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Still Fresh et Amour Noir (saison 01), toute une histoire !

Publié le 27 avril 2021 par Captain_h0wdy @twit2mat

" Faire danser et faire penser " ça pourrait être sa devise. Still Fresh, 27 ans originaire du XXème arrondissement à Paris, a récemment sorti (pochette ci-dessous). Un projet complet mais concis, qui parle d'amour, sans idées idéalisées. C'est l'amour vrai, réaliste, avec ses défauts, et ses atouts. Des silhouettes attirantes aux contours rugueux, quelque chose qui en vaut la peine mais qui, à l'image de la vie, réserve ses surprises. Une situation qu'on a voulu, qui se transforme peu à peu, pour le pire ou le meilleur.

, , MEME SCENARIO, , avec CG6, et SLOW MO LOVE sont les six titres de cette première partie. Le premier compte comme une introduction.

Avant d'écouter ce projet et de lire cette interview, il faut que vous sachiez une chose. Inclassable, Still Fresh c'est un style modulable. Musicalement il s'ouvre à tout, et c'est pour dire, il a réussi à emmener Lacrim sur un morceau aux ambiances disco et vintage : De jour comme de nuit. Il peut faire avec, mais il peut aussi faire sans, accompagné ou seul, le résultat est toujours probant !

Dans cette interview, Still Fresh nous parle de son nouveau projet solo mais aussi du milieu de la musique et de son évolution ou encore de Stromae.

    Particulièrement dans Amour Noir, tu accordes une place importante aux visuels de tes morceaux. Trois des sons du projet sont clipés plus le titre Promesses. Dans une interview récente pour le magazine Monart, lors de la promo de Tête à Tête, tu dis faire très attention aux détails de tes clips et soigner le rendu final. Même si tu n'es pas le réalisateur. Concernant Amour Noir, comment se passe un tournage de clip et à quel point t'investis-tu dans la création de l'image ?

Still Fresh : Sur un clip je suis assez impliqué. Je réfléchis déjà avec l'équipe de réalisation sur la thématique en terme d'image donc il faut que ça aille dans une direction qui aille avec la musique que je fais, le mood dans lequel je suis, et une fois qu'on s'est mis d'accords, pendant le tournage je reste focus sur ce que je dois faire parce qu'il faut quand même être concentré et bien pouvoir jouer et être devant la caméra, mais je vais regarder les écrans, les retours pour voir si on peut aller plus loin, améliorer certaines choses. Et même moi ça me permet de voir les gestes que je pourrais ajouter ou moins faire. Pour moi la musique elle se consomme à 360°. Visuellement et en terme de sonorité, c'est important de s'impliquer dans chaque aspect de la musique aujourd'hui.

    D'ailleurs on voit une vraie cohérence dans tous les clips du projet, au niveau des couleurs par exemple.

SF : Oui. Des couleurs fortes mais un peu ternes en même temps. Ca permet de créer une identité visuelle. On essaye d'être esthétique mais sans aller trop loin et en essayant de rester assez simple. Pour être compris de tous.

    Un des titres clippés qui se nomme Promesses (clip-ci-dessous), ne figure pas dans la tracklist d'Amour Noir (Saison 1), quelle est sa place et son rôle dans le projet ?

SF : Ce morceau je l'ai fait parmi plein que j'ai fait pendant le confinement, et je trouve qu'il allait bien dans la vibe d'Amour Noir. Avant de sortir le projet on l'a teasé avec plusieurs morceaux, et Promesse qui raconte l'histoire d'un mec qui n'a pas tenu ses promesses vis à vis de sa femme ou de sa copine, copine qui finit par mal tourner. C'est des histoires qu'on peut entendre de temps en temps, c'est un des sujets classiques de l'Amour Noir je dirais. Tout ne se passe pas comme on l'aurait voulu. J'essaye beaucoup d'être réaliste dans ma façon d'aborder l'amour, d'où le titre Amour Noir. Y a un paradoxe. L'amour c'est pas toujours rose, l'amour c'est l'amour. La vie n'est pas juste ou injuste elle est ce qu'elle est. Pareil pour l'amour.

    Tu prévois une suite à cette saison 01, que prépares-tu pour la suite ? Le titre et le thème seront-ils les mêmes pour la saison 02 ?

SF : Là je suis dessus, il est quasiment fini mais, ça va être à peu près les mêmes sujets, la même atmosphère. Amour Noir ce n'est pas forcément de l'eau de rose, mais il y aura certains morceaux positifs. Je vais m'adapter au son qui se fait, si par exemple je sors la saison 08 et que c'est dans trois ans, ce sera a peu près le même univers, mais ce sera adapté aux visuels du moment, à la musique du moment etc. C'est un projet que je pourrais prolonger sur le long terme. La fréquence je ne sais pas mais je vois loin.

    Dans Mouv' Rap club l'émission du Mouv' animée par Pascal Cefran, tu dis que pour la saison 02, tu feras plusieurs feats, notamment avec Mister You. Rappeur que tu connais depuis longtemps et avec qui tu as déjà collaboré sur des titres comme Ceux qu'on respecte ou Sur l'terrain. Du fait que vous veniez du même quartier et que vous ayez évolué à peu près en même temps et dans le même milieu musical, qu'est-ce que Mister You représente pour toi ?

SF : Ca représente une histoire. Ca ne vient pas de nulle part. C'est ça que je trouve beau aussi parfois dans les featurings, on est vraiment deux personnes qui se connaisse, il m'a vu évoluer, je l'ai vu exploser, il m'a donné beaucoup de conseils, pour ma carrière, même quand il était en prison, on a échangé, donc il y a une histoire ce qui fait que ça rend le truc plus humain. La musique reste un business mais il ne faut pas oublier la notion humaine, ça reste un échange. Il peut y avoir deux artistes qui ne se connaissent pas du tout mais qui ont un talent qui peut faire quelque chose d'intéressant s'il est mis en commun. Je préfère quand il y a une histoire mais tout est possible dans la musique, tout est envisageable, je ne pense pas qu'il y ai une configuration meilleure que l'autre. Ca dépend de la perception de chacun.

    Et aujourd'hui, quel rapport as-tu au 20ème ton quartier d'origine ?

SF : C'est la maison. Le 20 ème c'est là où j'ai grandit, là où je suis quasiment tous les jours, et c'est ce qui m'a inspiré toute la vie, c'est la base.

    Tu rappes depuis tes 12 ans, tu baigne dans le milieu urbain et musical depuis plusieurs années. Maintenant que le rap est la première musique écoutée en France et que les genres rap et urbain se développent et se transforment, avec plus de chant, de diversité musicale, des feats à l'international comme ton titre Miss You avec Mister Eazi, et le fait que toi même tu te sois éloigné du rap pour un style plus dansant, afro caribéen, quel regard as-tu sur l'évolution de la musique en France ?

SF : C'est devenu hybride aujourd'hui. Ce que je dis toujours c'est que le rap c'est une musique mutante. C'est-à-dire qu'elle va s'adapter à chaque nouveau courant. Parce que l'avantage du rap et du rappeur, c'est qu'il peut s'adapter à son environnement. Je le vois comme un caméléon. Je pense que c'est pour ça que le rap est devenu la musique numéro 1 en France, parce que le rap ça vient de beaucoup d'inspirations. A l'époque il y avait une barrière au niveau des médias. Aujourd'hui avec Internet, c'est le public qui choisit. Et il a décidé que c'était le rap. Ce qui fait qu'on en est là aujourd'hui. C'est bien. Ca prouve que le combat était légitime. Et ça prouve qu'il y a une ouverture d'esprit au niveau tant des artistes, que du public, qui refusent de se fermer l'esprit. Et c'est ça qui ouvre des portes, qui apporte des opportunités musicales. Et à plein de niveaux.

    Et c'est pour ça que ça va plus loin que ce qu'on pouvait en penser au départ, pour ceux qui ne connaissaient pas beaucoup et qui ne voyaient que le " rap ghetto ".

SF : Le rap et les rappeurs, on a toujours voulu paraître normaux, on a jamais voulu s'isoler, mais c'est les médias qui nous " ostracisaient ". C'est cette mise à l'écart qui a fait qu'on agissait comme tel. Une fois qu'ils n'avaient plus le choix parce que le public avait décidé que c'est le rap en première loge, tout le monde a pu voir la diversité du rap. Il y a des évolutions technologiques comme l'autotune, qui ont changé les choses. Qui font que ça peut être beaucoup plus musical qu'avant. Le rap c'est une musique qui s'adapte et il s'est aussi adapté à ce genre de nouveautés là.

    Et aujourd'hui on voit bien que la plupart des rappeurs qu'on dit dans le domaine " urbain " écoutent plein de choses.

SF : Ce n'est pas un style qui définit la qualité d'une musique. Donc on peut avoir des préférences, mais il y a des bêtes de sons de rap, de house, de rock, de blues, de country, après, chacun voit midi à sa porte et chacun peut trouver son plaisir peu importe le style. Selon le mood, le moment dans lequel on est, on peut apprécier différents types de musiques.

    Par exemple dans une autre interview tu parlais de Stromae ...

SF : Stromae pour moi c'est la représentation de l'artiste. Du nouvel artiste. Depuis 2010. Il a commencé par le rap, il faisait des instrus rap, puis son son qui a cartonné (Alors on danse) c'est un son électro, et son album Racine carrée, ça représente quasiment tous les styles selon moi. Ca rappe, ça chante, son plus gros titre Papaoutai c'est un son afro, en vrai. Quand tu vois qu'il a réussi à jongler avec tous ces différents styles, ça te montre que les artistes étaient prêts à s'ouvrir et que le public était prêt pour cette ouverture. Et je pense que c'est pour ça que Stromae pour moi il représente ce symbole là.

    En plus il a eu un succès international.

SF : Exactement ! Cette ouverture et ce refus de se mettre des barrières, font qu'il a pu plaire à des gens au quatre coins du monde. Ca a prouvé qu'il allait dans la bonne direction. Ca a peut être inspiré une bonne partie des artistes de cette génération. Ca nous a montré qu'on pouvait en fait toucher à tout et que c'était possible.

    En ce temps de Covid, incertain et à la durée indéterminée, comment vois-tu la situation évoluer pour la musique au niveau de la façon dont les gens écoutent la musique, dont la promo est faite, dont les concerts sont adaptés ? Il y a eu des concerts test dans plusieurs pays européens, penses-tu que ce soit une solution ?

SF : Je pense que comme tout dans l'Histoire, c'est un événement qui était inattendu et on doit s'y adapter. L'Homme est fait pour s'adapter quelque soit la situation. Et aujourd'hui on a les outils qui permettent de s'adapter, on a les concerts live qui se font en streaming, la situation n'a pas empêché la consommation de la musique. En streaming, on a tous nos téléphones, on peut tous consommer, pas besoin d'aller en boutique. Donc oui, ça avait surtout un grand impact au début quand on ne savait pas comment gérer la situation, mais maintenant qu'on est en plein dedans, on commence à s'adapter. Quelle direction ça va prendre exactement ça on verra au fil du temps mais je pense qu'on saura faire ce qu'il faut parce qu'on est fait pour ça. Et surtout on a pas le choix. Soit on trouve des solutions soit on s'arrête.

    A 27 ans tu as déjà une carrière remplie, riche et conséquente, quels sont tes objectifs pour la suite et où te verrais-tu dans 10 ans ?

SF : Mon objectif c'est de faire de la bonne musique. C'est mon leit motiv : faire de la bonne musique parce que c'est ça la base. C'est la chose que je peux " contrôler ", sur laquelle je peux avoir une incidence et prendre du plaisir dans ce que je fais. Si dans dix ans je suis encore dans la situation où j'aime ce que je fais, où je suis toujours enthousiaste et que j'ai l'impression d'évoluer ça m'ira totalement. Peu importe où je suis ça c'est quelque chose qu'on contrôle pas. Faire de la musique qui enjaille. Et qui enjaille les gens !

Sur ces mots, je n'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne écoute d'Amour Noir ! Restez à l'affut pour la suite.


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