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[Critique] OVERDRIVE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] OVERDRIVE

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Titre original : Overdrive

Note:

★
☆
☆
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☆

Origines : France/États-Unis
Réalisateur : Antonio Negret
Distribution : Scott Eastwood, Ana de Armas, Freddie Thorp, Simon Abkarian, Clemens Schick, Gaia Weiss…
Genre : Action
Date de sortie : 16 août 2017

Le Pitch :
Andrew et Garrett Foster sont aussi bons pilotes que voleurs. Connus pour avoir dérobé des voitures de collection dans le monde entier, ils décident de subtiliser un modèle très rare lors d’enchères dans le sud de la France. Mais le véhicule auquel ils s’attaquent est la propriété d’un puissant mafieux. Un homme prêt à tout pour se venger des frangins qui décide néanmoins de les épargner afin d’exploiter leurs compétences à ses propres fins…

La Critique de Overdrive  :

L’affiche affirme plus ou moins qu’il s’agit là du nouveau film de Pierre Morel, le réalisateur de Taken. En fait non. Morel na pas mis en scène Overdrive, pas plus qu’il ne l’a écrit. Il l’a juste produit, avec quelques autres types, confiant la mise en scène à un certain Antonio Negret, un cinéaste colombien qui a fait ses armes à la télévision avec des épisodes de L’Arme Fatale, Arrow ou Flash et MacGyver (pas l’original mais le remake). Est-ce que le film aurait été plus fréquentable si Morel l’avait vraiment réalisé ? Morel qui, on le rappelle, a longtemps bossé avec (pour ?) Luc Besson. Et si on parle de Besson, c’est pour une bonne raison…

Overdrive-ana-de-armas

Minimum Overdrive

Car Overdrive ressemble à s’y méprendre à une production Besson. On cherche son nom au début, on ne le voit pas, mais on scrute quand même le générique de fin, en se disant que le patron de la Cité du Cinéma est forcément intervenu à un moment donné, ne serait-ce qu’en tant que consultant. Mais non, il est aux abonnés absents. Besson n’a rien à voir avec Overdrive. Qui blâmer alors ?
Parce qu’autant le dire tout de suite : Overdrive est vraiment gratiné. Un film tellement torché à l’arrache et surtout tellement beauf, qu’il fait aisément passer les Fast & Furious, y compris les premiers et leur ambiance bien Jackie, pour des sommets de subtilité formelle et psychologique. Vin Diesel et sa famille de gros bras à côté de Scott Eastwood et Freddie Thorp, c’est la compagnie Shakespeare qui interprète Macbeth !
Non pas qu’Overdrive ait recours au tuning, mais force est de reconnaître qu’il met en scène des personnages tous, soit détestables, soit complètement cons, soit aussi transparents qu’une feuille calque. Au milieu, Scott Eastwood et Ana de Armas, les deux seuls qui maîtrisent à peu près la situation pour ne pas sombrer, surnagent. Mais ne nous leurrons pas : si ils arrivent à garder la tête hors de l’eau, c’est seulement grâce à leur charisme et au fait qu’on les a vu tous les deux ailleurs, dans des œuvres beaucoup plus intéressantes. Ce qui est surtout valable pour Ana de Armas. Scott Eastwood, lui, il ressemble tellement à son paternel, qu’on a l’impression de l’avoir vu dans Le Bon, la Brute et Truand. Ce qui aide pas mal quand il s’agit de faire preuve d’indulgence à son égard.
Bref, Overdrive, c’est du bon gros film de beauf boosté aux effets-spéciaux dignes d’une production The Asylum (ceux de Sharknado), sans le côté drôle. C’est l’histoire de types vraiment insupportables et passablement demeurés, qui volent des caisses à d’autres gars complètement pétés du bulbe, aidés par des seconds couteaux inexistants et aussi charismatiques que des endives en sachet. Un film qui n’hésite pas à repousser toutes les limites de la connerie, avec la verve poétique d’un Taxi et la finesse d’un Yamakasi.

Moyennement rapide et pas si furieux

Il fallait néanmoins être culotté pour oser sortir une pareille chose entre deux Fast & Furious ! Parce que bien sûr, rien à voir avec la choucroute. Overdrive essaye de s’y frotter mais se heurte à un mur. Il n’est ni assez maîtrisé visuellement et tout simplement trop insignifiant pour espérer venir titiller la cheville du mastodonte américain. Scott Eastwood, qui joue dans les deux, a d’ailleurs bien dû s’en rendre compte, ce n’est pas possible autrement. Non, Overdrive, c’est du plagiat. Une sorte de Torque, qui ne compense jamais sa bêtise pas un quelconque sens du spectacle, préférant se réfugier derrière des clichés gros comme des immeubles, et des trucs assez puants, comme ce personnage en surpoids qui en plus d’être con comme un manche à balais, ne fonctionne que si on lui paye sa dose de calories. Et on ne parle pas des flics français qui, comme chez Besson, sont montrés à l’écran tels de gros débiles. Au bout d’un moment, le film finit même par s’en passer et organise une course poursuite aux environs de Marseille, qui n’attire ni la police ni les pompiers, personne. Car en plus d’être filmé à l’arrache, écrit avec les pieds et interprété majoritairement par des acteurs aux fraises, Overdrive se fout éperdument de respecter une certaine logique. Personne ne s’étonne alors qu’après avoir couru après le twist, son scénario se termine par une pirouette fatalement crétine, pour retomber sur ses pattes mais aussi souligner l’idiotie crasse de sa trame totalement invraisemblable.
Dommage pour Eastwood junior dont c’est finalement le premier film assez important pour atterrir dans les salles.

En Bref…
En voilà un qui aurait mieux fait de rester au garage. Festival de crétinerie boosté au gas-oil bon marché, Overdrive est une sorte de version low coast de Fast & Furious et n’en possède donc pas le caractère explosif ou l’audace. Complètement à la ramasse, il cumule les tares et ne s’avère ni spectaculaire, ni explosif ni même involontairement drôle. Une vaine tentative qui finit par lamentablement caler sans parvenir à repartir…

@ Gilles Rolland

Overdrive-cast
 Crédits photos : Océan Films


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