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Brexit, premier bilan à un mois des urnes

Publié le 25 mai 2016 par Leblogpolitique

« Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union » Art 50 Traité de Lisbonne. C’est sur la base de ce texte que la Grande-Bretagne va organiser dans un mois un référendum de grande envergure. Petit tour d’horizon de cette consultation pas si banale, ni inédite.

Brexit : Une question simple

L’utilisation de l’article 50 du Traité de Lisbonne (2009) est une grande première depuis la création de l’Union Européenne, une initiative qui pourrait bien déstabiliser l’ensemble de l’Europe, tant les enjeux dépassent le simple choix d’un peuple. Car la Grande-Bretagne représente près de 65 millions d’habitants, soit un peu moins de 13 % de la population européenne. Sa participation au budget de l’Union est de 11,3 milliards d’euros. Elle bénéficie d’un taux de croissance de 2,3 %, bien au-dessus de l’Allemagne et de la France. Près de la moitié (48%) de ses exportations va dans l’Union.

Le 23 juin prochain, les Britanniques qui se rendront aux urnes devront se prononcer le Brexit et choisir entre rester membre ou quitter l’UE. Un référendum à l’initiative de David Cameron qui a dû prendre en considération et composer avec l’Ukip, un parti clairement europhobe qui a reçu un accueil particulièrement favorable auprès des Britanniques.

Si la procédure est inédite, elle n’est pourtant pas la première de la part de la Grande-Bretagne puisqu’en 1975 déjà – soit deux ans après son entrée dans le marché commun (CEE à l’époque) – une consultation avait été réalisée aboutissant au maintien du pays dans l’Europe. Depuis, les relations entre la Grande-Bretagne et l’Europe ont toujours été marquées par des défiances, des tensions et des contradictions.

Un pied dedans, un pied dehors

La Grande-Bretagne n’est pas ce que l’on peut appeler un membre à part entière de l’Union Européenne et les relations ont toujours été compliquées. Historiquement c’est plus un allié des Américains. Churchill parlait en 46 des « États-Unis d’Europe ». Le ton était donné. Et son entrée dans la CEE en 73 n’a fait que renforcer les opposants à l’Europe, principalement au sein du Labour Party (travaillistes) dont l’un des porte-paroles déclarait au début des années 80 : « Même si la géographie et l’histoire ont inscrit l’Angleterre en Europe, la CEE n’a pas été conçue pour nous et notre intégration, en tant que membre [de la CEE] a rendu plus difficile la lutte contre les problèmes économiques et industriels »

Cette antipathie contre l’Europe fait aussi des adeptes au sein des conservateurs. Margaret Thatcher en tête qui, mécontente de la contribution britannique au budget de l’UE sans retour d’aides avait lancé le fameux « I want my monney back » en 1984. Avec succès d’ailleurs puisque son pays avait obtenu un rabais conséquent de sa contribution. Et la Dame de Fer s’opposera fermement à la mise en place d’une monnaie commune, entre autres.

Au final, la Grande-Bretagne de fait ni partie des accords de Schengen de 1990, ni de la Zone euro, ni ne participe au pacte budgétaire sur la convergence économique et monétaire pour contrer la crise. Des relations toujours en dent-de-scie et souvent tendues, quels que soient les premiers ministres en poste et souvent à cause de la politique agricole commune (PAC)

Le oui et le non dans la balance du Brexit

Si la sortie l’emporte, la Grande-Bretagne deviendrait un pays tiers. Mais cela pourrait aussi favoriser une réforme de l’UE et du marché commun.  Si le pays reste, ce serait dans tous les cas une nouvelle donne vers une Europe à la carte, puisque David Cameron a déjà posé et négocié en février dernier des conditions qui mettaient à mal les principes et valeurs mêmes de l’esprit Européen.

Ceux qui sont hostiles à la sortie du pays de l’Europe brandissent la perspective de risques économiques et politiques importants, principalement l’affaiblissement des économies étatiques à toutes les échelles.  Certains prévoient même une entrée en récession et l’augmentation du chômage. Sans parler du risque de voir les velléités d’indépendance de l’Écosse ressurgir et de voir au sein même de l’Union d’autres initiatives du même acabit.

En tout état de cause, ce qu’il faut retenir est que l’Europe est en crise, que les institutions sont critiquées et que les peuples, loin de la bureaucratie de Bruxelles, vivent avec des réalités bien différentes, ayant des conséquences parfois dramatiques sur leur quotidien. Le terrorisme, les difficultés économiques, les récentes crises migratoires favorisent les prises de position extrêmes et la montée du populisme. Une situation qui, quelle que soit la décision des Britanniques, pourrait bien amener à d’autres crises.

image : civilwarineurope.com


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