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[Critique] KONG : SKULL ISLAND

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] KONG : SKULL ISLAND

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Titre original : Kong : Skull Island

Note:

★
★
★
★
☆

Origines : États-Unis/Vietnam
Réalisateur : Jordan Vogt-Roberts
Distribution : Brie Larson, Samuel L. Jackson, Tom Hiddleston, John C. Reilly, John Goodman, Corey Hawkins, John Ortiz, Jing Tian, Toby Kebbell…
Genre : Aventure/Fantastique/Adaptation
Date de sortie : 8 mars 2017

Le Pitch :
Des explorateurs accompagnés de militaires se rendent sur une île récemment découverte au cœur du Pacifique dans le but de la cartographier et d’y chercher quelque chose qui soit digne d’intérêt. Sur place, ils ne tardent pas à faire la connaissance du propriétaire des lieux, qui n’est autre que Kong, un gigantesque gorille…

La Critique de Kong : Skull Island :

C’est Merian C. Cooper qui a donné naissance à ce bon vieux Kong en 1933. Le film ? Un classique sans lequel une grande majorité des blockbusters actuels ne seraient probablement pas les mêmes, voire n’existeraient pas du tout pour certains. Kong, auréolé d’une célébrité qui ne le quittera jamais vraiment, est ensuite revenu dans plusieurs films. L’un des plus connus, sorti en 1976, met en scène Jeff Bridges et Jessica Lange. Réalisé par John Guillermin, ce dernier a même connu une suite franchement dispensable dont l’arrivée dans les salles en 1986 n’a pas fait autant de bruit qu’espéré, à part peut-être dans le petit cercle des amateurs de déviances filmiques. Puis est venu Peter Jackson. Le cinéaste du Seigneur des Anneaux qui a redonné ses lettres de noblesse au roi des gorilles, avec un chef-d’œuvre total, porté par un casting puissant et par des effets-spéciaux révolutionnaires, lui permettant d’orchestrer des séquences ahurissantes sans pour autant oublier de dispenser une émotion terrassante.
Hollywood fonctionnant selon un système de cycles, il était certain que Kong reviendrait un jour nous montrer son ganache. Et bien inclinez-vous car le roi est de retour. Oui le retour du roi ! Le seul et l’unique King Kong se retrouve au centre d’un nouveau blockbuster. Culminant hier à 7 mètres, il en fait désormais 30. Il est grand, fort et plutôt remonté…

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Apocalypse Kong

L’une des bonnes idées de Kong : Skull Island est d’avoir situé son récit au début des années 70, juste après le départ des forces armées du nord-Vietnam. Les forces armées américaines viennent d’essuyer une défaite cuisante, contraintes d’abandonner le front. Une petite poignée de ces soldats est mobilisée sur une autre mission. Protéger des explorateurs afin qu’ils cartographient une île inconnue. Retour en enfer pour Samuel L. Jackson et ses hommes. Jackson qui campe ici à lui tout seul le trauma vietnamien. Usé, il en veut néanmoins toujours plus. Plus de sang, plus de combat. Il veut enfin gagner. C’est un peu Martin Sheen dans Apocalypse Now, version « tous les compteurs dans le rouge » et « roue libre ». On se doutait de la filiation vu les trailers et les affiches, sublimes, et ça se vérifie. Au niveau de l’imagerie, on y reviendra, mais aussi du propos. Apocalypse Now, mais également Platoon, au point de reprendre quasiment exactement une scène de ce dernier, quand John Goodman et Corey Hawkins vont chercher Tom Hiddleston dans un bar enfumé qui diffuse le White Rabbit de Jefferson Airplane à plein volume. Tout du long, le film va jouer cette carte. Alors oui c’est un peu artificiel mais ça fonctionne. Pourquoi ? Tout simplement car le ton est rapidement donné. Jordan Vogt-Roberts n’entend pas refaire ces classiques mais entend livrer un pur blockbuster de divertissement en tablant sur une ambiance facilement identifiable. Il ne perd jamais de vue le caractère léger de l’entreprise. Peut-être se prend-t-il un peu trop au sérieux quand il fait le parallèle entre la problématique vietnamienne et celle de notre époque, mais au fond, on le comprend et cela n’endommage pas l’impact du long-métrage. La collection ahurissante de chansons (c’est bien simple : la bande-originale, riche en Creedence Clearwater Revival, David Bowie et autres Black Sabbath est à tomber à la renverse) qu’il déroule et l’imagerie font mouche, c’est le principal. L’imagerie justement parlons-en. Baigné dans une lumière chaude, Kong : Skull Island met en valeur l’extraordinaire talent de plasticien du réalisateur. Son film est formellement une merveille de tous les instants.

Le Monde presque perdu

Jordan Vogt-Roberts n’est pas un manche. Pour la première fois aux commandes d’une grosse machine (on lui doit The Kings Of Summer), il en profite pour tenter plein de trucs. Il fait de multiples clins d’œil à Coppola ou à Oliver Stone, à travers des références appuyées à Apocalypse Now et Platoon donc (avec cette séquence renvoyant à celle où Willem Dafoe se fait cribler de balles), ne réussit pas toujours à faire mouche, mais fait toujours preuve d’une volonté d’essayer. Talentueux et compétent, il fait de son blockbuster une fresque graphique parfaitement calibrée, en utilisant notamment une technologie de pointe pour donner vie à son grand singe, mais aussi en orchestrant des séquences d’action ahurissantes à plus d’un titre. Non seulement Skull Island est bourré de trouvailles, dont certaines s’avèrent vraiment canons, mais il fait aussi montre d’une capacité à donner vie à un bestiaire étonnant, en lien direct avec les meilleures aventures de King Kong au cinéma. Animaux préhistoriques, araignées géantes et autres gros buffles, ce monde perdu bis a de la gueule. Un univers sur lequel règne un Kong spectaculaire. Certes moins beau que celui de Peter Jackson, mais impressionnant. On sent que le grand spécialiste de la performance capture (Andy Serkis) n’est pas derrière, mais le gorille fait le job avec une fougue qui fait honneur à sa légende. Il faut le voir se débattre avec une pieuvre géante ou encore se bastonner avec une sorte de monumental lézard pour le croire. En terme d’action pure et dure, le guerrier Kong remplit largement sa part du contrat. Rien à dire là-dessus, c’est une franche, belle et flamboyante réussite !

Voyage au bout de l’enfer vert

D’emblée Kong : Skull Island cherche à se démarquer de ses prédécesseurs. Le récit ne se déroule pas dans les années 30 mais en 1973 et ici, Kong n’escalade pas l’Empire State Building. Il est le roi de son île et entend faire les présentations pour revenir plus tard. Car tout le monde sait aujourd’hui que ce film se déroule dans le même univers que le Godzilla de Gareth Edwards. Restez après le générique pauvres fous ! On nous explique tout. Pourtant, il ne ressemble pas beaucoup à Godzilla. Au niveau de la tonalité. Ici, la légèreté est de mise. Il y a bien cette morale écologique indissociable de Kong et ce message anti-guerre, mais Skull Island est fondamentalement moins sombre que Godzilla. Nous verrons ce que leur rencontre donnera (à noter que les deux « monstres » se sont déjà affrontés en 1962 dans un film d’Ishirô Honda) mais pour l’instant, King Kong et Godzilla ne jouent pas dans la même catégorie. Bref, cela n’empêche pas Jordan Vogt-Roberts de dérouler le tapis rouge à son gorille bien-aimé. Et qui dit tapis rouge dit défilé de stars. Brie Larson, Tom Hiddleston, Corey Atkins ou encore Toby Kebbell pour la jeune garde et John Goodman, John C. Reilly et Samuel L. Jackson pour les vétérans. Une distribution tout aussi spectaculaire que les dorsaux de Kong, qui s’aventure dans la superbe jungle hawaïenne pour adopter une rythmique assurée, bien sûr riche en gags plus ou moins réussis et en rebondissement et autres séquences d’action. De quoi faire augmenter le capital sympathie du long-métrage mais aussi lui conférer encore un peu plus de prestige. Surtout qu’en l’occurrence, tous les acteurs font un peu ce qu’on attend d’eux. Un constat qui, dès lors qu’on a compris ou veut en venir Skull Island, est tout ce qu’il y a de positif. Brie Larson est l’atout charme, mais ne se laisse pas compter fleurette et plonge dans l’action, Samuel L. Jackson en fait des tonnes et c’est pour ça qu’on l’adore (hier des serpents dans un avion, aujourd’hui un gorille dans le jungle), John Goodman apporte une tension appréciable, Tom Hiddleston est un peu en retrait mais fait le job et John C. Reilly apporte sa verve comique avec la maestria qu’on lui connaît.

Dans la jungle, terrible jungle

Dans cette foret pleine de monstres, tout le monde va vous entendre crier, mais aussi rigoler. Un mélange qui pourra en déstabiliser plus d’un mais qui fait de Skull Island un très bon divertissement. C’est un peu violent parfois mais globalement, les codes du bon film familial du dimanche après-midi sont là. Les comédiens campant tous des archétypes bien définis, avec un professionnalisme qui leur fait honneur, face à une créature de 30 mètres de haut qui veille au grain avec une brutale bienveillance. Ce qui le pousse parfois à trop en faire. On pense à cette baston contre un monstre au milieu d’un charnier, avec un Tom Hiddleston très « Marvel » où à cette fin ouverte elle aussi franchement un peu trop tournée vers le MCU de la maison de Stan Lee, mais pas de quoi gâcher son plaisir. Quand il se montre le plus abouti et le plus cohérent envers les codes qu’il entend illustrer, Kong : Skull Island ravive la flamme d’un cinéma fédérateur, qui doit se vivre dans un cinéma. Du pur pop corn movie. Bien évidemment beaucoup moins émouvant, profond, tendu que l’œuvre de Peter Jackson, la référence avec le Merian C. Cooper, Skull Island a l’intelligence de ne pas trop tenter de marcher sur les mêmes plates-bandes. Pas trop, mais suffisamment pour exister par lui-même. Pour s’imposer comme un périple immersif et souvent jubilatoire qu’il est bon de déguster en ayant au préalable pris soin de rameuter le gosse de 12 ans qui sommeille quelque-part et qui n’attend que ce genre de truc pour revenir prendre les commandes.

En Bref…
Cherchez l’écran le plus grand que vous puissiez trouver, installez-vous confortablement et profitez de cet incroyable spectacle. Remarquablement mis en scène, Kong : Skull Island fait honneur au gigantisme de son personnage principal et s’avère ultra spectaculaire. Bien sûr un peu maladroit, et pas aussi intense, à tous points de vue, que le précédent King Kong, de Peter Jackson, il arrive néanmoins à imposer une flamboyance aussi franche que propice à un lâcher-prise quasi-total.

@ Gilles Rolland

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  Crédits photos : Warner Bros. France


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