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Le Chili en « état de guerre » : un spécialiste chilien décrypte la situation

Publié le 21 octobre 2019 par Anthony Quindroit @chilietcarnets
Le Chili en « état de guerre » : un spécialiste chilien décrypte la situation

Un peu partout à Santiago, des rassemblements sont organisés comme ici plaza Ñuñoa (photo Wikipédia par soyniqolas — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)

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Un peu partout à Santiago, des rassemblements sont organisés comme ici plaza Ñuñoa (photo Wikipédia par soyniqolas — Travail personnel, CC BY-SA 4.0)

Les images font le tour des médias. A 12 000 kilomètres de Paris, le Chili est en proie à des manifestations monstres et violentes, des saccages, des pillages aussi… L’armée est dans les rues, le couvre-feu est décrété, l’état d’urgence déclaré. Le président Sebastián Piñera qui vantait il y a quelques jours à peine la félicité et l’harmonie chilienne a largement revu sa copie :

  • « Le pays est en guerre », a-t-il déclaré.

Une « guerre ».Le mot est violent. Comme si, face à lui, les Chiliens sortis dans la rue étaient devenus les ennemis de la nation. Il ne s’agit pas de nier les exactions de certains – des images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent bien que certains manifestants ne sont là que pour la castagne et récupérer des écrans plats dans les boutiques saccagées. Mais cette rébellion va bien plus loin que les images de violence qui circulent partout avec un bilan humain déjà lourd avec onze morts dans les incendies d’un supermarché et d’une usine depuis vendredi 18 octobre 2019 : elle marque un ras-le-bol de la société chilienne face à une politique qui leur semble totalement déconnectée de la réalité du pays.
Et si tout est parti d’une hausse du prix du ticket de métro à Santiago du Chili – les pouvoirs publics ont d’ailleurs fait machine arrière sur ce point – ça n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la contestation sociale. Réformes des retraites, prix de l’éducation, lutte contre la pauvreté… Tout cela, les habitants ont eu le sentiment que le gouvernement le prenait à la légère…
Pour Chili et carnets, Octavio Avendaño, docteur en sciences politiques, professeur de sociologieet de sciences politiques à la Universidad de Chile, brosse le portrait d’une crise qui couvait depuis des années. Et dont le gouvernement risque d’avoir des difficultés à se remettre.

Le Chili en « état de guerre » : un spécialiste chilien décrypte la situation

Octavio Avendaño (photo DR pour « Chili et carnets »)

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Octavio Avendaño (photo DR pour « Chili et carnets »)

Comment est née cette crise au Chili ?
Octavio Avendaño : « Tout cela a commencé avec cette histoire de hausse du ticket de métro. Mais, pour les Chiliens, cela a été l’augmentation de trop. Et c’est devenu un mouvement contre la hausse des prix au sens large. Il y a une crise sociale et elle s’est amplifiée avec l’augmentation du coût de la vie. Les médicaments ont augmenté, tout ce que l’on considère comme nécessaire a augmenté. Et, depuis longtemps, les étudiants manifestent autour de la problématique du prix de l’éducation au Chili. Tout cela s’est cristallisé avec cette nouvelle augmentation du prix du ticket de métro. »

Peut-on faire un lien entre ce qui se passe actuellement au Chili et les manifestations monstres au Liban ou encore la crise des Gilets jaunes en France ?
Octavio Avendaño : « Il y a des éléments de comparaison. Ce sont les classes moyennes qui se retrouvent dans la rue. Mais, historiquement, je rapprocherais plutôt ce qui se passe au Chili des manifestations à Caracas (Venezuela) au début des années 1990, en Argentine en 1993-1994, en Equateur… Des pays où s’est imposé le néo-libéralisme politique. Au Chili, c’est arrivé avec la dictature. Et l’on voit d’ailleurs qu’actuellement, la réponse du gouvernement – état d’urgence avec l’armée dans les rues comme au temps de la dictature, couvre-feu… – renvoie à ces heures sombres… Je ne sais pas s’il va pouvoir se sortir de cette crise. Il a répondu au conflit et cela peut faire baisser les violences. Mais il n’y a pas de réponse sur le fond. »

Les manifestants ont incendié le siège du journal « El Mercurio » à Valparaíso. Est-ce le symbole d’un divorce avec les médias ?
Octavio Avendaño : « C’est une question intéressante car effectivement, les gens n’ont plus confiance. Surtout car la pluralité n’est pas vraiment de mise au Chili. La majorité des médias appartiennent à des consortiums de droite. Il y a très peu de médias alternatifs. Ceux que tout le monde voient ne montrent que les violences, pas les manifestations pacifiques, Ils génèrent une psychose et les gens ne s’y reconnaissent pas. Alors, tout se fait sur les réseaux sociaux. »

Quelle suite voyez-vous ?
Octavio Avendaño : « Difficile à dire. Aujourd’hui (lundi 21 octobre 2019, vers 9h30 à Santiago), cela a l’air plus calme. Mais je suis dans un secteur où il n’y a pas l’armée. C’est d’ailleurs aussi un symbole : l’armée à été déployées dans les quartiers plus populaires. Il y a une réelle segmentation du pays. »

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