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La grâce de Jacqueline Sauvage

Publié le 09 janvier 2017 par Gauchiste

François a libéré Jacqueline. Il est vrai que tout danger est écarté : Madame Sauvage ne tuera plus son mari. Sa libération ne semble mettre en danger immédiat personne.

Et personne n'a semblé mettre en doute le fait que son mari était violent et avait violé ses filles. Il aurait d'ailleurs certainement été lourdement puni pour cela.

Si la demi-grâce accordée par François voilà 1 an pouvait être une bonne idée (car elle laissait la décision entre les mains de la justice), en remettre une couche un an après est en revanche une façon de dire aux juges ce qu'ils auraient dû faire. Comme si notre bon roi savait mieux que les juges. Dommage qu'il ne soit pas dans les tribunaux pour corriger aussi les peines des sans-dents, parfois aussi trop lourdes.

Je n'ai pas assisté aux audiences et je ne connais que les détails de l'affaire que l'on trouve sur Internet. Mais je sais une chose : quelle que soit la décision prise par la justice, qu'elle soit bonne ou mauvaise, elle a été à la hauteur de la décision que la justice est capable de rendre. Si la peine est discutable, il existe probablement des millions d'autres condamnés, femmes battues en tête, qui aimeraient bénéficier de cette même grâce.

Soit la justice bosse bien, soit elle bosse mal. Mais rien ne permet de dire qu'elle a moins bien bossé pour cette affaire précise.

Cette grâce pouvait avoir un intérêt à l'époque où la peine de mort existait encore, car la mort étant irréversible (on le dit), la grâce permettait de sauver la vie et ce qui va avec : en cas de changement de loi imminent sur la peine concernée, pour sauver des informations qui pourraient mourir avec le condamné, etc. J'ai aussi pu comprendre l'utilisation de cette grâce, quand il s'agissait de libérer le plus ancien détenu de France. Et je pourrais même y réfléchir lorsqu'une situation exceptionnelle se présenterait.

Mais si la justice rend de mauvaises décisions, alors il faut la changer.

En disant cela, je ne défends pas la brutalité du mari de Mme Sauvage. Je peux même avoir de la compassion pour cette femme qui a mis fin à un calvaire par 3 coups de fusil. L'enquête semble d'ailleurs dire qu'elle savait très bien ce qu'elle faisait. Mais dans un état de droit, on ne rend pas justice soi-même en tuant, et c'est précisément ce pour quoi Jacqueline Sauvage a été condamnée.

François avait toutes les clés de la maison. S'il voulait améliorer la justice, il pouvait le faire. Mais libérer Jacqueline Sauvage, c'est aussi admettre que son affaire, qui a eu l'heure de plaire aux médias, a eu bien raison d'attendrir dans les chaumières. La morale de l'histoire étant qu'il est normal de faire justice soi-même.

Et les français qui voulaient une belle histoire l'ont réclamée à François. On fait toujours très bien la justice derrière son poste de télévision.

Franchement, parfois, ça me démange, moi aussi, de faire la justice moi-même. Mais je suis trop con, trop républicain aussi...

La page wikipedia donne de nombreux liens sur cette affaire.


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