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Une autre peinture d'histoire

Par Louvre-Passion

Ce que j'aime dans la « peinture d'histoire », c'est qu’elle me permet de raconter des histoires. Je continue donc ma série des tableaux commandés en 1784 par le comte d'Angiviller, Directeur des Bâtiments du Roi, avec "La reprise de Paris sur les Anglais" de Jean-Simon BERTHÉLEMY qui illustre un épisode de la fin de la guerre de Cent ans.

Je vous rafraîchi un peu la mémoire à propos de ce long conflit :

Tout commence avec le mariage, en 1152, d’Henri Plantagenêt avec Aliénor d’Aquitaine qui apporte en dot ses possessions en terre de France, prétexte tout trouvé par les souverains Anglais pour revendiquer la couronne de France. La guerre de Cent ans dure de 1337 à 1453 mais en fait il y a trente ans de "vraie" guerre, le reste de temps il s'agit d'escarmouches entre seigneurs partisans du roi de France ou de celui d'Angleterre.

Quelques épisodes sont restés fameux : la bataille de Crécy en 1346 où la chevalerie Française se fait littéralement "mitrailler" par les tirs des 6.000 archers Anglais. La prise de Calais en 1347, la bataille de Poitiers en 1356 où les Anglais capturent le roi Jean II le Bon. A partir de 1360 les Français se redressent grâce au roi Charles V (le sage) qui a le bon sens de laisser Du Guesclin mener une guerre "intelligente". Puis de nouveau les revers avec la folie du roi Charles VI. Après la défaite d'Azincourt en 1414 notre pays connaît une des pages les plus sombres de son histoire, occupé par les Anglais et déchiré par les factions rivales des Armagnacs et des Bouguignons. C'est alors que surgit des ténèbres la figure de Jeanne d'Arc qui réveille un sentiment patriotique, remporte des victoires et pousse le dauphin Charles à se faire couronner roi de France. A partir de 1440 le roi réorganise et modernise l'armée qui est dotée d'une puissante artillerie, il profite de la guerre civile Anglaise pour récupérer l'ensemble du territoire en 1453.

De tout cela il faut retenir que c'est surtout le petit peuple qui a souffert de cette guerre, du passage incessant des armées et des bandes qui pillent, brûlent et tuent. L'épisode de la "Jacquerie", cette révolte de paysans exaspérés, est là pour nous le rappeler. En 1358 dans le Beauvaisis, ayant pour chef un ancien soldat, Guillaume Carle, les paysans révoltés pillent, incendient plusieurs châteaux reprochant aux nobles leur manque de protection et les ravages de leurs troupes armées. En 1358 la révolte est matée dans le sang par Charles II le Mauvais, roi de Navarre.

Une autre peinture d'histoire

Ce tableau patriotique prend pour thème le redressement du pays quand l'armée française entre dans Paris le 13 avril 1436 évènement qui marque "le début de la fin" de la présence Anglaise en France. Le tableau est très symboliques avec au premier plan un personnage en blanc qui ouvre largement les bras, à côté un autre porte le drapeau du roi de France, il est suivi d'un autre soldat qui présente un document (une charte royale ?). Plus en arrière un homme casqué semble écarter la foule, au loin on distingue la silhouette de Notre Dame. Ce qui m'interpelle dans ce tableau c'est qu'il ne correspond pas à l'image d'une ville libérée si je le compare avec ces films ou ces images de la libération en 1944. A droite on voit des gens qui semblent heureux mais à gauche les personnages sont repoussés voire piétinés (des Anglais ?). Mais j'arrête ici mes spéculations et vous laisse regarder cette oeuvre.


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