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MONDE > Turquie : fin de la tentative putschiste, le président Erdogan appelle la foule à rester dans la rue

Publié le 16 juillet 2016 par Fab @fabrice_gil
L'armée turque a annoncé ce matin la fin de la tentative de putsch sanglante de la part de militaires rebelles, mais le président Recep Tayyip Erdogan exhortait la foule à rester dans les rues pour faire face à une éventuelle "nouvelle flambée".

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Photo fournie par la présidence de Recep Tayyip Erdogan lors de l'inauguration du pont Osmangazi en Turquie, le 30 juin 2016


"Cette tentative de coup a été mise en échec", a dit devant la presse à Istanbul le général Ümit Dündar, chef de l'armée turque par intérim. L'homme confirme que 90 personnes -41 policiers, deux soldats et 47 civils- ont été tuées dans les violences qui ont opposé les rebelles aux forces loyalistes ainsi qu'à des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues du pays. Malgré cette annonce, le président Erdogan a demandé aux Turcs de rester dans les rues. "Nous devons continuer à être maîtres des rues (...) car une nouvelle flambée est toujours possible", a-t’il déclaré dans un message sur Twitter. Les affrontements, avec avions de chasse et chars, ont donné lieu à des scènes de violences inédites à Ankara et Istanbul. 1.100 blessés sont à déplorer, selon le dernier bilan de l'agence pro-gouvernementale Anadolu. L'armée a également annoncé que 104 putschistes avaient été abattus. C'est peu avant minuit (21H00 GMT) qu'un communiqué des "forces armées turques" avait annoncé la proclamation de la loi martiale et d'un couvre-feu dans tout le pays. Les putschistes ont justifié leur "prise de pouvoir totale" par la nécessité d'"assurer et restaurer l'ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l'Homme et les libertés et laisser la loi suprême du pays prévaloir". Mais M. Erdogan, cible ces dernières années de nombreuses critiques l’accusant de dérive autoritaire, a accusé les soldats rebelles d'être liés à son ennemi juré l'imam Fethullah Gülen, ancien allié exilé depuis des années aux États-Unis."Trahison""Il y a en Turquie un gouvernement et un président élus par le peuple" et "si Dieu le veut, nous allons surmonter cette épreuve, a déclaré M. Erdogan. Ceux qui sont descendus avec des chars seront capturés", a-t’il ajouté dénonçant une "trahison" devant une foule compacte de sympathisants; Et de féliciter les Turcs pour être descendus "par millions" dans les rues, notamment sur l'emblématique place Taksim à Istanbul, noire de manifestants conspuant les putschistes. De nombreux hauts responsables militaires s'étaient désolidarisés publiquement des putschistes dans la nuit, dénonçant "un acte illégal" et appelant les rebelles regagner leurs casernes. Plus de 1.500 militaires ont été arrêtés suite à la tentative de putsch, selon une source officielle, alors que 200 soldats, qui étaient retranchés à l'état-major, se sont rendus. Le général Dündar a promis "de nettoyer l'armée des membres de structures parallèles", dans une référence évidente aux fidèles de Fethullah Gülen.Depuis l'arrivée au pouvoir de M. Erdogan, la hiérarchie militaire a été purgée à plusieurs reprises. L'armée de ce pays clé de l'Otan, qui compte 80 millions d'habitants, a déjà mené trois coups d'Etat (1960, 1971, 1980) et forcé un gouvernement d'inspiration islamiste à quitter sans effusion de sang le pouvoir en 1997. Ce matin, des dizaines de soldats se rendaient aux forces de sécurité sur un des ponts sur le Bosphore à Istanbul, où les rebelles avaient dans la nuit ouvert le feu sur des civils. 
"La Turquie a fait l’objet d’une tentative de coup de force contre son ordre constitutionnel et démocratique qui appelle la plus ferme condamnation de la France, a déclaré par voie de dépêche le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault. La population turque a montré sa grande maturité et son courage, en s’engageant pour le respect de ses institutions. Elle en a payé le prix avec de très nombreuses victimes, auxquelles vont mes pensées. La France forme le vœu que le calme puisse revenir très vite. Elle espère que la démocratie turque sortira renforcée de cette épreuve et que les libertés fondamentales seront pleinement respectées"JB-M

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