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Otis Redding: le miraleux triomphe du festival de Monterey

Publié le 28 juillet 2008 par Josephanganda
NOT taken by me: The Great Otis Redding par ChicagoEye
Crédit photo: ChicagoEye / Flickr

Il y a 41 ans, le 16, 17 et 18 juin 1967, se tenait à Monterey(Californie) American Pop Festival. Ce grand événement de Musique, rassemblement de jeunes en quête d'identité, servit de modèle au Festival Rock de Woodstock en 1969.

Plus de 5 mille spectateurs se donnèrent rendez-vous au Festival qui – dans les visées de ses organisateurs – était destiné à servir de moyen de libre expression à la diversité et à la richesse musicale. Une occasion de faire découvrir les artistes n’ayant pas encore acquis – pour une raison ou une autre – le statut de star.

Tous les artistes invités ne répondirent pas à l’invitation. Les Beatles ne vinrent pas. Les Beach Boys non plus à raison de comparution de Carl Wilson au tribunal. Les chanteurs de Rolling Stones, Mick Jagger et Keith Richards, n’obtinrent pas des visas, le voyage ayant été jugé illicite par les autorités.

Berry Gordy, Patron de Motown, maison de disques de Detroit, concurrente de Stax, interdit à ses collaborateurs de prendre part à cet événement marqué au fer rouge. Il tenait plus à l’image et à la neutralité de son entreprise et de ses chanteurs.

Pendant trois jours, Monterey et le monde, dans une certaine mesure, retentirent au rythme de pop sounds de Briand Jones, Bill Graham, Ravi Shankar, Grateful Dead, Buffalo Springfield, Janis Joplin, Big Brothers, Who, Jimi Hendrix, Mamas & Papas, Scott McKenzie, Eric Burton, Quicksilver Messenger Service, Jefferson Airplane, Moby Grape, Paul Butterfield Band, Electric Flag, Birds, Canned Head, Steve Miller, Country Joe MacDonald…..

Mais ce fut le dimanche peu après minuit que le miracle se produisit. Otis Redding invité pour réparer l’absence des artistes noirs créa un spectacle sensationnel. S’il était l’idole du public noir, le public blanc, par contre, l’ignorait.

Otis Redding savait ce qu’il était venu chercher à ce Festival, et il l’obtint : la notoriété dans le public blanc. Sur le podium de Monterey, il démontra au public blanc qu’il n’était pas un inconnu ni un extraterrestre. Pour ce faire, il interpréta « Try a little tenderness », chanson country, « Satisfaction », chanson des Beatles et « Respect », chanson que les spectateurs finirent par en faire leur hymne.

Et ce fut le triomphe. Otis Redding réussit le crossover, la levée des barrières entre les blancs et les noirs dans la musique, comme par enchantement. Il acquit ainsi le statut de chanteur américain par la consécration du public blanc.

La notoriété et le crossover constituaient un moyen parmi tant d’autres de préserver les répertoires d’artistes noirs du plagiat impuni et du refus de leur octroyer leurs royalties.

Pour percer, que dis-je, pour réussir dans l’univers de la musique, il faut savoir prendre des risques.

Le Festival Pop de Monterey était marqué par le sceau d’acid rock et de psychédélisme par ses détracteurs et les artistes participants risquaient de faire nuire leur réputation. Otis Redding prit ses risques mais il en sortit avec un miraculeux triomphe : triomphe de rapprochement et de la juste cause.

Joseph Anganda

Animateur radio (RCF-Liège)

Liège(Belgique)


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