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Les quatre points chauds du programme d’Emmanuel Macron pour les fonctionnaires

Publié le 07 septembre 2017 par Economieenpaca
  • Emmanuel Macron dispose d'un programme précis pour la fonction publique.
  • Le jour de carence et la réduction des effectifs font tousser les syndicats.
  • Les mesures pour compenser la hausse de la CSG ne sont pas encore connues.

Gérald Darmanin va avoir du travail. Le ministre de l'Action et des comptes publics a lancé ce jeudi les " états généraux de la fonction publique " en rencontrant plusieurs syndicats. Plusieurs groupes de travail et une grande consultation des agents sont envisagés pour avoir un état des lieux le plus large possible.

Mais les fonctionnaires connaissent déjà les intentions d'Emmanuel Macron. En reprenant son programme présidentiel, on constate que plusieurs mesures les concernant étaient déjà bien définies. Pour rappel, la France compte 5,4 millions d'agents répartis dans trois branches : fonction publique d'État (FPE), hospitalière (FPH), et territoriale (FPT).

La réduction du nombre de fonctionnaires

Lorsqu'il était simple candidat d'En Marche !, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il supprimerait 120.000 postes dans la fonction publique : 50.000 fonctionnaires ne seraient pas remplacés dans la fonction publique d'État, 70.000 dans la fonction publique territoriale. Parallèlement, il avait prévu 10.000 recrutements de policiers et gendarmes et 12.000 embauches de professeurs des écoles pour les zones prioritaires.

Pour Baptiste Talbot, secrétaire général de la CGT-services publics, " décréter que quoi qu'il arrive, il va y avoir 120.000 suppressions de postes, c'est dégrader encore plus une situation qui n'est déjà pas bonne ". Bernadette Groison, secrétaire général de la FSU, renchérit : " C'est d'autant plus brutal qu'il faudrait d'abord mesurer les besoins des services publics. On est clairement sur des décisions technocratiques qui ne répondent pas à la réalité du terrain ".

La fin du point d'indice unique ?

Jusqu'à présent, le calcul des salaires (ou " traitements ") de la fonction publique était basé sur un point d'indice commun aux trois entités (FPE, FPH, FPT). Le programme d'Emmanuel Macron entendait tout bouleverser : " nous mettrons fin à l'évolution uniforme des rémunérations de toutes les fonctions publiques afin de mieux prendre en compte les spécificités de chacune " était-il écrit.

Emmanuel Macron a remis la proposition sur la table le 17 juillet dernier, au moment de la Conférence des territoires. Pour de nombreux syndicats, cette idée est une " ligne rouge ". " Si vous faites sauter ce cadre, vous allez fragiliser les agents dans les collectivités, qui auront moins de force de négociation. On veut garder un caractère d'unicité à la fonction publique. " prévient Bernadette Groison.

Le rétablissement du jour de carence

Cette mesure, c'est un peu l'éternel retour. Instauré par Nicolas Sarkozy à la fin de son mandat, le jour de carence des fonctionnaires a été supprimé par François Hollande en 2014, puis rétabli par Emmanuel Macron. Pour Gérald Darmanin, cela doit permettre " de lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services ".

Selon Bercy, la mesure devrait permettre d'économiser 170 millions d'euros par an. Un montant finalement peu élevé, qui s'explique par le fait que les arrêts maladie les plus coûteux sont généralement ceux qui dépassent les trente jours.

Quelles mesures pour compenser la hausse de la CSG ?

Comme pour les salariés du privé, les fonctionnaires vont également subir la hausse de la CSG à partir du 1er janvier 2018. Étant donné qu'ils n'ont pas de cotisations d'assurance-chômage, l'exécutif doit jouer sur d'autres leviers - une prime par exemple - pour améliorer leur pouvoir d'achat, conformément au programme présidentiel : " les agents publics bénéficieront d'un meilleur pouvoir d'achat grâce au basculement des cotisations salariales vers la CSG ".

Or aujourd'hui, les syndicats craignent qu'à la place d'une augmentation, il y ait une simple compensation (ni gain, ni perte). " On attend d'Emmanuel Macron qu'il tienne ses engagements " rappelle Bernadette Groison. Une réunion est déjà prévue avec Bercy la semaine prochaine pour y voir plus clair.

Nicolas RAFFIN - 20 Minutes


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