l'énigmatique oeuvre, Trappole di luce (Pièges de lumières), un moulage en cristal d'un tronc d'arbre placé sur une épreuve photographique.

John Chamberlain, le shooteur fou :

L'artiste américain est surtout connu ses sculptures lyriques faites de tuyaux d'acier ou de pièces de vieilles carrosseries de voitures assemblées par soudure. Rien à voir avec une quelconque critique du consumérisme à la Pop Art, ses œuvres tordues, pliées ou compressées se réfèrent plutôt à l'Expressionnisme abstrait, se fait chantre de l'improvisation en volume.

Mac Adams, le roi du suspense :
Musée Rodin : Entre sculpture et photographie

Mac Adams, qui adore raconter des histoires à partir de rien, construit une cage, surmontée de petites bricoles, acier et pierres, qui projettent au sein de ladite cage l'ombre... d'un lapin.

Dieter Appelt, l'angoissé :

L'artiste allemand est surtout connu pour ses photographies. Ses autoportraits ou ses photographies superposées évoque toujours l'angoisse du passage du temps, celle de la vie à la mort, et le lien entre corps exposé et confessions, proches de la performance. C'est plutôt par la photo qu'il vient à la sculpture, avec cette immense couronne posée au sol, reprise d'un élément qui le montrait en photo, nu, coiffé d'une auréole de feuilles de maïs, rejouant un rituel primitif.

Markus Raetz, le magicien :
Musée Rodin : Entre sculpture et photographie

L'artiste suisse est en effet le roi des illusions. Dessinateur, graveur, et assembleur, on le connait bien pour ses petites scènettes optiques et impromptus d'anamorphoses toujours marrantes. Par exemple, le buste d'un homme au chapeau se transforme, si l'on le regarde sous un certain angle, et par le truchement d'un miroir accroché au mur, en une suave lapin indolent.

Cy Twombly, la passion du Pola :

L'artiste américain ne fut pas seulement le peintre des écritures frêles et des suaves esquisses. Il est aussi l'un des plus beaux sculpteurs, un peu méconnu, de notre temps, troussant des petits autels à partir de bois ou de carton, ou des stèles blanches ou vont en quelques fleurs à l'inclination gracile. Et ses sculptures, comme si, un peu, l'ombre de Rodin n'était pas loin...


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