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Villa Philadelphie

Publié le 14 avril 2017 par Adtraviata

Villa Philadelphie

Présentation de l’éditeur :

Aimée et Richard, un mariage que raison et amour ont nourri de bonheur. Et voici que l’on prépare les doubles noces de leurs deux filles : Rosalie est l’impatiente fiancée d’Antoine Delbrassine et Evelyne, avec moins d’enthousiasme, celle d’Edouard du Lyncé. Et si ce double évènement semble, aux yeux des parents, mettre en évidence une affectueuse complicité entre les deux sœurs, la vérité est bien autre. Et ne pourra qu’émerger peu à peu, au cours de ces 40 années passées en étrange voisinage dans la « Villa Philadelphie », deux maisons jumelles destinées à garder les sœurs unies dans leurs vies de femmes…

C’est qu’elles vont changer, Rosalie et Evelyne…

C’est parce que je suis abonnée à son blog que j’ai eu envie de découvrir la plume d’Edmée de Xhavée à travers un texte plus long que ses billets hebdomadaires. J’ai hésité entre des nouvelles ou un roman et j’ai choisi cette histoire de famille et de maison (ce qui fait, encore une fois « par hasard », un lien avec ma lecture de Jacqueline Harpman cette semaine.) Ce billet me donne aussi l’occasion de présenter un ouvrage d’une petite maison d’édition belge, pilotée par des bénévoles, dont le siège est à une quinzaine de kilomètres de chez moi, Chloé des Lys.

Dans cette Villa Philadelphie, nous suivons l’histoire de deux soeurs, Rosalie et Eveline, dont les parents leur ont offert deux maisons mitoyennes à l’occasion de leur mariage. Richard et Rosalie ont sans doute cru que leur propre relation fusionnelle allait être vécue à la fois par les deux soeurs et par les deux couples. Mais les dés étaient pipés dès le départ : Aimée, tout à son amour pour Richard, a accepté avec joie la naissance de la première file, « Rosalie jolie », qui s’est glissée dans l’image du couple parfait et a reçu (comme sa mère) sa part de reconnaissance, de gâteries, de louanges sans partage. L’arrivée tardive de sa soeur a chamboulé cet équilibre et la jalousie s’est sournoisement installée dans le coeur de l’aînée. Aimée n’a jamais vu ou voulu voir ce poison lent dans le coeur de sa fille chérie, elle a toujours cru être équitable alors qu’elle continuait de servir la part énorme d’attention que Rosalie exigeait pour exister, sans en faire autant pour Eveline. Celle-ci s’est construite presque seule, à bas bruit.

Quand le temps du mariage est venu, Rosalie a prestement chipé Antoine, ému par Eveline, et a vécu un amour passionné avec lui tandis que la cadette se contentait alors d’un mariage de convenance avec un Edouard à pleurer d’ennui. C’est la maternité qui a permis à la jeune femme de se révéler, toujours tout en discrétion malgré tout. Les deux couples, généreusement suivis et aimés par les parents d’Eveline et Rosalie, ont évolué dans deux maisons avec véranda et jardin partagés. Bien sûr, au fil du temps, de 1920 à 1960, la vie, les gens (ou pas…) évoluent avec les événements, et les sentiments aussi…

Ce qu’Edmée de Xhavée a voulu raconter à travers l’histoire de ces deux soeurs qui ne s’aiment pas autant que le titre du livre le voudrait, ce sont plusieurs « formes d’amour » : amour parental, amour conjugal, amour fraternel, amour filial… autant de facettes d’un sentiment qui construit, cimente, sublime les vies ou au contraire les abîme, les étiole quand il est mal vécu. On sent qu’Edmée aime observer les relations interpersonnelles, le vivre ensemble et c’est ce que j’ai aimé dans ce roman: les pages se tournaient toutes seules pour savoir ce qui allait se passer entre ces deux soeurs et dans cette famille à la fois agaçante et attachante. Comme toutes les familles, me direz-vous… oui, c’est pourquoi il ne faut pas espérer non plus de grands fracas dans cette histoire, mais la vie, le quotidien, ce qui rend des choses et des gens a priori insignifiants finalement remarquables, riches du poids de leur histoire. Celle-ci est placée à Verviers, une ville provinciale à l’est de la Belgique, qui a connu la prospérité puis le déclin avec les industries lainières.

Bon, il me faut avouer qu’au niveau éditorial, j’ai été un peu déroutée par l’abondance de virgules et quelques fautes d’orthographe, le roman aurait mérité un petit toilettage supplémentaire, mais cela n’a pas trop gâché mon plaisir de découvrir la plume d’Edmée de Xhavée, sa finesse psychologique et sa sensibilité.

« Tout avait été dt entre eux et ne serait pas oublié.L’amour palpable, serein, sans ambiguïté ou tromperie.

Une évidence venait de leur être criée plus fort et plus violemment qu’aucune tempête ne le pourrait jamais : il y avait de multiples formes d’amour. Mais il n’y avait qu’un seul amour. Il n’avait ni forme ni visage. Il était l’Amour et sa flèche se plantait dans un éclair de lumière, qu’on ne pouvait confondre avec aucune forme d’amour. » (p. 143)


Classé dans:De la Belgitude, Des Mots au féminin Tagged: amour, Belgique, Editions Chloé des Lys, Edmée De Xhavée, Villa Philadelphie

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