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Chroniques new-yorkaises (2) : le Whitney nouveau est arrivé.

Publié le 14 septembre 2017 par Pantalaskas @chapeau_noir

Chroniques new-yorkaises (2) : le Whitney nouveau est arrivé.En construction lors de ma dernière visite à New-York, le nouveau Whitney museum est désormais ouvert dans le sud-ouest de Manhattan. Lorsque je l’avais découvert peu de temps avant sa fermeture (en octobre 2014), le premier Whitney Musuem, situé dans l’Upper East Side assez proche du Guggenheim, présentait l’exposition Jeff Koons avant que celle-ci n’arrive au Centre Pompidou de Paris. Le bâtiment créé par l’architecte Marcel Breuer m’était apparu assez sombre, peu ouvert sur l’extérieur. Assurément Renzo Piano (un des créateurs du Centre Pompidou de Paris) a conçu son architecture à l’opposé du précédent bâtiment. Dans ce quartier branché du Meatpacking District, situé plus au sud entre la rivière Hudson et la High Line, le nouveau Whitney n’a rien à voir avec le blockhaus précédent. Ouvertures, lumière rappellent en effet davantage le Centre Pompidou de Paris. Deux fois plus d’espaces disponibles, un hall bien plus clair que l’entrée aux murs noirs du premier Whitney caractérisent ce nouvel espace dédié à l’art moderne et contemporain.

« Hypermobility »

Deux expositions temporaires majeures sont visibles actuellement dans cet écrin.

Chroniques new-yorkaises (2) : le Whitney nouveau est arrivé.
Tout en haut du bâtiment, l’exposition « Hypermobility » propose de nombreuses oeuvres du sculpteur Calder. Et à l’opposé des Stabiles imposants installés à l’extérieur, c’est la légèreté, la finesse des sculptures qui séduit. La présentation comprend des exemples majeurs du travail de Calder, y compris les abstractions axées sur les moteurs, les Gongs générateurs de sons et les mobiles debout et suspendus. A la poursuite du mouvement certes mais également à la recherche d’un équilibre délicat entre les pièces assemblées, cette œuvre aérienne n’en finit pas de surprendre.

An Incomplete History of Protest

Au sixième étage, le Whitney consacre ses salles à « An Incomplete History of Protest : Selections from the Whitney’s collection, 1940-2017 ». C’est donc sur la base de ses propres collections que le Whitney museum donne à voir essentiellement la deuxième moitié du vingtième siècle à travers les œuvres des artistes impliqués dans les mouvement sociaux et politiques qui ont agité les Etats-Unis et le monde. Guerre du Vitenam, mouvements féministes, lutte contre le Sida… sont autant de questions ardentes mobilisatrices pour les artistes. Positionnés parfois sur des approches culturelles à long terme ou souvent dans l’action militante immédiate, ces artistes témoignent à travers les années sur la prise de conscience de ceux qui, avec ou au-delà de leur pratique artistique, s’engagent dans les combats de leur époque.

Chroniques new-yorkaises (2) : le Whitney nouveau est arrivé.

Toyo Miyatake (1895–1979), Untitled (Opening Image from Valediction), 1944.

L’exposition présente, outre les œuvres, de nombreux documents notamment les lettres envoyées au musée par des artistes renommés réclamant, en signe de protestation, la fermeture de leur exposition lors de mouvements contestataires brûlants.
Parfois c’est la radicalité de l’œuvre elle-même qui impose sa force protestataire, à l’image de ce monochrome d’un noir intense créé par Ad Reinhardt  (1913-1967: Abstract Painting  (1960–66).

Le nouveau Whitney assure sa place à côté du MOMA et du Guggenheim dans ces incontournables de l’art contemporain au coeur de New-york.

Calder: Hypermobilité
9 juin au 23 octobre 2017

An Incomplete History of Protest:
Selections from the Whitney’s Collection, 1940–2017

Whitney Museum
of American Art

99 Gansevoort Street
New York, NY 10014
(212) 570-3600


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