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[Critique série] OZARK – Saison 1

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] OZARK – Saison 1

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Titre original : Ozark

Note:

★
★
★
★
½

Origine : États-Unis
Créateurs : Bill Dubuque, Mark Williams
Réalisateurs : Jason Bateman, Daniel Sackheim, Andrew Bernstein, Ellen Kuras…
Distribution : Jason Bateman, Laura Linney, Sofia Hublitz, Skylar Gaertner, Julia Garner, Jordana Spiro, Jason Butler Harner, Esai Morales, Peter Mullan, Lisa Emery…
Genre : Drame/Thriller
Diffusion en France : Netflix
Nombre d’épisodes : 10

Le Pitch :
Marty Byrde, un conseiller financier de Chicago, se voit forcé de s’exiler dans les monts Ozarks après avoir découvert que son associé avait détourné l’argent d’un important cartel mexicain. Pris au piège, il doit absolument trouver un moyen de rembourser le baron de la drogue, sans pour autant éveiller les soupçons des autorités…

La Critique de la saison 1 de Ozark :

Connu à Hollywood pour avoir emballé les scripts de Mr. Wolff (avec Ben Affleck) et du Juge (avec Robert Downey Jr. et Robert Duvall), Bill Dubuque débarque avec la première saison d’une série de son cru, supporté par l’acteur Jason Bateman, qui en plus de jouer le premier rôle, co-produit et réalise. Un show estampillé Netflix qui s’est rapidement fait remarquer en cela que beaucoup l’ont rapproché de Bloodline mais aussi et surtout de Breaking Bad. Ce à quoi Bateman a répondu que c’était aussi logique que réducteur, vu que comme Bloodline, Ozark se déroulait en majeure partie au bord de l’eau et comme comme Breaking Bad, sa série mettait en lumière les affres d’un homme ordinaire poussé dans ses derniers retranchements. Et en effet, si le premier épisode rappelle (très) vaguement) la série de Vince Gilligan, la suite prouve qu’Ozark est loin de se limiter à un simple exercice de plagiat poli qui tenterait de surfer sur une tendance…

Ozark-Jason-Bateman

Lake Placid

Marquée par l’implication de Jason Bateman, Ozark bénéficie non seulement de son apport conséquent en tant que tête d’affiche, mais aussi de son talent de metteur en scène, vu qu’il a emballé 4 épisodes de cette première saison. Un réalisateur débutant mais déjà sûr de lui, qui trouve matière à instaurer un certain équilibre après avoir récemment livré le corrosif et original Bad Words, et qui, devant la caméra, brille comme rarement, enfin servi par un script qui fait la part belle aux nuances, pour au final imposer son personnage comme le puissant pivot d’une histoire aussi sombre que tortueuse.
Premier bon point pour Ozark donc, qui offre à Jason Bateman une vraie opportunité, lui qui évolue ici loin de la comédie à laquelle il est souvent rattaché. D’une gravité à toute épreuve, il campe un personnage d’emblée intéressant car parcouru de fêlures. Un type de prime abord sans histoire qui va peu à peu s’enliser dans des problèmes qui vont lui conférer une véritable épaisseur et lui permettre d’adopter des postures aidant grandement à l’identification et à l’empathie. Cela dit, Bateman est loin d’être le seul à briller dans cette première saison. À ses côtés, Laura Linney, toujours très solide, retrouve un personnage qui n’est pas sans rappeler celui qu’elle tenait dans Mystic River. Pleine de subtilités, elle parvient à communiquer une détresse mais aussi une force terrible, à l’aide d’un éventail d’émotions qui jamais n’interviennent sous l’influence d’un quelconque cabotinage. Ozark peut aussi compter sur ce bon vieux Peter Mullan. Souvent impeccable, il trouve ici un rôle taillé sur mesure, à l’image de l’intégralité du casting. À l’instar de Bloodline ou de Breaking Bad, Ozark est une grande série d’acteurs. Une fresque tragique qui ne pourrait pas fonctionner sans le talent de ses comédiens. Des acteurs qui ensemble contribuent à la construction d’une ambiance prégnante, se faisant en quelque sorte les réceptacles d’angoisses qui trouvent dans les sublimes paysages de la région des Ozarks un écho parfaitement pertinent. Au final, ce qui n’aurait pu être qu’une vague tentative de raccrocher les wagons avec les récents succès de la télévision, de devenir une nouvelle référence. Un show qui va jusqu’à lorgner du côté de Scorsese en ne se privant pas de prendre à revers les attentes.

Ozark-saison1

Argent sale

Parfaitement réalisée, car à la fois proche des personnages mais sachant aussi faire preuve de l’ampleur suffisante, Ozark bénéficie d’une plume acérée et inspirée. Ne courant pas après le retournement de situation à tout prix et tablant sur un postulat qui lui permet de partir dans plusieurs directions sans s’avérer trop prévisible, le show s’interdit le sensationnalisme mais pas les éclairs de violence, qui, comme c’était déjà le cas pour Breaking Bad, font aussi avancer l’histoire et ne reposent donc pas exclusivement sur une volonté de choquer ou de se caler sur des gimmicks à la mode. Et ce dès le premier épisode, à la fois rythmé et passionnant. Rapidement, on se prend à ne plus pouvoir lâcher la famille Byrde et les autres protagonistes qui parviennent sans mal à développer leurs propres arcs narratifs secondaires au cœur d’un scénario remarquablement construit. Et ce n’est pas le dernier épisode de ce premier acte qui encourage à penser le contraire.
Au cœur d’une région assez méconnue (du moins de notre point de vue, nous Français), Ozark trouve son originalité et toutes les chances de se démarquer pour exister par lui-même dans une somme de petits détails. Dans l’inclinaison du script au fur et à mesure qu’il progresse, mais aussi dans cette capacité à ne pas brosser le spectateur dans le sens du poil, à choquer mais en sachant où s’arrêter pour ne pas en faire trop. Alors oui, on pense à Bloodline et à Breaking Bad, deux des meilleurs shows de ces dernières années, mais seulement car Ozark est fait du même bois et a, au vue de cette superbe enfilade d’épisodes, toutes les chances de s’imposer avec la même force évocatrice dans les années à venir…

En Bref…
La première saison de Ozark brille par sa tonalité, sombre, et par sa capacité à se montrer très immersive, mais aussi grâce à la présence d’acteurs de premier plan, tous parfaits dans leurs rôles, à commencer par le duo vedette Jason Bateman/Laura Linney. Tragédie, thriller, drame familial, Ozark est tout cela à la fois. Avec ce je-ne-sais-quoi qui fait toute la différence. Vivement la suite…

@ Gilles Rolland

Ozark-Bateman-Linney
 Crédits photos : Netflix


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