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Lièvre brun gambadant au crépuscule

Par Spiga

Le lièvre brun est un habitant discret et emblématique des forêts du Jura neuchâtelois. Il se plait particulièrement dans les espaces alternant forêts et zones ouvertes clairsemées de haies et de bosquets où il peut se nourrir et se dérober facilement aux regards indiscrets. La densité de lièvres reste relativement faibles au Val-de-Travers et sur les crêtes du Jura. Les changements agricoles récents avec la disparition progressive des haies et des petites parcelles pour des monocultures ont vu le nombre de capucins reculer. Les printemps humides et froids des dernières années ont également coutés chers aux portées de levreaux. Ces derniers, mis au monde à même le sol par la hase, sont particulièrement sensibles aux mauvaises conditions climatiques.

Cela fait maintenant 5 ans que je n’ai pas eu le plaisir d’observer le bouquinage du lièvre sur les hauteurs du Val-de-Travers. Ces courses-poursuites incessantes entre plusieurs lièvres mâles (ou “bouquins”) servent à établir une hiérarchie dans un secteur afin de déterminer qui aura le privilège de couvrir la hase. Il est cependant encore possible d’apercevoir les grandes oreilles d’un lièvre solitaire à la tombée de la nuit aux abords d’un pâturage boisé.

En fin de semaine dernière, j’ai eu la chance de croiser la route d’un capucin au retour d’une balade forestière. Il faut savoir que le lièvre est extrêmement sensible aux mouvements et aux bruits inhabituels. Face à un danger, il choisit de prendre la poudre d’escampette ou se tapit au sol en espérant passer inaperçu. Ce soir là, le lièvre avait baissé la garde et s’offrait un petit somme avant d’entamer sa cueillette vespérale. Profitant de son inattention, j’ai tenté une approche discrète et me suis mis en position en espérant pouvoir réaliser quelques images.

Après quinze minutes d’attente, les moustaches du lièvre ont commencé à remuer puis ses deux oreilles se sont progressivement redressées. Émergeant de son sommeil, le petit mammifère s’est ensuite levé et à commencé à sautiller dans le champ de recouvert de crocus blanches et violettes. A trois reprises, il s’est approché à quelques mètres seulement de la lentille de mon téléobjectif, pour mon plus grand bonheur.

Après plus d’une demi-heure d’observation et plusieurs images mises en boites, j’ai profite de m’éclipser discrètement lorsque le lièvre est brièvement retourné sous le couvert forestier. La nuit était déjà tombée lorsque je rangeais le matériel dans mon sac à dos, heureux de cette belle soirée printanière passée au coeur de la nature.

Val-de-Travers, le 29 avril 2018

 
Lièvre brun gambadant au crépuscule
Lièvre brun gambadant dans un champ des crêtes du Val-de-Travers recouvert de crocus.
Lièvre brun gambadant au crépuscule
Lièvre brun gambadant au crépuscule
Le livre brun parcoure le paturage boisé des crêtes du Val-de-Travers sans voir le photographe.
Lièvre brun gambadant au crépuscule
Lièvre brun gambadant au crépuscule
Le lièvre brun démarre et nous montre ses belles oreilles.
Un craquement de branche dans la forêt intrigue le lièvre qui se dresse sur les pattes arrières pour mieux observer les environs.

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