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"De la lutte antimigratoire comme laboratoire sécuritaire"

Publié le 24 juillet 2008 par Eno

Par Mathieu RIGOUSTE

Purifier le territoire. De la lutte antimigratoire comme laboratoire sécuritaire (1968-1974)

Résumé : L’institutionnalisation moderne de la xénophobie commence avec l’Etat-nation et son principe de discrimination par le lieu de naissance. L’étranger y est, par principe, un banni juridique et de fait un surexploité, il est surveillé et soumis structurellement à des principes d’exception . Toute forme de nationalisme pose ainsi l’étranger comme un suspect par nature. On peut alors étudier les mécanismes qui déterminent ces périodes où l’Etat entreprend une lutte systématique contre les étrangers. On explique généralement ces phénomènes en ciblant les variables économiques. Confronté à l’essor du chômage et à la baisse de la croissance, l’Etat chercherait à favoriser l’emploi des nationaux. La « préférence nationale », de ce point de vue, relève moins d’une revendication de l’extrême droite que d’un principe dirigeant l’ensemble du droit depuis la fin de l’ancien régime. Il faut pourtant bien admettre que l’économie capitaliste s’appuie en permanence sur l’entretien d’un sous-prolétariat corvéable, auquel l’Etat refuse l’égalité et qu’il se doit pourtant de reproduire pour assurer la production des tâches les plus méprisées. Comment comprendre, dans ce cadre, l’offensive antimigratoire du début des années 1970 qui initia la période dans laquelle nous continuons de vivre, où l’immigré postcolonial caractérise une sorte de bouc-émissaire transversal ? Nous allons tenter de montrer que la désignation d’ennemis intérieurs socio-ethniques par l’Etat doit être analysée paralèllement comme une technique de protection de l’ordre politique et géopolitique. La genèse du schéma de domination sécuritaire s’est faite notamment par la reconversion de principes contre-subversifs dans la lutte antimigratoire, c’est-à-dire en appliquant à l’ensemble de la population, des dispositifs qui visaient à protéger l’ordre impérial, et ce, en employant le corps de l’immigré comme le laboratoire et la vitrine d’un « ordre nouveau ».

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