Magazine Culture

Good Behavior (Saison 1, 10 épisodes) : arnaque et film noir

Publié le 02 février 2017 par Delromainzika @cabreakingnews


Nouvelle série de TNT et déjà renouvelée pour une saison 2, Good Behavior repose en grande partie sur son héroïne, incarnée par Michelle Dockery. Cette dernière, que l’on avait pu découvrir dans Downton Abbey incarne ici un personnage qui lui sied bien. Elle aide aussi grandement la série à fonctionner, notamment dans son ton résolument sombre et dramatique. Créée par Chad Hodge et Blake Crouch, à qui l’on doit notamment Wayward Pines, Good Behavior ne s’en sort pas trop mal afin de nous plonger dans les arnaques de haut vol de notre héroïne. Si la série ne casse pas trois pattes à un canard, c’est son style et son ton qui font son succès. En duo avec Juan Diego Botto (Bordertown), ce dernier incarne Javier Pereira, un personnage qui joue beaucoup dans la dynamique romancée de Good Behavior. Si la série tente de faire de lui un personnage important, c’est loin d’être celui qui tape le plus aux yeux. Il sert à mettre en avant l’héroïne. Tueur à gages, qui ne commet jamais aucune faute, ce personnage s’avère parfois un peu trop lisse pour réellement surprendre. Alors qu’en parallèle l’héroïne sait sortir du lot et apporter à la série un virage dramatique qui change des séries d’escrocs qui ont tendance à tourner le tout vers le fun et la dérision (White Collar, Les arnaqueurs VIP, etc.).

Ce changement de ton est le bienvenu et permet à Good Behavior de réellement prendre le téléspectateur dans son histoire. On s’attache plus facilement aux personnages et à l’univers. La relation entre Letty et Javier n’est pas aussi électrisante que la relation entre Bonnie et Clyde, mais elle n’en reste pas moins sympathique malgré tout. Disons que l’on n’avait pas besoin d’en attendre grand chose au premier abord et qu’il faut se laisser porter par la série plus que par sa manière de présenter l’histoire. Le scénario est donc assez sobre et classique, sans grande envergure, mais visuellement l’esthétique est un peu plus travaillée et les personnages plutôt solides. Les nuances sont là pour donner un certain charme, sans pour autant en faire de trop, ce qui est dommage car je suis sûr et certain que Good Behavior avait tout pour devenir une bien meilleure série. Même quelques touches humoristiques viennent rythmer la série et pimenter un peu le scénario afin de ne pas trop perdre le téléspectateur. Ce que je trouve dommage c’est que derrière, Good Behavior a énormément de mal à tenir le bon bout durant ses dix épisodes. A certains moments le temps est long, l’histoire ne fonctionne pas comme prévu, peut-être aussi car Good Behavior ne fonctionne pas par originalité mais par simple sujet mécanique.

La relation entre les deux personnages par exemple est un peu mi figue mi raisin, à la fois sympathique et décevante. Après la première saison, je ne sais pas encore si je vais être motivé pour regarder la suite de la série. Je pense que Good Behavior devrait muscler un peu plus certaines séquences afin de donner à la série une occasion d’être une série dans l’action. La série a du potentiel pour exploser mais elle ne l’exploite jamais vraiment, c’est comme si elle n’avait pas compris ce que le public venait chercher. Ou alors je n’ai tout simplement pas compris ce qu’il fallait y voir. Mais les escroqueries romancées à la façon d’un film noir, cela devrait tout de même être un poil plus travaillé d’un point de vue scénaristique. Reste alors Letty, notre héroïne, attachante et fun qui libère parfois la série d’une ambiance un peu compliquée. L’histoire de Letty est d’ailleurs assez sombre en tant que tel mais au delà de ce passé et du futur qui l’attend tout au long de la saison, Good Behavior aurait pu aller encore plus loin. Les personnages secondaires ont quant eux un peu de mal à exister derrière nos deux héros. Finalement, Good Behavior ne va peut-être pas suffisamment loin dans ce qu’elle raconte mais je n’étais peut-être pas le client recherché. Pour autant, Michelle Dockery apporte un petit truc, une touche de charme légère et séduisante qui donne envie d’aller au bout. Ce paradoxe fait que je suis encore là pour vous parler de la saison.

Note : 5/10. En bref, ce n’est pas mauvais, ni brillant. Une série honorable avec un style travaillé et une Michelle Dockery efficace. Mais la série ne surprend jamais, malheureusement.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Delromainzika 18158 partages Voir son profil
Voir son blog