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Chili : Michelle Bachelet, la disgrâce

Publié le 25 mai 2016 par Anthony Quindroit @chilietcarnets
Michelle Bachelet (photo DR)

Michelle Bachelet (photo DR)

Le contexte socio-économique est difficile au Chili. Les manifestations se multiplient. Samedi 21 mai, l’un de ses mouvements s’est achevé sur un drame : un homme est mort à Valparaíso. Il s’agit d’un vigile, extérieur à la manifestation, pris dans un incendie alors que le mouvement, qui s’envenimait était dispersé par les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre.
Le drame de samedi s’est produit alors que la présidente Michelle Bachelet était devant le Congrès pour son discours annuel. Un discours que la chef de l’Etat veut combatif alors que le moral au Chili est en berne : le cours du cuivre s’effondre – ce qui pénalise lourdement les exportations chiliennes puisque l’or rouge représente près de 50% des exportations du pays -, les scandales de corruption se sont multipliés ces derniers mois au sein de l’administration (certains éclaboussant même l’entourage de la présidente), la réforme de l’éducation, bien que lancée (la sélection des étudiants est désormais interdite et la gratuité dans les établissements recevant l’aide de l’Etat est peu à peu instaurée), ne satisfait pas encore les étudiants qui manifestent toujours régulièrement. Le 14 mai dernier, deux jeunes manifestants sont morts à Valparaíso, tués par le propriétaire d’une maison furieux que des manifestants collent des affiches sur sa maison…
Ce mardi 24 mai, des militants de la Confech (la Confederación de estudiantes de Chile) se sont introduits dans la cour de la Moneda pour faire entendre leur voix et exiger une réforme plus ambitieuse de l’éducation et sa gratuité (voir la vidéo ci-dessous).

Sauf que les étudiants ont peu de chance de voir le rythme des réformes s’accélérer. Durant son discours devant le Congrès, la présidente socialiste a reconnu que les réformes promises durant la campagne ne pourront pas toutes êtres lancées avant la fin de son mandat en 2018 en raison de la conjoncture économique. Alors que Michelle Bachelet avait quitté la Moneda en 2010 avec environ 83% d’opinions positives, aujourd’hui plus de deux tiers des Chiliens disent désapprouver la politique de leur présidente. Après la ferveur, la désillusion est rude.


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