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[Critique] DANS LA BRUME

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] DANS LA BRUME

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Note:

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Origine : France/Canada
Réalisateur : Daniel Roby
Distribution : Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin, Michel Robin, Anna Gaylor…
Genre : Science-Fiction
Date de sortie : 4 avril 2018

Le Pitch :
Une épaisse brume jaillit brutalement des sous-sol parisiens, envahissant rapidement les rues et tuant sur le coup quiconque la respire. Mathieu, un père de famille, son ex-femme et sa fille, se réfugient au dernier étage de leur immeuble, assistant impuissants à ce spectacle d’horreur. Alors que les heures passent et que rien ne change, les parents doivent envisager un plan pour tenter de s’en sortir…

La Critique de Dans la Brume :

Réalisateur canadien responsable de films comme La Peau blanche et Funkytown, qui a également travaillé sur la série Versailles, Daniel Roby a porté Dans la Brume avec une sorte de naïveté parfaitement propice à la nature du projet. Un cinéaste qui au final, délivre un film puissant. Un vrai trip de genre, racé, incarné et palpitant, dont l’excellente tenue prouve que non, la France n’est pas seulement le pays des drames « rive gauche » et des comédies beaufs. Parmi les récentes tentatives soit trop tièdes, soit trop maladroites ou complètement à la ramasse, Dans la Brume fait office d’exemple à suivre. De petit miracle et de véritable morceau de bravoure…

Dans-la-brume-Duris-Kurylenko

Purée de pois cassés

Le postulat de Dans la Brume est plus ou moins le même que celui de Brume, la nouvelle de Stephen King issue du recueil du même nom, dont Frank Darabont a tiré The Mist, un film absolument remarquable et parfaitement crépusculaire et violent. Impossible de ne pas y penser. C’est d’ailleurs avec la crainte de voir une sorte de remake déguisé ou, pire, de resucée sans saveur, qu’on se glisse dans la salle, tout en se disant que la bande-annonce était quand même vraiment efficace. Un trailer pas du tout mensonger vu la qualité de l’œuvre dans sa globalité. Un film qui très rapidement se détache de The Mist pour tracer sa propre route, avec à la fois une grande simplicité, sans chercher midi à quatorze heures, mais aussi en prenant bien garde à ne jamais perdre de vue les personnages et leurs sentiments. En cela, les scénaristes Guillaume Lemans, Mathieu Delozier et Jimmy Bemon ont tout a fait assimilé l’importance de tout le temps s’attacher aux protagonistes. En organisant une sorte de huis-clos, ils ont eu cette très bonne idée de délimiter l’espace. Ce qui fait que très vite, la puissance des enjeux est décuplée, sans que la menace qui se fait de plus en plus pesante au dehors ne soit exclue de la dynamique. Sans cesse le script rebondit, parvient à instaurer une rythmique redoutable et enchaîne les péripéties sans perdre de vue un réalisme là encore vraiment salutaire.
Au bout du compte, seul le dénouement peut laisser un peu dubitatif. Mais rien de très grave tant cette fin pourra aussi toucher selon ce qu’on attend précisément de ce genre d’histoire. Une chose est en tout cas certaine : jamais l’émotion ne cesse de monter jusqu’à cette conclusion, durant laquelle il n’est pas interdit de verser une petite larme.
Dans la Brume serait-il donc anxiogène, flippant et émouvant ? Plutôt deux fois qu’une ! Le tout, il convient de vraiment le souligner, sans mettre en avant une prétention autre que livrer un vrai divertissement incarné, sérieux, mais pas cynique ou nombriliste, tels que le sont trop souvent les films de genre français.

À la rescousse du cinéma français

Au sein de ce film d’anticipation mis en scène avec une énergie doublée d’une virtuosité certaine par un réalisateur habité d’une vraie vision et doté des compétences et du talent nécessaire pour correctement faire les choses, Romain Duris et Olga Kurylenko forment un couple de cinéma comme on en voit trop peu. Là encore, tout semble naturel. Duris est l’un de nos meilleurs acteurs mais ici, en dehors de sa zone de confort, il est particulièrement excellent. Son jeu est physique et subtil. À fleur de peau, il fait face à une Olga Kurylenko intense comme rarement. Même la gamine, Fantine Harduin, joue super bien ! Ce qui est rare dans le cinéma français il faut bien le reconnaître. Mais non, elle, elle est remarquable de justesse et de retenue. Michel Robin et Anna Gaylor aussi d’ailleurs, qui campent un couple de personnes âgées, avec beaucoup de sensibilité, au diapason avec les intentions du projet, dont le cahier des charges fait honneur à un genre parfaitement compris et à des codes totalement assimilés et respectés.
Difficile de ne pas s’incliner devant une telle réussite. Devant un film inscrit dans une thématique hyper casse-gueule, qui s’assume totalement, provoquant la peur et l’empathie mais livrant aussi une touchante réflexion sur la parentalité. Non, franchement, ça fait plaisir !

En Bref…
Dès que cette menaçante fumée sort du sol, alors que dans notre esprit s’enchaînent les images de World War Z ou de La Guerre des Mondes, le cinéma étant généreux quand il est question d’orchestrer la fin du monde, Dans la Brume arrive à se démarquer. Et à impressionner. Efficacité. C’est le maître mot de ce film. Toujours, sans trop en faire mais en s’appliquant, en croyant dur comme fer en son sujet, en respectant les personnages et le public, Daniel Roby a tout simplement réalisé l’un des meilleurs films du genre vus depuis des lustres dans nos contrées. Un trip tendu, que l’on regarde en se surprenant à plusieurs reprises à presque retenir notre souffle, de concert avec les personnages, totalement captivée du début à la fin. Intense !
Dans la Brume n’est pas seulement un très bon film de genre français. C’est un très bon film de genre tout court.

@ Gilles Rolland

Dans-la-Brume-Romain-Duris
   Crédits photos : Mars Films


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