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Pour en finir avec la liberté, de Jean-Luc Jeener

Publié le 05 avril 2021 par Francisrichard @francisrichard
Pour en finir avec la liberté, de Jean-Luc Jeener

Au départ, avec mon éditeur, le projet était d'écrire un livre sur les méfaits du principe de précaution; mais l'actualité de la crise sanitaire de ce printemps 2020 nous a rattrapés. J'ai bien senti alors qu'il y avait une autre urgence, celle d'écrire sur la liberté bafouée.

Ainsi commence Pour en finir avec la liberté le livre intentionnellement polémique de Jean-Luc Jeener. Certes il l'est, polémique, mais il est surtout un cri, celui d'un homme de conviction, qui ne comprend pas:

Comment un peuple peut-il supporter que tous les jours, en continu, sur les chaînes de télévision, à la radio, dans les journaux, sans quasiment qu'on entende une voix discordante, on vous inflige le nombre de morts, on inocule la peur, on dénonce les inconscients, on interviewe gravement spécialistes1 sur spécialistes, médecins sur médecins...

UNE PROPAGANDE DIGNE D'UN ÉTAT TOTALITAIRE

Il ajoute: C'est ce qu'on appelle de la propagande et c'est digne d'un État totalitaire. Une telle propagande sert à justifier qu'à cause de conjectures, l'on ait sacrifié nos libertés les plus légitimes sur l'autel de la santé:

En l'occurrence, l'alliance médecins-médias-politiques a été exemplaire...

Confinement ou couvre-feu, le résultat est le même: on a mis tout un pays sous cloche, ce qui est le rêve de tous les dictateurs. Et on l'a fait au nom du bien, ce qui est la quintessence de l'intelligence politique:

L'État, sans vergogne, au nom de notre bien-être s'est mêlé de notre vie privée.

LE PRINCIPE DE PRÉCAUTION

Et l'État a appliqué à la lettre le principe qui figure à l'article 5 de la Constitution, voulu par Jacques Chirac:

Le principe de précaution qui est devenu la panacée de nos gouvernements est une atteinte à nos libertés: liberté de créer, liberté d'entreprendre, liberté d'originalité et de différence, liberté de prendre des risques... Avec le coronavirus, on a vu dramatiquement les conséquences d'une telle politique appliquée à tout un pays: parce qu'on a peur de la mort, on arrête tout et on ne fait plus rien.

POINT DE LIBERTÉ, D'ÉGALITÉ, DE FRATERNITÉ

Voici dès lors ce qu'est devenue la devise de la République française:

- Liberté: En étant de plus en plus réduites, les libertés finissent par affecter l'idée même de liberté, ce concept qui n'est pas seulement une représentation intellectuelle mais une donnée de nature métaphysique.

- Égalité: Sous cloche, on dit: On veut bien être enfermés mais qu'on le soit tous!, ce qui exprime plutôt l'égalitarisme et conduit à dénoncer les déviants, à mettre la loi civile avant la loi morale, et c'est grave.

- Fraternité: Le masque c'est le signe visible de l'anti-fraternité, car cela veut dire: méfiez-vous de l'autre, votre frère, c'est lui le danger, lui qui peut apporter la maladie et la mort...

CONCLUSION

Parce qu'on voulait à tout prix combattre la mort, on a déclenché des morts encore plus terrifiantes. Parce qu'on est obsédé par le matériel, on a annihilé le spirituel, parce qu'on a paniqué devant la maladie, on a interdit l'affection, l'amour, la fraternité, parce qu'on a voulu sauver les corps, on a blessé les âmes... C'est impardonnable.

Francis Richard

1 - Or un spécialiste risque de ne voir le problème que par le petit bout de la lorgnette...

Pour en finir avec la liberté, Jean-Luc Jeener, 192 pages, Atlande

Livres précédents:

Pour en finir avec les intermittents du spectacle (2012)

Pour en finir avec les comédiens (2020)


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