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C’était Manu Dibango

Publié le 30 mars 2020 par Africultures @africultures

Figure iconique du jazz africain, Manu Dibango vient de tirer sa révérence. Le covid-19 a eu raison de lui, mais nous n’oublierons pas l’énergie de sa musique et le souffle puissant de son saxophone.

Manu Dibango était né à Douala en 1933 dans une famille protestante, et c’est au Temple qu’il s’était familiarisé avec la musique en chantant dans la chorale. Venu en France en 1949 pour préparer le baccalauréat, il découvre le jazz et apprend le piano, puis le saxophone avec Francis Bebey durant les colonies de vacances pour les jeunes camerounais de France et forme bientôt un petit groupe qui joue dans les boîtes, les clubs privés, les orchestres.

Le voilà embarqué en 1956 à Bruxelles et Anvers où il découvre les milieux congolais dans l’effervescence de l’accession à l’indépendance. Son jazz s’africanise et Joseph Kabasélé Tshamala, dit Le Grand Kalle, père de la musique congolaise moderne, l’engage dans son orchestre au début des années 60. Ils enregistrent alors plusieurs disques et notamment Indépendance Cha Cha, dont le succès est immense en Afrique.

En 1962, Manu Dibango lance son propre club à Léopoldville et y fait connaître le twist, avant d’ouvrir un autre club à Douala. Mais les affaires sont difficiles et il revient en France en 1967 pour lancer son propre Big Band. Il affirme son style afro-jazz urbain et à la suite de l’émission de télévision de Gesip Légitimus, il travaille avec Dick Rivers puis Nino Ferrer.

Au détour des années 70, l’album afro-jazz Saxy Party le met à nouveau dans la lumière. Mais c’est Soul Makossa, la face B d’un 45 tour enregistré pour la Coupe d’Afrique des Nations en 1972 qui lui ouvre les Etats-Unis. Les accents africains de son jazz enthousiasment les musiciens noirs d’Amérique et le tube fera le tour du monde, avant d’être samplé par Mickael Jackson et plus récemment Rihanna.

Lunettes noires, crâne rasé, sax en bouche… ce sont les année 90 qui le consacrent définitivement icône internationale de la World Music, avec à Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec des figures musicales emblématiques : Salif Keïta, Papa Wemba, Angélique Kidjo, Youssou N’dour, King Sunny Adé, Peter Gabriel, Manu Katché…

Manu Dibango aura joué avec les plus grands : Fela Kuti, Herbie Hancock, Ray Lema, ou encore Serge Gainsbourg. Et à 86 ans passés, il n’avait pas raccroché son saxo et continuait de partager sa musique.

Sylvie Chalaye

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