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Newsletter février 2020

Publié le 04 décembre 2020 par Asse @ass69014555

L'assemblée générale d'Entraides Citoyennes a eu lieu le 30 janvier. Nous étions une bonne quinzaine pour faire le point sur les activités de l'année passée et commencer à réfléchir à celles de l'année qui débute. Le bilan financier est positif ce qui devrait nous permettre, nous l'espérons, de lancer de nouveaux projets. Le Conseil d'administration en est ressorti renforcé avec le ralliement de nouveaux membres. En voici sa nouvelle composition :

Newsletter février 2020

Bien entendu, l'association ne fonctionnerait pas sans tous les autres bénévoles réguliers qui ne font pas partie du CA mais sans lesquels nous ne pourrions mener à bien nos actions. Un immense merci à eux, ils se reconnaitront !

C'est le moment de devenir membre de l'association !Ce soutien ne vous engage à rien mais - en plus de nous faire très plaisir ! - nous permet d'avoir plus de poids lors de nos démarches. En adhérant, vous devenez un membre à part entière d' Entraides Citoyennes ce qui vous donne ainsi un droit de vote lors des décisions qui concernent l'association et les actions menées. Rendez-vous sur notre site internet (descendre au bas de la page) pour choisir la forme d'adhésion qui vous convient.

Nous organisons le jeudi 12 mars à 19h30 un pot entre bénévoles, nouveaux ou anciens, pour se rencontrer, discuter et échanger sur notre association et nos activités. Venez nous rejoindre à La Recyclerie dans le 18ème en vous inscrivant au préalable à l'évènement sur notre site internet, ici. Dans la mesure du possible, nous vous proposerons de nous retrouver chaque deuxième jeudi du mois, même heure, même endroit !

Nous tenons à remercier tous nos bénévoles et nos partenaires qui nous permettent de poursuivre nos activités chaque semaine, notamment : les entreprises Suptipharm et GSK et leurs personnels pour les dons de vêtements, produits d'hygiène et de jouets, l'entreprise Phenix pour son soutien dans les collectes de dons alimentaires, l e Landy Sauvage qui nous accueille pour la cuisine et soutient nos actions, l'association Paris Refugee Ground Support pour les dons de duvets, l'association Utopia 56 pour son soutien.

Quelques infos

Les campements de la Porte d'Aubervilliers ont été évacués le 28 janvier à l'aube. 1436 personnes dont 93 enfants, en majorité des demandeurs et demandeuses d'asile, sont montés dans des bus afin d'être " mis à l'abris " principalement dans des gymnases. Pour la plupart, ils.elles étaient installé.e.s sous des tentes ou dans des cabanes de fortune depuis plusieurs mois dans des conditions indignes et dégradantes sans aucune réaction des autorités.

Quelques jours plus tôt, un feu s'était déclaré dans une tente alors que nous nous trouvions sur place pour une distribution. Trois personnes avaient dû être conduites à l'hôpital suite à des brûlures aux second degré sur différentes parties du corps. Après un refus des pompiers de se rendre à l'intérieur du camp, elles avaient été transportées jusqu'au camion par leurs amis afin de recevoir les premiers soins puis d'être conduit avec notre aide vers l'hôpital le plus proche. Moins de 48h plus tard, un jeune somalien de 28 ans, Khader, était retrouvé mort dans sa tente, sans que les causes de sa mort ne puissent être identifiées.

Cette évacuation intervenait deux jours avant la nuit de la solidarité organisée par la mairie de Paris durant laquelle une comptabilisation des personnes dormant à la rue est effectuée, et permettait ainsi de largement baisser les chiffres. La zone a rapidement été grillagée afin d'empêcher toute nouvelle installation, alors même qu'aucune solution d'hébergement de premier accueil n'a été mis en place pour pallier au problème.

Quelques jours plus tard, le 4 février, le camp de la Porte de la Villette était également évacué. 400 personnes ont été conduites dans des hébergements d'urgence avant d'être transférées vers des dispositifs adaptés ou d'être remis à la rue.

Récits de maraude Maraude du 1er février : Premier arrêt à Marcadet Poissonniers, rue Ordener : les habituels sont là, ils nous accueillent avec gentillesse, davantage qu'il y a deux semaines où l'ambiance était plus tendue. Il y a notamment l'Artiste et son sceptre (un bâton décoré de coquillages et de tissus) qui nous fait la conversation, bientôt il va faire une exposition. Arrive à ce moment là une femme avec son fils de 25 ans environ. Eux ne sont pas à la rue, ils veulent juste poser des questions aux sans-abris mais n'osent pas. On fait les médiateurs. On apprend alors que son ex-mari, le père de son fils, est mort ici trois semaines avant d'une crise cardiaque, parmi eux. Que l'enquête de police est arrêtée, faute d'informations. Les sans-abris leur donne alors leur version des faits. Un premier moment marquant de la soirée. On décide alors de faire le circuit à l'envers, de commencer par Rivoli. On a trop peu de nourriture et on a de moins en moins de monde du côté de Magenta et de République. Ce soir les derniers seront les premiers servis (spéciale dédicace à ceux qui aiment... Céline Dion, et non pas la Bible.) L'arrêt derrière Châtelet est peu récompensé de nos efforts, d'autant plus que Nabil perd 4 points à cette occasion, grâce au zèle de la police municipale peu encline à la négociation. La suite de Rivoli est riche en rencontres. D'abord le Globetrotter polonais, de père grec, de mère espagnole, parlant Anglais (à moins que nous n'ayons rien compris... pourtant notre traducteur new-yorkais était avec nous !). Il a travaillé dans de nombreux pays d'Europe, comme boulanger, manœuvre aux champs, etc... Il est en France depuis 5-6 mois, et la difficulté c'est l'apprentissage de la langue. On lui donne le numéro de Dalia pour participer à des cours. Puis, M.O.H, le Poète algérien : il nous lit ou récite certains de ses poèmes, nous parle de son livre qu'il a réussi à faire éditer, " 1001 proverbes du Willosophe ". Tout au long du parcours, nous le recroisons, nous échangeons de drôles de paroles, assez énigmatiques. Il se rend au Louvre pour passer la nuit sous les arcades, là où nous terminerons la distribution. Il nous montre alors sa carte officielle d'avocat de la cours d'Alger. Il va écrire un poème pour l'association et nous l'enverra par mail, promet-il. Sous les arcades de Palais Royal, les habituels (l'Anglais), avec des discussions enjouées sur les derniers matchs et résultats sportifs. Beaucoup de chaussures, de chaussettes et de tee-shirt demandés et distribués. Et un monsieur à casquette, allongé sur une grille chaude du métro, malgré la pluie, demande à chacun de mes passages :" vous n'auriez pas un bonnet ? "" Non je n'en ai plus. "
Et puis avant de s'endormir, une dernière fois la question :
" Et là, vous me l'avez pas tricoté ? "
On rigole...
Christelle Maraude du 8 février : Nous sommes partis à 4 dans la seule voiture de Dalia, heureusement assez grande pour y entasser nourriture, passagers, ainsi que hygiène et couvertures. Premier arrêt à Marcadet, où nous y avons retrouvé quelques éléments de la bande habituelle. J'ai aussi eu l'agréable surprise de retrouver Mamie Adèle, une femme d'une grande gentillesse que j'avais rencontrée la semaine précédente à Stalingrad. Un jeune gars de toute évidence sous substance (alcoolique ou autre) était bien surexcité, gentil au demeurant, et nous a fait rire à faire la circulation au grand étonnement des automobilistes. Sourire et discussions échangées, quelques assiettes distribuées, ainsi que thé, café et gâteaux. Le fromage a eu beaucoup de succès ! Petit hic : les nouveaux gobelets ont fondu au contact de l'eau chaude ! Heureusement, Florent a de la suite dans les idées et est allé acheter au Franprix d'en face des gobelets en carton bien plus pratiques. Nous avons eu un peu de mal à partir, car Juliette a fait tourné la tête d'un des gars, qui n'arrivait pas à la laisser partir !!
Arrêt suivant juste avant Barbès, une famille de quatre qui n'avait pas faim mais a accepté avec grâce nos thé et produits d'hygiène. Un jeune homme de Saint-Denis à moitié à la rue avait collecté quelques denrées pour eux, nous lui avons donné une soupe chaude pour lui et une autre pour un de ses amis. Ensuite, direction gare de l'Est. Sur le chemin, coup de fil de Klaus : il nous y attend car ils se sont retrouvés à court de bols en début de parcours. Nous nous sommes alors rendu compte que nous en avions peu aussi : les nouveaux bols en carton, bien que très pratiques, sont par lots de 50 et non de 100. Attention pour la prochaine fois ! Le parcours Klaus/Marouane est reparti, et nous avons commencé la distribution. Le premier à venir nous voir était un jeune soudanais, très gentil, doux, poli et respectueux. Il est en difficulté car sa demande d'asile a récemment été rejetée, venant du nord du Soudan, considéré plus calme que le reste du pays. Dalia a longuement discuté avec lui et lui a proposé nos cours de français. Pendant ce temps, Juliette et moi sommes allées chercher les gens dans la gare. Il y avait peu de monde car une autre distribution avait lieu de l'autre côté, rue d'Alsace. Il s'agit de l'association Le Fond du Cœur du Blanc-Mesnil sud, composée de très jeunes personnes qui nous ont dit venir là depuis quelques jours en remplacement d'une amie qui vient distribuer à gare de l'Est 3 fois par semaine. Ils essaieront de revenir le plus souvent possible. Nous avons quand même réussi à rameuter quelques personnes, dont Joaquim le soprano, notre ami asiatique, les deux sœurs inséparables, Hakim le doux qui n'a toujours pas trouvé de femme, et le couple d'Algériens d'âge moyen, qui détonnent tellement par leurs personnalités diamétralement opposées. Une femme aussi, jambes nues et savates aux pieds, à qui nous avons refilé une couverture (il fallait qu'elle soit neuve et douce, heureusement, c'est ce que nous avions !). Une autre, jeune, très maigre et d'après ce qu'elle nous a dit, enceinte. Elle avait l'air mal en point. Nous avons également retrouvé le vieil homme qui distribue régulièrement pain et viennoiseries à l'intérieur de la gare. Je n'ai pas réussi à comprendre son nom (il parle en mâchant ses mots), mais nous lui avons donné un flyer, il nous contactera peut-être !
Quand nous sommes partis, il nous restait une bonne moitié de gamelle et pas mal de denrées. Direction Rivoli, Palais royal et le Louvre. Il n'y avait que quelques personnes réveillées, dont Stev le sportif qui, roublard, a réclamé une fois de plus une paire de baskets (Nabil lui en a apporté une toute neuve la semaine dernière !). Il n'avait pas faim, d'après ce que j'ai compris (pour ceux qui ne le connaissent pas, il parle un mélange de plusieurs langues à un débit effréné et il est difficile de le suivre), il s'est pris un coup de raquette de tennis dans le ventre pendant un match. Il a parlé également de la manif des gilets jaunes du jour, ça le faisait bien rire de voir tous ces gens défiler devant lui. Et aussi de la générosité de certaines personnes, un jeune couple avec bébé qui lui a donné un billet de 10 euros.
Dans la cour du Louvre, juste après minuit, personne. Coup de fil à Sasha : ils sont arrivés à Stalingrad tôt, car les gendarmes les ont évacués de Porte de la Chapelle avant qu'ils aient le temps de finir les gamelles. Nous les rejoignons donc. Et là, une chose qui n'était pas arrivée depuis très longtemps : les trois circuits qui se retrouvent à Stalingrad en fin de maraude. En effet, l'autre parcours Paris avait eu aussi peu de succès que nous dans leur distribution. Tout le monde dormait à Pont Marie et la Gare de Lyon avait été en partie évacuée.
Certains bénévoles étaient déjà rentrés chez eux, mais nous étions quand même nombreux devant la rotonde. Comme d'habitude, les crackeurs étaient très heureux de nous voir et prenaient de tout avec joie, malgré quelques disputes. Le reste de soupe est parti très vite, ainsi que le reste des denrées. Pour une fois, nous avions aussi du thé et du café à leur distribuer, ce dont ils étaient ravis. J'y ai retrouvé Linda, une Algérienne d'une cinquante d'années, très maigre et à la mâchoire très en avant. Elle s'est effondrée en larmes dans mes bras car son fils est en prison pour tentative de meurtre et son " amoureux Sénégalais " est un " sale con " qui ne veut plus lui parler. J'ai d'abord réussi à la calmer, on a même ri ensemble, mais ensuite elle est repartie dans une rage folle et s'est faite insultée par ses " potes ". Compliqué... A 2 heures du matin, nous repartions, Dalia et moi direction le box, et Sasha, Nadine, Balraj et Karim sont allés laver les gamelles.

Marion

Besoin de vous

Nous recherchons un volontaire pouvant donner des cours particuliers de physique-chimie à un jeune en 1ère professionnelle qui aurait besoin d'un peu de soutien ! Il s'agit simplement de revoir avec lui ses leçons et de travailler quelques exercices.

Nous fonctionnons uniquement grâce à vos dons !Pour nous donner un coup de pouce financier, même de quelques euros, c'est par ici !Nous collectons également des dons à distribuer pendant nos maraude. Nous avons besoin de couvertures/duvets, jeans hommes, sous-vêtements, chaussettes, brosses à dents, dentifrice, baumes à lèvres, déodorants, mouchoirs.

Nous utilisons généralement pour la préparation du plat chaud à distribuer en maraude : 2 litres d'huile, 15kg d'oignons, 35kg de légumes et 5 kg de légumineuses. Nous avons ainsi besoin de denrées type légumineuses sèches (lentilles, haricots rouges ou blancs...), d'épices, de lait de coco, de pâte de cacahuètes et de semoule épaississante (maïzena, fécule de pomme de terre, épeautre...). Nous avons également besoin de café soluble en grande quantité (de préférence en pot), de thé et de sucre en morceaux.

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Nous espérons vous (re)voir très vite dans le cadre de nos actions !

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