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Pékin et Taipei s'entendent sur des vols réguliers

Publié le 17 juin 2008 par Xiao Wei Lian

Un article intéressant du Figaro traitant de la rencontre entre l'émissaire chinois, Chiang Pin-Kun et Ma Ying-Jeou, le président taïwanais
Cet article souligne l’accord historique qui a été ratifié entre la Chineet Taiwan mettant ainsi en place des vols réguliers à partir du 4 juillet entre le continent et l'île rebelle .

LE FIGARO , 17/06/2008  --  Article de Jean-Jacques MEVEL

Pékin et Taipei s'entendent sur des vols réguliers
L'émissaire chinois, Chiang Pin-kun et Ma Ying-jeou, le président taïwanais, ont ratifié samedi à Taipei un accord historique
Le texte signé samedi contourne soigneusement les écueils politiques au rapprochement.

La mesure ne concerne que les hommes d'affaires et les touristes, mais elle est spectaculaire. Taïwan et la Chine ont décidé dimanche de reprendre des liaisons aériennes interrompues depuis la victoire de Mao et la débâcle de Tchang Kaï-chek en 1949.

Les vols reprendront le 4 juillet. Ils doivent rapidement desservir huit villes de l'île et du continent, parmi lesquelles Pékin, Shanghaï, Nankin et Canton. Seuls les Taïwanais et les Chinois pourront s'enregistrer. Les dix-huit lignes seront régulières, chaque week-end, et sans escale. Mais elles ne seront pas directes : les avions feront encore un long détour par l'espace aérien de Hongkong ou de Macao, ce qui rajoute au moins trois heures au trajet.


L'accord signé la semaine dernière à Pékin contourne soigneusement les écueils politiques au rapprochement, comme la question empoisonnée du rattachement de l'île démocratique au continent, ou encore le millier de missiles que l'Armée populaire de libération braque sur Taïwan. Mais il balise l'étendue des compromis possibles, grâce au changement de président à Taïpeh et au souci de conciliation qui anime Pékin à l'approche des J.O. de l'été.


C'est seulement dans le domaine économique que s'exerce le nouveau pragmatisme. L'île est de loin le premier investisseur en Chine, la République populaire a besoin de la technologie taïwanaise et plus d'un million d'insulaires font des affaires sur le continent, notamment à Shanghaï. Ces derniers, électorat non négligeable à Taïwan, supportent de plus en plus mal d'avoir à faire escale à Hongkong et de mettre plus de temps à traverser un détroit de 150 km que pour rejoindre Tokyo ou Bangkok.


L'accord ne concerne que les passagers. Il laisse de côté deux autres «liens» cruciaux : les échanges de marchandises et les liaisons postales. L'île a fait du continent sa base industrielle, avec plus de 100 milliards de dollars d'investissements directs. Mais le transit imposé par un port tiers reste un casse-tête pour l'approvisionnement comme pour l'écoulement, notamment dans un secteur clef pour Taïwan : les hautes technologies.


La reprise des vols sans escale ouvre d'autres perspectives aux échanges. Vingt et un ans après avoir autorisé les voyages individuels à destination du continent, Taïwan s'apprête à recevoir ses premiers touristes chinois. 3 000 d'entre eux sont attendus quotidiennement dans l'île à partir du 18 juillet. Ils se déplaceront en groupes de 10 à 40, pour un séjour de dix jours maximum. Ces nouveaux clients, parfois fortunés, s'annoncent comme un ballon d'oxygène pour le tourisme taïwanais.


Président pragmatique


Conséquence pratique, Taïwan a desserré l'étau sur la convertibilité de son dollar. Les touristes continentaux pourront échanger leur renminbi dans l'île et se servir de leur carte de crédit pour retirer des espèces. Taïpeh et Pékin ont enfin accepté l'ouverture réciproque de bureaux de représentation, à travers des organismes semi-officiels. Il s'agit de faciliter les voyages, pas de préfigurer l'ouverture d'ambassades.


Pékin, qui prétend déjà exercer sa souveraineté sur l'île, ne veut pas en entendre parler. Quant à Taïpeh, elle attend un geste chinois pour accepter même de discuter d'un traité de paix : le démantèlement des bases de missiles sol-sol qui jalonnent l'autre rive du détroit. Les 23 millions de Taïwanais ne tiennent pas plus à la réunification qu'à l'indépendance. Ils ont élu avec Ma Ying-jeou, un président pragmatique. Mais l'intéressé lui-même se garde bien d'annoncer un voyage à Pékin.


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