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Aquarium

Publié le 10 mars 2017 par Pralinerie @Pralinerie

Ces Nouvelles de la Mongolie d'aujourd'hui de AquariumLuvsandorj Ulziitugs m'ont été offertes par les éditions Borealia que je remercie vivement !

J'ai beaucoup apprécié le style de cette auteur, qui dans certaines de ses nouvelles, joue avec l'absurde et le fantastique dans la vie quotidienne. Dans d'autres, il s'agit presque de petits essais, façon tranche de vie et tranche de soi. C'est un univers très frais, très féminin, intrigant et envoutant, parfois cruel, à la frontière entre rêve et souvenir, dans lequel il m'a plu me promener.Un univers qui peut faire penser à Ogawa par son onirisme, son côté très poétique mais aussi très dur.

Les nouvelles du recueil sont les suivantes:

Une mère devenue poisson observe sa famille depuis son aquarium. Une réflexion à la manière de Kafka sur le prisme que chacun jette sur le monde, la bulle dans laquelle on évolue.

La vie d'Amuu à travers ses lunettes !

Sur la mort du père et comment on devient un ciel (oui, c'est mystérieux mais c'est surtout très poétique).

Tout ce qui fait peur à la narratrice, dans la vie urbaine notamment.

"Objet inutile qui embrouillait les gens" selon le grand-père, le miroir est évoqué à travers des anecdotes qui mettent en scène diverses femmes, de la petite fille à l'aïeule. Et s'il montrait notre âme ? Et si les poèmes de l'auteur étaient des miroirs de son être ? De la nouvelle à la considération poétique.

Elles font toutes la queue. Elles attendent dans un hôpital... Vous allez bientôt savoir pourquoi.

A partir de la question d'une journaliste sur le plaisir, l'auteur s'interroge sur ce qu'il représente pour elle, où il s'incarne ou se dissimule.

Parcours et rencontre à travers les odeurs des êtres.

Un objet, puis un autre, puis encore un autre, disparaissent de sa maison. Jusqu'où cela peut-il continuer ?

Histoire de femmes et de consolatrices.

Histoire d'une rencontre et d'une maladie, dans l'univers froid des conférences internationales. Histoire de codes culturels et d'incompréhensions.

Que lui est-il arrivé ? A-t-elle été violée ? A-t-elle trompée son mari ? Histoire d'un couple qui ne pouvait pas avoir d'enfant.

Souvenirs d'un grand-père, au caractère bien trempé.

"Être pauvre est parfois la meilleure défense, ma fille ! Tes enfants ne pourront compter sur aucun objet, ils n'auront plus la possibilité de se dire qu'ils pourront les vendre ou les échanger contre quelque chose en cas de besoin. Que dans le futur ils aient foi en leur capacités et en leur travail ! Ce n'est pas un mal que de ne pas posséder d'objet. Au contraire, c'est en devenant des adorateurs d'objets qu'ils seront malheureux toute leur vie !"

"Personne n'a l'intention de se refuser une vie de grand luxe ou au moins une vie d'aisance. En fait, cela ne leur viendrait même pas à l'idée. Je peux comprendre qu'il ne soit pas donné à tout le monde d'avoir le courage de refuser une vie de luxe qui arrive sans qu'on l'ait cherchée [...]Mais voir des gens qui se démènent comme des ânes jusqu'à la fin, pour obtenir des choses qui dépassent leurs besoins, me trouver face à cette tendance à la compétition pour des choses ridicules, à cette attitude qui relève une incapacité évidente à penser aux autres, tout cela me met mal à l'aise".

Cela peut paraitre accessoire mais j'ai aimé les ombres chinoises qui illustrent les nouvelles ainsi que la présentation détaillée de l'auteur. Un joli livre !


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