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« SOS Motem » de Cheryl Itanda

Publié le 21 août 2018 par Joss Doszen

" Depuis sa fenêtre ou depuis son exil, le poète est attentif à ce qui se passe, et un récent séjour au pays natal a sans doute accentué ce désir de traduire les meurtrissures d’un peuple. Son peuple. Il voit donc se déchainer les éléments. À travers Sos Motem, Cheryl Itanda livre une expérience vécue. Celle des évènements politiques qui ont émaillé son pays, le Gabon, depuis ce processus électoral chaotique d’août 2016. Marqué par cette parenthèse tumultueuse toujours ouverte, l’auteur livre trois séquences poétiques, trois tableaux à travers lesquels il essaie de recoller les pièces du puzzle d’une histoire à rebours, avec en filigrane cette question : comment en est-on arrivé là ? "

Éditeur

Un jeune auteur gabonais que j’ai eu la chance de rencontrer et avec qui j’ai souvent échangé sur la littérature et la politique africaine mais surtout de son pays. Quelqu’un de concerné, pour ne pas utiliser le terme de "engagé", qui avait été très marqué par les évènements violents qui ont présidé, en 2017, à la réélection de Ali Bongo à l présidence de la république.

Le Gabon, comme le Congo, sont des cas perdus de pays qui acceptent, sans révolte significative, que le destin du pays soit totalement sous la houlette d’une personne, d’une famille, depuis des décennies. Et le syndrome de Stockholm jouant à plein gaz, la majorité silencieuse se tait - le plus souvent - et la minorité , même pas profiteuse, jurent que après ces dirigeants le déluge ; donc ils les gardent contre vents et marées.
Dans le magmas des têtes et des culottes baissées il y a toujours des voix qui s’élèvent pour hurler leur refus. Pour refuser la négociation avec les gabegies et les dictatures. Et ils subissent bien souvent le bâton et le plomb. « SOS Motem » est le récit qui vient rendre hommage aux rêveurs de la liberté et à ceux qui sont tombés en tentant de hurler leurs refus dans le désert de l’abdication de leurs compatriotes.

« SOS Motem » de Cheryl Itanda

« SOS Motem, Des Chants d’août que monte le jour sublime » de Cheryl Itanda est un cri en forme de récit poétique ou plutôt un hurlement contre l’état de la situation au Gabon, il y a quelques mois, pendant la période électorale. Les espoirs déçus, les gamins révoltés morts, les trucages ... tous les mots sont ressassés par des personnages forts.
La narration est faite de dialogue enragés , ponctués de poèmes plus ou moins longs qui restent dans la cohérence des propos.
Moi , j’ai aimé.
Même quand je n’ai pas tout compris.

Il y a des clins d’œil que, je pense , les gabonais comprendront mieux. Le non gabonais que je suis, pas très friand de poésie en plus, est rentré dans ce texte sans trop de souci, et a apprécié les élans de poésie.
Même si , pour faire mon relou, j’ai parfois eu l’impression d’un trop plein ; trop plein de punchlines, trop plein de mots sur des phrases qui auraient mérité plus de simplicité.
Et la fin est plus déséquilibrée avec une dose de poésie plus importante et des échanges entre personnages moins présent ; plus Space.

« SOS Motem » de Cheryl Itanda

Plus travaillé que le premier roman, moins linéaire et banal dans la narration, ce récit se veut plus littéraire que "raconteur d’histoire" comme l’était ENOMO.
Un récit court, 88 pages, qui vaut la lecture.


« SOS Motem »

Cheryl Itanda

Éditions Dacres


Voir en ligne : SOS MOTEM, Des Chants d’août que monte le jour sublime


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