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Giboulées de mai

Par Spiga
A l’ère de l’hyper connectivité et des flux d’actualité en temps réel, il est probablement incongru de parler des giboulées de mai en plein cagnard estival. Déjà dépassé, relégué dans les tréfonds de la mémoire ou submergé par les dizaines de clichés sensationnels fleurissant chaque seconde sur les réseaux sociaux, est-ce qu’un article sur les marmottes dans la neige vieux de 2 mois intéressera encore quelqu’un aujourd’hui?

La photographie naturaliste est une passion astreignante qui demande du temps, de la disponibilité de corps et d’esprit, de la patience et de l’abnégation. Cueillir une image ne va pas de soi. C’est la finalité d’une démarche longue et fastidieuse qui doit être soignée et teintée d’une éthique irréprochable au quotidien. Cela implique de parfois rentrer bredouille, et de simplement se satisfaire d’un beau moment passé seul dans la douceur d’une soirée printanière.

Je vous propose aujourd’hui un carnet anachronique et rempli de fraîcheur qui conte ma dernière « bonne » sortie naturaliste. Je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour de nouvelles aventures. « Selon l’arrivage et l’inspiration du chef », comme on dit dans les bons restaurants…

En ces premiers jours du mois de mai, je décide de rejoindre une colonie de marmottes quelque part dans le massif jurassien. Arrivé sur place, le ciel se couvre rapidement. Je me glisse au pied d’un sapin et patiente en espérant qu’elles s’approcheront au cours de l’après-midi.

Les marmottes m’oublient rapidement et se déploient sur la petite colline. Observer ces rongeurs en pleine activité est fascinant. Elles quadrillent leur territoire pour cueillir les meilleures herbes, vont de terrier en terrier, interagissent, sifflent, se chamaillent, rentrent puis ressortent de leurs demeures. L’arrivée des premiers flocons de neige ne les fait même par sourciller. Quand le vent se lève et que la tempête s’installe, les marmottons de l’an dernier se mettent à l’abri. Leurs aînés broutent encore quelques instants comme si de rien n’était avant de disparaître à leur tour.

L’averse ne durera que quelques dizaines de minutes. Suffisant pour recouvrir le champ (et votre serviteur) d’une fine pellicule de neige. Sitôt le calme revenu, les marmottes ressortent et s’activent à nouveau. La plus ancienne, comme alertée par ce subit changement de météo, commence à cueillir des herbes et les ramènent au terrier. Avec une doyenne qui se comporte en fourmi, la jeunesse peut bien continuer de faire la cigale: la colonie est sous bonne garde. Je profite d’un moment de calme pour prendre congé de ces fascinantes petites créatures, heureux d’avoir pu vivre ce bel après-midi en leur compagnie.

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